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La grande petite Mireille

La grande petite Mireille
  • Théâtre du Petit Montparnasse
  • 31, rue de la Gaîté
  • 75014 Paris
  • Edgard Quinet (l.6), Gaité (l.13)
Itinéraire
Billets de 14,00 à 34,00
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Une jeune chanteuse vient passer une audition.

Le Directeur de casting, passionné de variété française, trouve une ressemblance entre la jeune femme et la célèbre compositrice Mireille, qui a créé le Petit Conservatoire de la chanson…

Il n’en fallait pas plus pour plonger dans le music-hall de la Grand Époque !

Se succèderont sur scène Maurice Chevalier, Jean Sablon, Jean Nohain, Yves Montand, Alain Souchon, Yves Duteil, Françoise Hardy et bien d’autres…

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La critique de la rédaction : 7.5/10. Une comédie musicale qui démarre de manière très spontanée et nous embarque immédiatement.

Nous découvrons la vie d’une chanteuse des années 20 méconnue par notre jeune génération. Sa voix très aiguë n’est pas tout de suite agréable mais la fougue et les petites histoires amusantes de ses chansons nous séduisent ensuite. L’accompagnement au piano est superbe.

Ce spectacle se révèle plein d’humour. Les trois acteurs, chanteurs, musiciens impressionnent par leur talent. Notamment quand ils jouent à 6 mains au piano !

Seule la mise en scène ne nous a pas entièrement convaincu. Elle manque plusieurs fois de subtilité et aurait pu être moins poussiéreuse.

Un agréable spectacle !

Note rapide
8,4/10
12 pour 12 notes et 10 critiques
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Note de 1 à 3
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0 critique
Note de 4 à 7
8%
10 critiques
Note de 8 à 10
92%
Toutes les critiques
19 juin 2019
9/10
2 0
Marie-Charlotte Leclaire se présente pour auditionner le rôle de Dalida, et même si son interprétation de Gigi l'amoroso est d'un grand comique elle ne réussira pas à convaincre le metteur en scène (Cyril Romoli le soir de ma venue) qui cependant va l'engager, en raison de sa ressemblance avec ... Mireille.

C'est le point de départ de ce spectacle musical fort réussi parce qu'il est joyeux, imaginatif, et ... instructif. On apprend beaucoup de choses de la vie de cette petite bonne femme, petite en taille, immense en talent. Discrète et pourtant au tempérament extrêmement volontaire.

On remonte au siècle dernier et c'est cependant frais, joyeux, humoristique. En sortant de la salle on se dit que c'est bien étrange que Hervé Devolder (Molière 2019 pour la comédie musicale Chance !) n'ait pas pensé plus tôt à rendre cet hommage à celle qui a inventé la chanson de variétés française moderne.

Le trio nous montre à la fois la quantité de travail qu'il faut accepter de consacrer pour faire carrière et la difficulté de la création mais sans occulter les joies qu'elle procure. Et je voudrais sans tarder mentionner Adrien Biry-Vicente qui passe d'un personnage à l'autre avec un talent inouï et qui sera, je l'espère, récompensé à la prochaine soirée des Trophées de la Comédie musicale. Pour n'en citer qu'une, son incarnation de Françoise Hardy chantant Tous les garçons et les filles est simplement prodigieuse.

Quelle chance (pour nous) que Mireille ait eu de trop petites mains pour faire une carrière de pianiste car si elle joue plutôt bien du piano, il était inenvisageable d'espérer devenir soliste en ne pouvant pas réaliser un arpège d'une main. Elle devient donc comédienne à l'Odéon sans parvenir néanmoins à s'empêcher de jouer et de composer.

La voyant constamment au piano, Claude Dauphin, qui était alors régisseur décors, a l'idée de la présenter à son frère Jean Nohain, qui écrivait des textes, en utilisant un subterfuge pour piéger les deux protagonistes. Leur complicité ne faiblira pas. Ils se stimuleront l'un l'autre pour donner naissance à des tubes avec une inspiration nourrie du quotidien avec parfois un peu d'impertinence comme dans Papa n'a pas voulu (1961) qui laisse croire que "les enfants obéissants font tout ce que veulent leurs parents". Ils ont traversé les années sans se flétrir comme Couchés dans le foin ... dont le spectacle nous dévoile la création.

Mireille imaginait aussi des musiques publicitaires pour l'automobile (Renault, Citroën), des génériques pour la télévision (Colargol). Mais surtout le duo Nohain-Mireille composera pour Henri Salvador, Yves Montand (Une demoiselle sur une balançoire), Charles Trenet (C'est un jardinier qui boite). Même Brassens débutera sur leurs chansons.

On doit beaucoup à Mireille. C'est elle qui a introduit le swing dans la chanson française. Elle a tourné avec Buster Keaton et inventé probablement le feuilleton radiophonique. C'est pour Couchés dans le foin (musique de Mireille, texte de Jean Nohain) chanté alors par le duo Pills et Tabet que le peintre André Girard qui travaillait pour la Columbia (et dont une des filles s'illustrera au cinéma sous le nom de Danièle Delorme), réalisa la première pochette de disque illustrée, par une aquarelle. Jusque là on se contentait d'emballer les disques dans des pochettes en carton avec dessus le logo de la compagnie discographique qui éditait l'album. Mireille avait du flair en promettant que l'étui en carton cartonnera.

Elle imaginera, assez tardivement, le Petit Conservatoire, sorte de préfiguration de The Voice qui révèlera Michel Berger, Françoise Hardy, Pierre Vassiliu, Hervé Christiani, "le petit" Souchon (dont elle exigera qu'il chante ses productions au lieu de se satisfaire des reprises des autres), Yves Duteil ... et tant d'autres.

Ses poulains sont ses enfants. Elle les guide avec affection, mais fermeté, avec son complice Robert Valentino au piano. Aucune familiarité n'est permise. Pas question d'oublier de l'appeler madame. Mais la tendresse se lit sur son visage attentif.

Ce spectacle très documenté nous fait revivre des moments d'anthologie. On pardonnera quelques accommodements avec la réalité. Si sa mère avait une voix d'opéra, il n'empêche qu'elle était ouvrière et que son père était couvreur. On est loin d'une famille d'artistes comme on nous le présente sur la scène, même si elle fut la nièce de Charly King, inventeur des claquettes qu'il fait connaitre en France.

Sa rencontre avec Emmanuel Berl, qu'elle appellera toute sa vie Théodore, est savoureuse. Intuitivement gentille et pourtant d'ironie pouvant être mordante, la jeune femme pensait ne supporter cet homme que 10 minutes. Il a déployé des trésors d'imagination pour la séduire, l'invitant au Ritz, lui faisant connaitre Colette (qui lui trouvera sa coiffure), André Malraux, Sacha Guitry.

En la demandant en mariage par journal interposé, ces deux là ont en quelque sorte inventé la presse à sensation. Elle lui dit oui le 26 octobre 1937 et leur chemin se déroulera heureux pendant pendant 40 ans, mais en respectant toujours leurs territoires respectifs de création, littéraire pour lui, musical pour elle. Mireille avait posé ses limites, en faisant installer un feu entre leurs deux appartements, qu'elle seule pouvait actionner. Le rouge imposait qu'il reste chez lui. Au vert il avait le droit d'entrer. Les fenêtres de leur appartement de la rue Montpensier donnaient sur le Palais Royal et c'est en toute justice que la place voisine porte aujourd'hui le nom de Mireille.

La musicienne a quitté en 1996 le petit chemin qui sentait la noisette pour rejoindre le grand amour de sa vie au Montparnasse. Sur leur tombe une simple plaque "Avec le soleil pour témoin". Elle avait 90 ans.

Les trois comédiens sont autant savoureux dans le jeu que dans le chant. Marie-Charlotte Leclaire est l'interprète idéale. Elle s'est glissée avec un naturel stupéfiant dans le costume de Mireille et il se dégage d'elle un soupçon de gouaille qui évoque Arletty. Ses deux partenaires lui renvoient la balle avec pertinence et entrain. Le spectacle ne connait aucun temps mort. Les lumières de Denis Koransky sont très précises et efficaces. Et comme à son habitude Jean-Daniel Vuillermoz a imaginé des costumes de circonstance.

Ce spectacle nous fait re-découvrir avec bonheur des chansons qu'on a fredonnées ... ou pas. J'ai surpris cette réaction dans la salle : je ne connaissais pas Mireille, je suis subjugué.
18 mai 2019
9/10
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Léger, drôle, avec beaucoup de finesse : un très agréable moment avec des comédiens talentueux.
16 mai 2019
8,5/10
3 0
« La grande petite Mireille » sur des musiques de Mireille au théâtre du Petit Montparnasse de Marie-Charlotte Leclaire et Hervé Devolder, qui signe également la mise en scène, est une leçon de vie pétillante.

Un directeur de casting apparaît sur scène pour auditionner des chanteuses, en vue de monter un spectacle sur la grande Dalida. Il est au téléphone, il semble nerveux, tout ne se déroule pas comme il le voudrait.
La lumière descend dans la salle mais pas assez car j’entends ronchonner, les personnes assises devant moi n’ont pas compris que nous sommes au cœur de l’action : nous allons assister à une revue musicale qui va enchanter nos oreilles.
Une jeune femme se présente, elle commence à chanter et c’est la catastrophe, le directeur de casting la stoppe net dans son élan, avec sa voix fluette et ses frisettes, elle est à cent lieux de correspondre à ce qu’il attend pour le rôle.
Sans fracas, il lui demande de partir mais dans un éclair de génie, il comprend tout de suite l’intérêt qu’il peut tirer de la situation.
Sa silhouette, sa voix et ses frisettes lui font tout de suite penser à la grande petite Mireille que tout le monde connaît, enfin presque, via le petit conservatoire de la chanson.
Pour ma part, j’en garde un souvenir unique, puisque j’avais eu la chance pendant mon adolescence d’assister à un de ses cours, et je crois même qu’Yves Duteil était ce jour-là de la partie.
En voyant Marie-Charlotte Leclaire sur scène tant de souvenirs me sont remontés à la mémoire : c’est simple je voyais sur scène Mireille !

Nos deux auteurs ont construit un remarquable spectacle autour de la vie de Mireille. Une vie remplie de surprises, de rencontres, de succès, une vie comblée par l’amour de son art et de son mari, le philosophe Emmanuel Berl qui a dû ramer, comme l’on dit aujourd’hui, pour conquérir son cœur. C’est qu’elle lui a donné du fil à retordre, mais il a tenu bon et ils se sont aimés pendant des décennies. Ils ont traversé la guerre, leur origine juive les a fait fuir de Paris, de leur magnifique appartement situé rue de Montpensier avec au jardin le théâtre du Palais Royal et à la cour la Comédie Française : quoi rêver de mieux ?
Après un séjour en Corrèze, où la résistance était leur plat, un retour sur Paris après la guerre les amena à fréquenter les impressionnants Jean Cocteau, Sacha Guitry, Albert Camus, André Malraux, et tant d’autres. Un carnet mondain bien rempli parmi les plus festifs.

Un spectacle qui nous apprend beaucoup de choses sur sa vie, où tout commence par sa rencontre avec Jean Nohain, le célèbre parolier, frère de Claude Dauphin, frère qui aura sa part dans cette extraordinaire aventure qui les liera pendant des décennies : Mireille compose et Jean Nohain écrit. Leur première comédie musicale « Fouchtra » n’obtient pas le succès escompté, mais rapidement New York lui fait les yeux doux et elle se laisse tenter. Elle part aux Etats-Unis, viendra ensuite Hollywood où elle se prêtera à la comédie dans les films de Douglas Fairbanks, elle croisera sur sa route Buster Keaton.
Mais le destin en a décidé autrement, un titre de sa comédie musicale « Fouchtra » fait un tabac en France et elle décide de rentrer.
Sage décision, car sa carrière ira crescendo, elle composera pour les plus grands, Jean Sablon, Maurice Chevalier, Yves Montand. Puis c’est le début de « Petit conservatoire » qui vit éclore tant de vedettes, comme Alice Dona, Hervé Cristiani, Yves Duteil, Françoise Hardy (imitation à mourir de rire) ou encore Alain Souchon. Elle sera à l’origine d’une nouvelle génération de chanteurs.

Quelle superbe idée de mettre dans les feux des projecteurs cette grande petite Mireille.
Marie-Charlotte Leclaire est plus vraie que nature : elle est Mireille. Elle est irrésistible et nous montre une Mireille toute gentille, mais qui tout de même était un peu vacharde avec ses élèves. Beaucoup d’humour et de complicité avec ses partenaires Adrien Biry-Vicente et ce soir Cyril Romoli.
Ces trois artistes savent tout faire, ils chantent, jouent du piano (leur numéro à trois sur le clavier est irrésistible), jouent la comédie, imitent, parodient. Un bonheur de les écouter et de suivre leur enthousiasme sur des airs qui n’ont pas pris une ride.

Le spectacle est orchestré d’une main de maître par Hervé Devolder qui connaît toutes les ficelles du métier. Un ballet enchanteur dans des lumières de Denis Koransky et des costumes de Jean-Daniel-Vuillermoz.

Nous sortons de la salle avec des refrains dans la tête, certes pas couchés dans le foin, avec le soleil pour témoin, mais heureux d’avoir partagé cette récréation avec des artistes remplis de talents.
6 mai 2019
8,5/10
3 0
Par chance se sont deux passionnés de la musique qui se mettent à la création : d'un côté l'auteur interprète Hervé Devolder et de l'autre côté l'auteure interprète Marie-Charlotte Leclaire.

On pourrait croire que seuls ceux qui ont connu l'artiste dans les années 60/70 viendront mais cela bien dommage de croire cela. Car l'un des talents de ces ingénieux artistes est de construire une histoire qui enchantera quiconque apprécie la musique. Dès la première minute, on se laisse emporter par ce récit extrêmement bien écrit qui nous fait découvrir une femme surprenante mais aussi son répertoire riche et très drôle. Hervé Devolder propose de nouveau un travail d'orfèvre dans la mise en scène qui se trouve pleine de subtilité et de délicatesse. Les trois comédiens chanteurs et musiciens dont Adrien Biry-Vincente brillent par leur plaisir d'être là, de partager, de jouer, de chanter... De leur complicité naît un spectacle pétillant, drôle, tendre et saura autant vous surprendre que vous émerveiller.

Tout comme de nombreux spectateurs vous applaudirez très chaleureusement à la fin avec un sourire sincère. Vous direz peut-être, vous aussi en partant : "C'était délicieux", "C'était fabuleux", "C'était extraordinaire"...
11 avr. 2019
9/10
3 0
Ouh la ! ça commence mal pour le metteur en scène, il doit choisir pour son prochain spectacle, une chanteuse capable de tenir le rôle de l’inoubliable créatrice de “Bambino” ! Marie-Charlotte passe l’audition, elle est menue comme sa voix, bouclettes blondes au vent, elle fait de son mieux.

Au lieu de la renvoyer avec le traditionnel “laissez nous votre adresse”, il a une idée de génie. Elle a l’allure et la voix de la grande Mireille, la complice de Jean Nohain, la tyrannique prof du “Petit conservatoire de la chanson”. Marie-Charlotte ne connait pas l’illustre compositrice de “Couchés dans le foin”, mais elle a du tempérament et surtout apprécie les chansons de variétés bien écrites.

Et nous voilà, toutes générations confondues, à apprendre le parcours de cette jeune fille de bonne famille, Mireille, la chanteuse, sur les annéees folles, sa rencontre avec Claude Dauphin, jeune premier de l’époque et frère de Jean Nohain, qui sera son parolier, son ami.

Son départ pour les USA, son triomphe, duo avec “l’homme qui ne rit jamais”, Buster Keaton ! Retour à Paris, la drôle de demande en mariage d’Emmanuel Berl, philosophe, les voisins et amis de la rue de Momptensier, Colette, Cocteau, Malraux, mais aussi les heures sombres, le départ précipité pendant l’Occupation. Et la musique encore et toujours !

Les années 60 avec Le Petit Conservatoire, Mireille, toujours souriante, mais sachant se faire respecter, elle auditionne le jeune Dutheil qui a bien du mal à articuler comme il faut… Mlle Hardy, déjà talentueuse mais timide à un point, Souchon qui ne tient pas droit, Vassiliu qui n’a pas froid aux yeux, et les autres, inconnus qui resteront à jamais dans l’oubli. Un bon moment de franche rigolade et de souvenirs !

Marie-Charlotte Leclaire a une vraie nature comique, excellente musicienne, elle a su redonner vie et corps à Mireille qui le méritait bien. Ses compères, Hervé Devolder, (dont les spectacles musicaux sont souvent moliérisés) musicien, comédien, et metteur en scène, il s’en sort à merveille, et il est un Jean Sablon ou un Chevalier tout à fait crédible ! Adrien Biry-Vicente est Jean Nohain, il a le talent pour incarner aussi bien Françoise Hardy, Vassiliu, Souchon et d’autres.

Un spectacle musical digne de ce nom, avec de vrais musiciens et chanteurs, on s’amuse beaucoup, on se prend à fredonner certains “tubes”, oui de la belle ouvrage, courez-y pour rire et emmagasiner de la bonne humeur.
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Musique
Talent des artistes
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor