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Kean

Kean
De Alexandre Dumas
Mis en scène par Alain Sachs
  • Théâtre de l'Œuvre
  • 55, rue de Clichy
  • 75009 Paris
  • Place de Clichy (l.2, l.13)
Itinéraire
Billets de 27,00 à 40,00
À l'affiche du :
9 mai 2019 au 30 juin 2019
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 16:00
    • 18:00
    • 20:00
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Kean raconte l'histoire d'un fameux acteur anglais qui triomphe au Théâtre Royal de Druny Lane, et que tout Londres, au début du XIX ème siècle, court acclamer.

Mais chez Kean l'homme et le comédien se confondent bien souvent...

Est-il en vérité lui-même ou bien les divers personnages qu'il incarne ?

Un soir, submergé par ses passions amoureuses, Kean explose en pleine représentation d’Othello. 

Kean de Dumas, c'est ni plus ni moins la quintessence même du Theatre.

Dans une profusion de couleurs et d'émotions où le comique et le tragique se côtoient sans vergogne, tous les plus grands thèmes y sont abordés. La quête d'absolu, le donjuanisme, le pouvoir, la folie...

Véritable hommage à Shakespeare, Pirandellien bien avant l'heure, il nous offre avant tout une joyeuse et flamboyante variation sur l'art du comédien, autant que de la comédienne, soit dit en passant.

Appel enflammé à toutes les résistances, hymne effréné à la liberté, il mêle l'imagination fiévreuse et flamboyante d'un Dumas à l'insolente modernité d'un Sartre, nous proposant de surcroît une puissante réflexion sur l'être et le paraître.

Une mise en abîme, un jeu de miroirs permanent au service d'une véritable machine à jouer, qui pousse sans retenue jusqu'à l'ivresse tous les plaisirs réunis de la scène.

Rappelons  ici par ailleurs que la dernière fois que nous avons eu l'occasion d'entendre ce chef d'œuvre, ce fut avec Jean Paul Belmondo qui fit son grand retour au théâtre à travers lui, bien avant d'incarner Cyrano, du reste cousin fort peu éloigné de Kean...

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4 critiques
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80%
Toutes les critiques
16 mai 2019
8,5/10
5 0
Kean est l'histoire d'un comédien anglais au début du XIXème siècle : Edmond Kean. Cette pièce en 5 actes, écrite en 1936 par Dumas père, a été adaptée par Jean-Paul Sartre en 1953.
Kean a dédié sa vie à la scène. A la fois extravagant, impertinent et passionné, Kean a un besoin urgent d’être le centre de l’attention de tous. Femmes, argent et célébrité sont les clés de sa vie.

Cette pièce, que j’ai vue il y a fort longtemps à Marigny avec Jean-Paul Belmondo, est un hommage au théâtre. C’était un vrai défi de reprendre Kean après cette prestation historique et le défi est repris avec brio !
Oui, la troupe présente sur scène et avec le travail complice d’Alain Sachs à la mise en scène, relève le gant avec honneur !
La fascination exercée par Kean sur son entourage est effectivement bien mise en valeur : le succès populaire est au rendez-vous, le Prince de Galles veut être son ami et les femmes se pâment devant lui.
La mise en scène haute en couleur et généreuse d’Alain Sachs donne de l’ampleur à ce Kean. Il y a un vrai travail pour augmenter la fluidité d’un acte à l’autre et toute la troupe est investi lors des changements qui surviennent : bel esprit de troupe ! Aucun rôle n’est mineur, tout le monde a son importance et c’est bien agréable !

La pièce dure deux heures mais ce sont deux heures qui passent agréablement car l’intrigue est entrainante. Et Alexis Desseaux, un Kean dandy et fou à souhait, occupe la scène quasiment en permanence ! Il est entouré par une belle distribution homogène et nous tombons sous le charme de Kean et de son entourage : Sophie Bouilloux, Eve Herszfeld, Justine Thibaudat, Jacques Fontanel, Frederic Gorny, Pierre Benoist et Stéphane Titeca.
13 mai 2019
9/10
3 0
Kean est l'histoire d'un comédien anglais shakespearien du début du XIXème siècle, Edmond Kean. Cette pièce en 5 actes, écrite en 1936 par Dumas père, a été revisitée par Sartre en 1953 qui l'a "peaufinée" et lui a donné encore plus de puissance et de profondeur.

Acclamé par toute la bonne société londonienne, adulé par les femmes, ami du Prince, Kean, débauché, ivrogne et séducteur, reste néanmoins, à son grand désespoir, considéré, comme un pitre par la haute société.
Deux femmes ont un faible pour lui, la comtesse Elena, épouse de l'ambassadeur, et Anna, jeune héritière bourgeoise qui fuit un mariage non désiré. Mais son coeur penche pour la première dont le prince de Galles est également amoureux.

Cette magnifique pièce nous dévoile, la condition et le désespoir du comédien du début du XIXième siècle, acclamé, envié, même par le prince, mais qui, malgré tout, reste considéré comme un amuseur.
Car Kean est un personnage aérien certes orgueilleux et égoïste mais surtout libre et séduisant.
Seulement, ce parfum de gaieté et de légèreté masque une grande détresse. Alors qu'il est adulé et envié de tous, hors des planches, Kean est confiné dans un rôle de bouffon et souffre de ne pas être reconnu. Il a l'impression de ne pas exister.
La mise en scène d'Alain Sachs est une grande réussite haute en couleurs et en rebondissements. Alexis Desseaux incarne, à merveille, un Kean amoureux, aérien, survolté, excessif, fragile et joyeux qui sombre doucement vers la folie. A tel point que je ne pourrai me l'imaginer autrement. Les autres comédiens sont également parfaits dans leur rôle. Si l'on ajoute une grande variété de costumes soyeux, colorés et des décors bien pensés, tous les ingrédients sont réunis pour faire de cette pièce une grande réussite. Les émotions fusent, c'est profond et léger à la fois. J'ai beaucoup ri, ai été émue, bref c'est un grand coup de coeur pour ma part.
3 mars 2019
7/10
3 0
Il faut souligner la magnifique prestation d'Alexis Desseaux qui tient avec force, énergie et bonne humeur son personnage. Un rôle qui demande beaucoup de travail et de concentration car il est présent à toutes les scènes. Il tient à merveille son personnage nous permettant de suivre avec enthousiasme tout le récit.

Une belle performance de comédien. Le duo très complice qu'il forme avec Justine Thibaudat est plein de fougue et de fraîcheur. Un plaisir de voir le jeu autour de leur différence qui permet des scènes au combien comique. Comment ne pas éclater de rire lors de la scène d'un classique avec une interprétation catastrophique malgré l'aide du souffleur. C'est le point d'orgue de la pièce. Les autres comédiens, Frédéric Gorny, Sophie Bouilloux, Jacques Fontanel, Eve Herszfeld et Stéphane Titeca moins présents sont tout aussi importants dans la construction de l'histoire. Le point commun entre eux se trouvent dans la qualité de la performance qu'importe le personnage qu'ils incarnent. Un très précis et rythmé travail d'équipe qui permet de créer des représentations de qualité.

Un sublime hommage au métier de saltimbanque avec des artistes talentueux. Kean, une pièce à découvrir.
4 févr. 2019
9/10
3 0
Kean : un nom qui fait rêver, qui évoque beaucoup de souvenirs, une histoire écrite par Alexandre Dumas père pour le célèbre acteur Frédérick Lemaître.
Comment ne pas oublier le retour sur scène de Jean-Paul Belmondo dans le rôle titre et dans la continuité celui de Frédérick, rôle écrit par Eric Emmanuel-Schmitt, à sa demande, pour Jean-Paul Belmondo dans « Frédérick ou le boulevard du Crime » : les deux pièces jouées dans le théâtre Marigny.

Kean c’est Edmond Kean (1787-1833), un comédien britannique qui connut une immense popularité avec ses interprétations dans les pièces de William Shakespeare.
Le sous-titre de cette pièce « Désordre ou génie » résume à lui seul la personnalité de cet extravagant acteur.
Un acteur acclamé par le tout Londres jusqu’au prince de Galles, joué par Frédéric Gorny (connu du grand public pour son rôle dans la série « Avocats et Associés ») qui en fait son ami, sans doute à son dépend, lui-même étant un coureur invétéré de jupons.
Kean : un acteur qui a consacré sa vie à la scène, vie excessive dans tous les domaines où les femmes et l’argent seront ses moteurs et sa perte.
L’adaptation passionnante et très bien écrite de Jean-Paul Sartre apporte une vision plus large, plus philosophique du personnage (est-il réel ou bien joue-t-il ?), de sa vie, de son entourage, du statut social, de la société dans laquelle il nage. Le tout donnant un superbe hommage au Théâtre, à la passion d’être un acteur.
Par ailleurs, Jean-Paul Sartre a respecté l’œuvre de Dumas, comment ne pas voir les similitudes de leurs vies, tous deux issus d’un milieu modeste et qui ont gravi toutes les marches jusqu’à la Gloire, la Reconnaissance : mais au final, l’acteur ne serait-il pas, ne resterait-il pas un saltimbanque ?
Une dénomination qui perce le cœur, qui renvoie l’individu à sa triste réalité, à sa superficialité : peut-on prendre au sérieux un saltimbanque ?
Ce soir Kean est Alexis Desseaux (connu du grand public pour son rôle de Motta dans la série télévisée Julie Lescaut), qui disons-le tout de suite fait complètement oublier son illustre prédécesseur. Alexis Desseaux est magistral, il endosse le rôle avec une telle humanité, une telle fougue, il a une telle présence qu’il nous fait oublier les excès du personnage pour ne voir que l’Homme : celui pour lequel on a de l’admiration. En dehors de tout cabotinage son interprétation donne de la profondeur, de l’épaisseur au personnage, il tient son rôle sans le moindre relâchement.
Pendant cinq actes, dans cinq décors, il va nous emmener dans ses délires, ses passions, ses amours partagés entre Elena de Koefeld, femme de diplomate, jouée par Sophie Bouilloux et Anna, une riche jeune fille, jouée par Justine Thibaudat, jusqu’à sa crise de folie qui éclate en pleine représentation devant un public médusé.
La solution pour sortir de cette impasse dans laquelle il s’est fourré : l’exil.

Mais la réussite de ce spectacle c’est avant tout un travail de troupe, que Molière n’aurait pas renié et qu’Alain Sachs, le metteur en scène, a su habilement et adroitement mené avec ses comédiens. Cet esprit de troupe se voit par exemple lors des changements de décors : tous y participent.
J’ai retrouvé l’Alain Sachs que j’aime, celui qui maîtrise parfaitement la fluidité de l’action, le rythme, rythme qu’il insuffle à cette tragi-comédie ; celui qui maîtrise le jeu, le geste, la parole à la virgule et utilise l’espace scénique à bon escient.
C’est un travail très soigné qu’Alain Sachs nous présente dans ce Théâtre 14, tant au niveau des décors de Sophie Jacob, que des costumes de Pascale Bordet, que de la musique de Frédéric Boulard et des lumières de Muriel Sachs.
L’ensemble s’emboîte parfaitement, sans que l’une ou l’autre partie tire la couverture à soi, et donne toute la restitution de cette époque qu’a voulu Alain Sachs dans sa mise en scène.
Avec son œil qui frise et son carnet de notes à proximité, Alain Sachs est un éternel enfant qui s’émerveille et qui nous émerveille.

Il n’y a pas de petits rôles dans cette pièce, chacun est indispensable à la bonne construction du puzzle, chacun maîtrise sa partition, chacun capte notre attention par sa présence, par son jeu : j’ai rarement assisté à une première aussi aboutie.
Pierre Benoist, Jacques Fontanel, Eve Herszfeld et Stéphane Titeca complètent la distribution et nous procurent avec leurs camarades une immense joie d’avoir assister à une pépite du répertoire.

Mais en définitif qui est Kean ? Un séducteur ? Un homme en manque d’amour ? Quel masque voit-on ? Celui de l’homme ou celui de l’acteur ?
La réponse est au théâtre 14.

Mon coup de cœur pour cette rentrée théâtrale, un spectacle à ne pas manquer !
22 janv. 2019
8/10
2 0
Kean est un acteur londonien du début du XIXème siècle qui a donné toute sa vie à la scène. Homme extravagant et excessif, passionné et fou, il a un besoin extrême d’être au centre de l’attention. L’œuvre de Dumas, adaptée par Jean-Paul Sartre, raconte un épisode de sa vie où l’argent, les femmes et bien sur la scène prennent toute la place.

C’est un hommage au théâtre, une mise en abîme : quel est le rôle, la vie, la place d’un acteur si grand soit-il ? Quelles sont ses rapports aux autres, sont-ils vrais ou sont-ils toujours pervertis par sa position d’éternelle saltimbanque ? Où se place la limite entre le comédien et l’homme ? Quand l’acteur s’arrête-t-il de paraître ?

Tous les personnages vivants dans la périphérie de Kean sont fascinés par sa personnalité et son talent. Le prince de Galles recherche son amitié, les femmes ses faveurs et son serviteur lui est totalement dévoué malgré ses débordements et ses folies.

Deux heures qui passent tranquillement et très agréablement. L’intrigue est plaisante, les tableaux vivants et les comédiens tous excellents. Une mention particulière à Alexis Desseaux, parfait dandy excessif, à la fois généreux, insolent et brillant et à la pétillante Justine Thibaudat qui incarne avec simplicité une Anna dont la nativité et la fraîcheur cache une réelle finesse et intelligence.

Les costumes sont particulièrement soignées.
Une pièce bien agréable !
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor