Le chevalier à la rose

Le chevalier à la rose
De Richard Strauss
  • Opéra Bastille
  • Place de la Bastille
  • 75012 Paris
  • Bastille (l.1, l.5, l.8)
Itinéraire
Billets à 100,00
Evénement plus programmé pour le moment
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Opéra en trois actes de Richard Strauss.

A Vienne, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Alors que la Maréchale se réveille d’une nuit passionnée avec son amant Octavian, son cousin le Baron Ochs vient la déranger pour lui annoncer ses fiançailles avec la jeune Sophie : il faut, selon les traditions, qu’un chevalier aille porter à la fiancée une rose d’argent avant le mariage.

Octavian est choisi pour être le porteur de la rose. Toutefois, lorsqu’il vient présenter cette rose à Sophie, les deux jeunes gens succombent à un coup de foudre immédiat. Désormais, Sophie n’est plus guère pressée d’épouser Ochs, aussi pleutre et grossier que prompt à s’encanailler avec la première femme de chambre venue.

Le piège tendu par Octavian se refermera sur lui, et le Baron Ochs, surpris en galante compagnie, n’aura plus qu’à renoncer à ses noces, et à s’effacer devant l’amour solaire de Sophie et Octavian – cause de quelques larmes chez la Maréchale.

 

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9 mai 2016
9/10
84 0
Nous quittons à l'instant ce spectacle merveilleux alors qu'à 17h ayant parcouru plus de 300 km pour le découvrir, il n'était toujours pas certain que le préavis de grève serait levé ! Première du 9 mai 2016 !
Merci aux amoureux du talent, des multiples talents, d' avoir permis de les partager...
Approbation complète et enthousiaste de la critique d'Yves Poey .
Excepté, sans discuter son immense talent vocal , l'adéquation au rôle de Daniela Sindram qui ne m' a jamais fait rêver, ni vibrer pendant les quatre heures. Ne pas accentuer le côté viril certes mais le laisser glisser vers la passion charnelle de deux "cougars" n'a cessé de me déranger....
Je vous ai donc tout dit.
Allez y cet opéra vaut le déplacement et la mise en scène comme en musique sont inégalables.
7 mai 2016
8/10
213 0
Maréchale (oui oui, avec un e, pas de méprise....), nous voilà !

C'est à la générale de ce Chevalier à la Rose, composé par Richard Stauss en 1911, ce qui ne nous rajeunit pas, que votre serviteur était invité vendredi soir dernier.
Cette nouvelle production de l'Opéra-Bastille débutera en effet dès lundi 9 mai prochain.

Je ne tournerai pas autour du pot : ce fut pour moi un enchantement, une réussite et au final quatre heures merveilleuses.

Mais développons un peu....

Il faut le reconnaître, le livret d'Hugo von Hofmannsthal est assez simple et tourne autour d'un quatuor très typé :
- Une cougar (La maréchale). Le mot n'est pas pas prononcé, on s'en douterait, mais appelons un chat un chat, c'est une cougar. Elle l'assume, et en est en même temps un peu effrayée. Le temps passe à une de ces vitesses, ma brave dame...
- Un p'tit jeune, Octavian (« pris en main » par la cougar sus-nommée.)
- Un barbon libidineux à souhait en culotte de peau baravoise du meilleur effet.
- Une jeune fille bien sous tous rapports, Sophie, aux prises avec bien des malheurs, mais cependant dans une immaculée robe à crinoline.

La cougar envoie son chéri Octavian présenter à Sophie son futur époux, le barbon, au moyen d'une rose en argent. (On savait vivre, en c'temps-là !).
Ce qui devait arriver arrive : Octavian veut se la garder pour lui, le Barbon en sera pour ses frais, et la Maréchale n'aura plus qu'à donner sa bénédiction au petit couple qui va débuter dans la vie.
(On l'aura compris, c'est quand même une cougar au grand coeur...)

Plus sérieusement, les quatre interprètes de ces personnages sont tous excellentissimes.
Commençons par les filles.

Michaëla Kaune, soprano, campe une Maréchale altière, passionnée et au final très humaine.
Comme dirait ma nièce, elle a assuré grave. Elle a la lourde tâche de débuter la partition chantée.

Daniela Sindram, mezzo-soprano, incarne Octavian. C'est en effet un rôle masculin qui doit être interptété par une mezzo.
Et quelle mezzo ! C'est elle qui m'a le plus enchanté...
Sa voix, tour à tour puissante, suave, claire, rauque, m'a plusieurs fois donné la chair de poule. Daniela nous fait réellement vibrer ! Elle ne cherche pas à en rajouter dans le côté "viril".
Elle est parfaite, en somme.

Erin Morley colorature : l'américaine monte haut, très haut, avec un timbre chaud et puissant. De plus, elle joue très bien la comédie.

Et puis enfin, la basse Peter Rose : il est drôlissime en Lederhose et emperruqué à la John Goodman dans « The big Lebowki ».

On rit beaucoup à chacune de ses interventions. Pourtant, il n'est jamais dans l'outrance.
La puissance de sa voix grave, très grave, très très grave nous prend en permanence aux tripes !
Dans le célèbre air "Wird komment über Nacht", il excelle véritablement !

La mise en scène de Herbert Wernicke (décédé en 2002) est efficace, précise, sophistiquée. Elle avait été créée pour Salzbourg.

Sophistiquée, mais pas prétentieuse, pas tape-à-l'oeil. On sent les chanteurs à l'aise, dans cette scénographie

Il se passe toujours quelque chose sur scène dans les magnifiques décors qu'il avait d'ailleurs lui même élaborés.

Il avait choisi d'immenses miroirs amovibles, qui reflètent on ne sait trop comment d'ailleurs, de belles boiseries des années folles, des intérieurs grandioses d'un palais viennois, ou bien, à la fin du troisième acte, une forêt autrichienne.
Saisissant et beau à la fois.

Ces miroirs, à la toute fin, se retourneront vers nous, nous reflétant, nous le public, au moment où les deux amoureux savent « qu'ils vont conclure »....
Wernicke l'avait décrit, cet instant-là, en changeant la rose d'argent en rose rouge.
L'effet est sublime.

Et puis, bien entendu, last but nos least : Philippe Jordan à la baguette.
Désormais directeur musical de l'Opéra national de Paris, il dirige une nouvelle fois ses troupes d'une main de maître.

Il sait faire rugir comme personne son orchestre, prenant à bras le corps ses masses sonores.
C'est vraiment l'impression que j'ai eue, ce rapport physique avec la partition et les musiciens.
Pour autant, il sait donner toute sa place aux instruments qui développent les thèmes. J'ai énormément apprécié la mise en valeur des hautbois lors du thème de la rose d'argent. Idem pour la clarinette basse au premier acte.

Il fait prendre à cette formule 1 musicale des accents tour à tour déchirants, doux, tragiques, forcenés, même parfois violents.
On comprend que Wagner soit son compositeur de prédilection...

Pour l'anecdote, le voir monter sur le plateau saluer au final en jean couleur moutarde et en Van's aux pieds est un grand moment. Il peut donc porter autre chose que le frac. Nous sommes rassurés...

Ce soir-là, le public de cette générale n'a pas ménagé ses applaudissements et ses rappels.
C'est un signe de très bon augure pour la carrière parisienne de ce « Chevalier à la rose » !

Oui, quelle soirée !
Ach ! Die Gemütlichkeit !
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Musique
Talent des artistes
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor