La mouche

La mouche
Mis en scène par Christian Hecq, Valérie Lesort
Avec Stéphan Wojtowicz
  • Stéphan Wojtowicz
  • Christian Hecq
  • Christine Murillo
  • Valérie Lesort
  • Théâtre des Bouffes du Nord
  • 37 bis, boulevard de la Chapelle
  • 75010 Paris
Itinéraire
Billets de 18,00 à 32,00
Evénement plus programmé pour le moment
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Dans les années 60, au cœur d’un village, Robert vit avec sa maman Odette. La relation mère-fils est inquiétante et désopilante à la fois, un clin d’oeil à l’épisode « La soucoupe et le perroquet » de l’émission Strip-tease.

La cinquantaine, dégarni, bedonnant, Robert passe le plus clair de son temps enfermé dans le garage où il tente de mettre au point la machine à téléporter. On assiste au quotidien de ce drôle de couple, ponctué par des expériences de téléportations plus ou moins réussies.

Comme dans le film de Cronenberg, tiré lui-même de la nouvelle de George Langelaan, Robert va tenter de se téléporter, mais une mouche s’est glissée dans la machine, et l’apprenti scientifique va peu à peu se transformer en insecte géant. Ses transformations physiques et mentales ne seront pas sans rappeler celles de Gregor dans La Métamorphose de Kafka. Robert va se déshumaniser peu à peu pour devenir une bête capable de grimper au mur, poussée par une recherche insatiable de nourriture.

Travail corporel, effets spéciaux, esthétique du temps des prémices de l’informatique, La Mouche est un laboratoire d’expérimentations scéniques et visuelles, un extraordinaire terrain de jeu.
 

Note rapide
Toutes les critiques
19 févr. 2020
6/10
1
Voilà un spectacle qui était très attendu. Après le triomphe de Vingt mille lieues sous les mers à la Comédie-Française, le retour du couple Christophe Hecq / Valérie Lesort ne pouvait qu’être lié à de grandes espérances. Je n’avais pas vu le film adapté de la nouvelle de George Langelaan, mais je ne doutais pas qu’ils en feraient quelque chose d’à la fois fascinant et effrayant. J’étais très impatiente, mais j’aurais dû me méfier, car si ils ajoutaient leur univers scénographique à la base de Jules Verne dans leur première création, pour notre plus grand bonheur, il s’agit ici de construire autour d’une histoire bien moins prenante, pour ma plus grande déception.

Robert vit avec sa mère, Odette, à la manière de Jean-Claude et Suzanne de l’émission de Strip Tease « La soucoupe et le perroquet » que j’ai regardée pour l’occasion. Ils sont un peu étranges mais rien de bien méchant : lui cherche à créer une machine à téléporter dans sa chambre transformée en laboratoire, il a parfois quelques petits problèmes de comportement mais il les règle à l’aide de calmants ; elle passe son temps à commérer avec ses amies, à enfiler sa perruque et à regarder la télévision. Alors quand Marie-Pierre, la fille de la voisine Chantal, revient vivre chez sa mère, Odette cherche à tout pris à la caser avec Robert.

Et la mouche dans tout ça ? Eh bien la mouche, on l’attend longtemps. Le spectacle dure 1h30, et on commence à la voir poindre le bout de son nez au bout de 50 minutes, quand enfin Robert tente de se téléporter lui-même et, comme dans le film et la nouvelle, subit l’expérience alors qu’une mouche se trouve avec lui dans la cabine, ce qui marquera le point de départ de sa transformation. Il ne reste alors plus qu’une demi-heure de spectacle.

Tout cela me fait penser que cette Mouche était une fausse bonne idée : nous ne sommes pas au cinéma, donc pour simuler la transformation, Christian Hecq doit se maquiller, enfiler des prothèses, changer totalement d’apparence en coulisse, ce qui restreint de manière totalement pragmatique sa présence sur scène. Conscient de cette contrainte, on comprend mieux pourquoi la mouche apparaît si tard : la transformation, compliquée et nécessairement hors de scène, est trop longue pour la faire durer tout le temps de la représentation.

Alors on remplit. J’ai mieux compris d’où venait la situation de départ, mère-fils, en regardant la fameuse émission dont parle le résumé du spectacle. Le truc, c’est que cette histoire est sans grand intérêt. Les dialogues sont pauvres, les comédiens n’ont pas grand chose à jouer, les scènes s’enchaînent sans parvenir à me captiver. L’apéritif avec Marie-Pierre, le coup de téléphone d’Odette à ses amies, le déjeuner d’Odette et Robert, la venue de l’inspecteur, tout cela sent le remplissage à plein nez. C’est vain.

Ce qui est vraiment dommage, c’est qu’on a presque l’impression que l’idée de départ était d’utiliser cette compétence spéciale qu’ont Hecq et Lesort à travers leur utilisation de la magie et des effets spéciaux sur scène, qu’ils ont choisi La Mouche parce qu’ils avaient quelques idées scénographiques intéressantes – et c’est vrai, c’est plutôt chouette de voir l’appareil à téléportation, même si on s’en lasse vite, ou encore la mouche qui marche au mur vers la fin du spectacle – mais on ne peut s’empêcher de dire : et ensuite ? Ensuite, j’ai surtout l’impression qu’ils ont brodé autour pour construire un ensemble à peu près cohérent. Cohérent, peut-être, mais surtout ennuyeux.

Et pourtant, il y a du beau monde sur scène. A quoi bon souligner une nouvelle fois l’incroyable précision du jeu de Christian Hecq ? La composition de son Robert est évidemment parfaite, ses numéros clownesques sont évidemment à tomber, mais on le voit finalement trop peu à cause de tout ce qui est à côté et dont je n’ai su que faire. Je tiens à saluer également le jeu de Christine Murillo, qui avec une partition proche du vide arrive à faire beaucoup : son personnage a quelque chose de très touchant malgré tout, et elle parvient à créer une ambiance dans cette maison, une relation avec le public, quelque chose de tendre et de très humain. Chapeau bas. Et que dire de Valérie Lesort et Stephan Wojtowicz, dont les personnages sont absolument dénués d’intérêt, et qu’on aurait aimé distribués dans des rôles davantage à la hauteur de leur talent.
1 févr. 2020
9,5/10
2
Mais où est Charlie ?

Charlie, c’est la chienne d’Odette, une femme d’un certain âge à la perruque décoiffée, qui a disparu presque en même temps que Marie Pierre, l’amie d’école de Robert, le fils d’Odette. Robert qui est un vieux garçon, un brin autiste et passionné de technologies, d’ailleurs dans son garage – chambre qu’il a transformé en atelier, il travaille sur la téléportation…

Librement adapté de la nouvelle de science-fiction de George Langelaan, le duo Lesort- Hecq nous propose une nouvelle fois un spectacle mémorable où l’imagination débordante de ce couple va encore faire des étincelles.

Ainsi nous découvrons un étrange mais très réussi mélange entre l’histoire issue de la nouvelle sur la téléportation et un épisode de Strip Tease ‘la soucoupe et le perroquet’ : Imaginez un décor fin années 60, fait d’un assemblage assez étonnant : une caravane vraiment old school où habite Odette et un garage où habite/travaille son fils, une table de camping, quelques chaises, deux nains de jardin, une cage avec un lapin,…

Nous suivons les aléas des travaux de Robert sur la téléportation… et on peut dire qu’on a hâte à chaque expérience de savoir si la téléportation a réussi car Robert a une petit côté savant fou qui n’a peur de rien…

La relation d’Odette envers son fils est porteuse de beaucoup d’amour maternel ; amour maternel qui sera la clé d’un final au ton très différent du reste de la pièce où nous rions souvent car les scènes hilarantes et burlesques s’enchainent.

Nous sommes bluffés à plusieurs reprises par les talents de plasticienne de Valérie Lesort et Carole Lallemand qui ont conçu des marionnettes plus vraies que nature. La mise en scène est d’une précision diabolique. Les dialogues sont très réussis avec des passages totalement surréalistes qui m’ont fait hurler de rire.

Les quatre comédiens sont immenses : Christian Hecq, sociétaire de la Comédie-Française possède un talent inné pour nous faire rire juste d’une simple mimique. Christine Murillo incarne une Odette qui déclenche les rires notamment quand elle ajuste sa perruque à chaque coup de sonnette. Valérie Lesort joue la copine d’école de Robert : une jeune femme assez nunuche et qui fleure bon la naïveté avec beaucoup de talent. Le quatrième et dernier compère de cette aventure est Stephan Wojtowicz merveilleux inspecteur de police qui remet à la mode les fixe – chaussettes !

Un spectacle qui nous change des histoires banales et nous fait passer une belle soirée.

Ps : on retrouve Charlie à la fin du spectacle. Ouf !
31 janv. 2020
1/10
1
Mépris de classe encensé par la critique.
22 janv. 2020
10/10
3
Evoquer « la mouche », c’est d’abord et avant tout évoquer Christian HECQ.

Nous osons prétendre qu’il est tout à fait comparable à sa manière à un Charlie CHAPLIN car Il y a du génie dans cet homme et nous pouvons affirmer qu’il l’a bougrement insufflé à cette pièce ! Par sa gestuelle, ses expressions du visage et de ses regards, il alterne dans un véritable tourbillon l’effroi, la folie, la souffrance et le comique ; c’est sûr, cet homme n’est pas tout seul dans sa tête ! Décrire ce qui se passe durant une heure trente sur une aire de stationnement avec pour décor (glauque à souhait) un massif à lutins parsemé de radis, une caravane et un hangar transformé en laboratoire de science-fiction, n’est pas concevable car il faut laisser le soin à chaque spectateur de jouir de cette histoire au fil de son déroulement. Une chose est certaine : les trois autres comédiens (plus une petite chienne) sont totalement à l’unisson de Christian HECQ : Christine MURILLO dans le rôle de sa mère, extraordinaire de justesse tant dans la drôlerie parodique que dans le drame le plus abominable, Valérie LESORT en gentille simplette plus vraie que nature prête à tout pour plaire à son héros et Stephan WOJTOWICZ , irrésistible en inspecteur de Police aux fixe-chaussettes impeccables (l’action se déroule dans les années 1960 en province), largement dépassé par les évènements et pas insensible aux tentatives de séduction de la mère du suspect. L’espace scénique des Bouffes du Nord se prête parfaitement à l’action par son volume, quant aux plasticiennes, éclairagistes, accessoiristes, costumière et scénographe, ils méritent tous amplement notre admiration pour avoir concouru, par leurs talents respectifs à la magie de ce spectacle.
9 janv. 2020
9,5/10
24
Brillant !
Décidément, et nous en avons désormais l'habitude, le couple Lesort-Hecq nous propose, avec cette adaptation de la nouvelle éponyme de George Lagelaan, un spectacle brillant, hilarant et passionnant !

Un spectacle où, une nouvelle fois, l'inventivité, la créativité, la folie artistique de ces deux-là nous explosent à la figure.

De cette nouvelle de science-fiction publiée en 1962, il reste ici l'idée forte principale : un homme se transforme progressivement en mouche, suite à une expérience de téléportation qui dérape.
On se souvient au passage du film de David Cronenberg, avec l'excellent Jeff Goldblum.

Christian Hecq et Valérie Lesort ont eu la merveilleuse idée de mixer cette idée "transzoomorphique" avec l'un des épisodes de l'émission-culte Strip-Tease « La soucoupe et le perroquet ».
Nous voici donc sur une espèce de terrain vague, avec à cour une caravane, où habite Odette, la maman de Robert, un vieux garçon, probablement autiste, passionné de téléportation, un peu beaucoup savant-fou. Sa chambre-laboratoire est quant à elle à jardin.

Le quotidien de ces deux-là, deux personnages très hauts, mais alors très hauts en couleur, deux personnages brisés par la vie, va nous être dévoilé.
Nous allons assister à la relation quotidienne mère-fils, étonnante, drôlissime, mais également tendre et finalement émouvante.

Nous sommes dans les années 60-70, au début de l'ère informatique.

Devant nous, un décor fait de bric et de broc, avec un laboratoire « scientifique » étonnant, confère à tout ceci un côté poético-dérisoire.

Des scènes absolument jouissives, burlesques, à hurler de rire (ce fut mon cas), vont émailler cette heure et trente minutes, comme par exemple une téléportation canine, des check-lists d'une machine infernale, un repas assez surréaliste, une rencontre culinaire avec un lapin, un interrogatoire de police à l'apéritif à la gentiane, ou encore la rencontre de Robert et de sa copine d'enfance Marie-Pierre.

Les quatre comédiens m'ont complètement ravi et bluffé !

Christian Hecq, sociétaire de la Comédie-Française, est ce Robert-là. A son habitude, sa gestuelle, son immense talent de mime, ses mimiques (ah ! Sa mâchoire pendante et ses coups d'œil en dessous !), sa capacité à nous faire rire sans déployer d'intenses moyens physiques, sa vis comica, tout ceci est à nouveau phénoménal !

La maman, c'est l'ex-sociétaire de la Comédie Française Chrisine Murillo.
Elle aussi est hilarante ! Sa composition force le respect.
Melle Murillo, en Odette à la perruque capricieuse, à la blouse en nylon, est hallucinante de force comique. (Il faut mentionner les costumes très réussis de Moïra Douguet !)

Valérie Lesort est Marie-Pierre. Elle incarne cette fille elle aussi un peu paumée, très naïve (C'est un euphémisme), un peu simplette avec une jubilation évidente.
Un rôle pas si évident que cela. La comédienne est à la fois très drôle et très touchante.

Et puis l'excellent Stephan Wojtowicz est une éblouissant inspecteur de police à l'ancienne, parfois gouailleur, parfois suspicieux, aux répliques souvent très « audiardesques ».

Le quatuor est irréprochable. Les nombreuses scènes de duo, aux dialogues percutants, incisifs sont autant de moments loufoques et parfois surréalistes. (Impossible de ne pas pleurer de rire en écoutant cette histoire d'épouvantail. Et non, je n'en dirai pas plus !)

Côté technique, là aussi, nous retrouvons ce qui fait le charme du travail des Lesort-Hecq.
Melle Lesort, également plasticienne, et sa complice Carole Allemand, ont conçu une nouvelle fois des marionnettes, très subtiles, qui passent parfois pratiquement inaperçues, tellement tout ceci est précis, millimétré.

Et puis, moi ce qui me fascine chez eux, c'est cette capacité à nous faire rire avec trois euros six sous.
Je n'oublierai jamais la scène de la pomme dans Le domino noir, à l'Opéra comique. Ici, c'est un simple ruban tue-mouche qui déclenche l'hilarité générale.
Du grand art !

Il faut noter également la très belle création sonore de Dominique Bataille, avec notamment quantité de vols latéralisés spatialement de diptères.

Alors évidemment, dans le film évoqué ci-dessus, Jeff Goldblum, devenu mouche, parvient à se déplacer sur les murs et au plafond.
Et ici ? Là non plus, je n'irai pas plus loin. Mais vous ne serez pas déçus. Une scène époustouflante, très technique et très physique vous attend !
De nombreux techniciens s'activent en coulisse !

Vous l'aurez compris, il faut absolument assister à cette pièce qui se pose, dès le soir de la première, comme incontournable de ce début d'année 2020.
Ne manquez surtout pas ce spectacle !

Un spectacle qui au passage réhabilite la Suze et les fixe-chaussettes !

Un dernier détail : Charlie, la chienne de la maison, se porte très bien après chaque représentation !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor