L'Après-midi d'un foehn

L'Après-midi d'un foehn
De Phia Ménard
Mis en scène par Phia Ménard
  • MC93, Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis
  • 9 Boulevard Lénine
  • 93000 Bobigny
  • Bobigny - Pablo Picasso (l.5)
Itinéraire
Billets à 11,00
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Des marionnettes volantes animées par des courants d'airs s'envolent et nous emmènent dans un monde féerique. Simplement enchanteur.

Dans le même espace circulaire que Vortex, l'autre pièce de son diptyque, Phia Ménard offre un spectacle lumineux et d'une beauté à couper le souffle. On a rarement vu ballet chorégraphique aussi aérien, éthéré et gracieux que celui-ci. Et pour cause, les danseurs sont des créatures translucides qui évoluent au gré d'une tornade invisible, créée à partir de ventilateurs.

Une quarantaine de personnages multicolores s'élèvent à la verticale, aussi légers que des bulles, aussi délicats que des ballerines, aussi vifs que des feux follets. Elles défient la pesanteur, tournoient, voltigent, retombent en cascade. Ces banals sacs plastiques découpés offrent une chorégraphie éblouissante, incroyablement précise et complexe. Sans un mot, des drames minuscules se nouent : la révélation d'une danseuse étoile, le déploiement d'un grand corps de ballet, un combat contre un monstre, la relation ambiguë entre le maître et ses créatures... Le poème visuel est magnifié par les musiques subtiles et grandioses de Debussy, dont le célèbre Prélude à l'après-midi d'un faune mais aussi Dialogue du vent et de la mer et Nocturne.

Ce spectacle jeune public créé en même temps que Vortex n'a rien d'une version édulcorée du premier. À partir d'un même principe, la manipulation aérienne de la matière, l'artiste a écrit un autre récit. À l'image du foehn, ce vent des Alpes qui bouleverse brusquement les températures, le tourbillon aérien transforme l'atmosphère et change le trivial en rêve. Il ne faut pas manquer ce petit bijou de « théâtre du merveilleux », qu'on y aille en famille, ou pas.

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Une magnifique féerie que ce spectacle fait d’air, de sacs plastique et de grâce. Un ballet poétique sur des musiques de Claude Debussy parmi des bruits amplifiés de la faune, du vent et de l’orage. Nous sommes transportés dans un ailleurs surprenant où il fait bon de se laisser aller, éblouis et émerveillés.

Au commencement, nous entrons dans une sorte de chapiteau aux allures de grande yourte. Nous nous installons sur des gradins qui entourent un plateau circulaire ressemblant à une piste de cirque avec une entrée des artistes sur un bord. Des ventilateurs bornent le plateau. Dans une semi-obscurité, une silhouette assise se devine devant l’entrée des artistes.

Ambiance feutrée et étrange. Les enfants qui composent l’essentiel du public cet après-midi-là, commencent à s’agiter, à parler de peurs, à questionner sur ce qui se passe. Il ne se passe rien, nous attendons.

Puis enfin la lumière se fait, douce et tamisée. La silhouette s’anime lentement, s’agenouille et coupe des sacs plastique avec une grande paire de ciseaux de tailleur. De l’étrange, nous passons au silence attentionné. Il semble bien qu’un, deux puis plusieurs personnages colorés soient ainsi fabriqués. Des sacs plastiques découpés et un ruban adhésif pour l’assemblage.

La silhouette se lève et vient mettre en marche les plus grands ventilateurs, l’un après l’autre, avec la lenteur d’un sénateur somnambule ou d’un yoguiste délicat. Et alors, commence une impressionnante danse.

Un, deux puis d’autres personnages colorés se remplissent d’air et se mettent progressivement à bouger, à danser, à s’enlacer même, à s’envoler parfois pour retomber parmi les leurs et reprendre cette folle échappée onirique que nous ne cherchons pas à comprendre tellement c’est beau et prenant, fort et incroyable. L’air s’engouffre dans les personnages colorés, la silhouette s'en mêle, mène la danse et prend soin que tout se passe bien dans ces envolées dansantes au son des bruits et des musiques.

Tout à coup, vers la fin, de vrais sacs plastique noirs et brillants surgissent en grand nombre sur le plateau rond. Que se passe-t-il ? La violence prend le pas sur la danse, la musique vibre de plus en plus de phrasées lyriques et... Non. Ne pas disons pas la fin. Pas maintenant. Laissons la découverte charmer et surprendre les prochains spectateurs.

Et nous, nous restons cois, ne prenant pas conscience tout de suite que nous venons de vivre là une expérience inédite de spectacle vivant aux sensations intenses et fugitives.

L’originalité et la découverte se mêlent à la poésie et à la beauté de cet instant suspendu, de ces 38 minutes de bonheur. Des étoiles dans les yeux et des sourires aux lèvres ont remplacé les peurs et les questions.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor