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Kean

Kean
De Alexandre Dumas
Mis en scène par Alain Sachs
  • Théâtre de l'Œuvre
  • 55, rue de Clichy
  • 75009 Paris
  • Place de Clichy (l.2, l.13)
Itinéraire
Billets de 27,00 à 40,00
À l'affiche du :
5 novembre 2019 au 5 janvier 2020
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 17:00
    • 21:00
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Kean raconte l'histoire d'un fameux acteur anglais qui triomphe au Théâtre Royal de Druny Lane, et que tout Londres, au début du XIX ème siècle, court acclamer.

Mais chez Kean l'homme et le comédien se confondent bien souvent...

Est-il en vérité lui-même ou bien les divers personnages qu'il incarne ?

Un soir, submergé par ses passions amoureuses, Kean explose en pleine représentation d’Othello. 

Kean de Dumas, c'est ni plus ni moins la quintessence même du Theatre.

Dans une profusion de couleurs et d'émotions où le comique et le tragique se côtoient sans vergogne, tous les plus grands thèmes y sont abordés. La quête d'absolu, le donjuanisme, le pouvoir, la folie...

Véritable hommage à Shakespeare, Pirandellien bien avant l'heure, il nous offre avant tout une joyeuse et flamboyante variation sur l'art du comédien, autant que de la comédienne, soit dit en passant.

Appel enflammé à toutes les résistances, hymne effréné à la liberté, il mêle l'imagination fiévreuse et flamboyante d'un Dumas à l'insolente modernité d'un Sartre, nous proposant de surcroît une puissante réflexion sur l'être et le paraître.

Une mise en abîme, un jeu de miroirs permanent au service d'une véritable machine à jouer, qui pousse sans retenue jusqu'à l'ivresse tous les plaisirs réunis de la scène.

Rappelons  ici par ailleurs que la dernière fois que nous avons eu l'occasion d'entendre ce chef d'œuvre, ce fut avec Jean Paul Belmondo qui fit son grand retour au théâtre à travers lui, bien avant d'incarner Cyrano, du reste cousin fort peu éloigné de Kean...

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La critique de la rédaction : 5/10. Assez déçus mais peut-être avions nous trop d’attentes après les 5 nominations aux Molières.

Nous n’avons pas accroché à l’histoire, n'avons pas été transportés par les dialogues. Sûrement parce que cet illustre acteur anglais égocentrique et excentrique nous a été très antipathique.

Il est systématiquement dans le refus et la contradiction, ce qui devient usant au fil des scènes.

La mise en scène, les costumes et les décors nous transportent au début du XIXème siècle de manière assez agréable.

Quant au jeu d’acteur, il est bon mais je m’attendais également à mieux après les nominations.

Deux heures qui m’ont paru longues.

Note rapide
7,4/10
14 pour 14 notes et 13 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
3 critiques
Note de 4 à 7
29%
10 critiques
Note de 8 à 10
71%
Toutes les critiques
17 sept. 2019
5/10
1 0
Je m’attendais à mieux d’une pièce nominée autant de fois aux Molières.

Je n’ai pas du tout accrochée à cette histoire et j’ai trouvé ce personnage de Kean plus qu’antipathique. Je trouve aussi qu’il y’avait beaucoup trop de longueurs.

Une déception.
19 juin 2019
9/10
1 0
Je sors du Théâtre de l'Oeuvre où j'ai vu Kean, n'ayant pas été en France à sa création au Théâtre 14 il y a quelques semaines, et j'en suis enchantée à plus d'un titre, comme tout le monde, puisque la représentation s'est clôturée par une ovation debout.

C'est un spectacle très réussi. Ce manifeste en faveur du théâtre a été écrit pour célébrer des comédiens. Je serai heureuse qu'il reçoive un Molière, celui du théâtre public ... alors qu'il est repris dans un théâtre ... privé, ce qui serait la preuve éclatante que cette dichotomie est obsolète (même si les différences de financement existent, je ne les nie pas). Verdict demain soir au cours de la 31ème Nuit des Molières.

Les amateurs de rituels sont servis. On frappe les trois coups avant de lever le rideau. Les décors (de Sophie Jacob) sont modulables et efficaces, mis en place par les comédiens eux-mêmes, ce qui témoigne intelligemment que nous sommes toujours au théâtre et qu'il ne faudrait pas y confondre la fiction avec la réalité comme le faisait ce personnage de Kean qui se comporte dans sa vie comme s'il était encore sur scène.

Le comédien britannique Edmund Kean (1787-1833) fut considéré comme le plus grand acteur au monde au XIX° siècle, un peu à l'instar de Molière avant lui ou de Depardieu après, pour établir des comparaisons qui parleront au plus grand nombre en terme de talent. La pièce a été écrite en 1836 par Alexandre Dumas (le père) pour un acteur de son époque, Frédèrick Lemaître, alors que Jean-Paul Sartre l'adapte pour Pierre Brasseur en 1953.

Depuis, cette pièce n'a cessé d'attirer les plus grands comédiens, comme Jean-Claude Drouot, qui en signait aussi la mise en scène au Théâtre de la Porte Saint-Martin en 1983, et plus récemment Jean-Paul Belmondo. Je ne connais pas beaucoup Alexis Desseaux et après tout j'ai énormément apprécié de voir non pas un "numéro d'acteur" mais un acteur d'abord, c'est-à-dire quelqu'un qui sert son rôle et qui en quelque sorte s'efface derrière lui, et non le contraire comme c'est parfois le cas avec des têtes d'affiche.

La mise en abime est très réussie quand on songe que Alexis Desseaux joue un acteur (Kean) en train de jouer un rôle (celui d'Othello). Il est un Kean saisissant, nerveux, surprenant, parfois fragile et pourtant autant inattendu que peut l'être un Roberto Benigni quand il est au sommet de sa forme. Ce débauché, ivrogne et don juan, insolent de surcroit, deviendra au fil du temps plus homme que comédien.

"Vous veniez ici chaque soir et vous jetiez des bouquets sur la scène en criant bravo. J'avais fini par croire que vous m'aimiez... Mais vous n'aimez que ce qui est faux !" dit-il en faisant allusion à ce que serait la vraie vie. Il sera bouleversant quand il sombrera dans une crise de démence : un acteur n'es pas un homme, c'est un reflet.

Kean l'avait exprimé auparavant à plusieurs reprises : l'acteur est toujours dans le doute d'être encore aimé. Et l'homme également qui, parfois, fait penser à Cyrano de Bergerac : je ne vous attendais plus, mais je vous espérais encore.

Alain Sachs, le metteur en scène, a distribué deux comédiennes de talent pour tenter de le faire succomber (il faut voir la pièce pour connaitre la réponse) Sophie Bouilloux, en comtesse Éléna, épouse de l'ambassadeur du Danemark et Justine Thibaudat, en pétillante Anna Damby, jeune héritière bourgeoise, qui mérite sa nomination dans la catégorie Révélation.

L'une comme l'autre ont des rôles qui évoluent au fil de la soirée. Eléna semble une amoureuse peu impliquée, effrayée d'avoir un penchant pour un comédien, forcément quelqu'un de "très mal", mais elle se révèlera passionnée par la suite. Anna ne cessera de nous étonner. Il ne fait pas de doute que les dialogues ont été écrits pour la surprise des spectateurs et sans nul doute aussi le plaisir des comédiens. Ce n'est pas étonnant qu'ils soient quatre à avoir été remarqués par le jury des Molières.

Sartre a fait preuve de dérision en adaptant Dumas et en prenant le contrepied de ce qu'il dénonce, à savoir que l'ennui avec les auteurs morts c'est qu'ils ne se renouvellent pas (réplique prononcée au tout début de la pièce). Le défi est lancé. La mise en scène appuie autant sur les ressorts tragiques que sur les aspects comiques (je n'avais pas le souvenir que Sartre pouvait être si drôle). Eve Herszfeld nous surprend à chacune de ses apparitions, par son accent, ses mimiques, jusqu'à son art de la roue.

Les roles masculins sont un peu en deçà, sans doute pour ne pas projeter d'ombre sur le Gand Kean. C'est Pierre Benoist qui a le meilleur "second rôle" puisqu'il a la chance d'en cumuler quatre, avec des postures évidemment différentes et des costumes adaptés, tous magnifiques, conçus par Pascale Bordet qui parvient même à faire de la robe de chambre de Kean un vêtement original.

L'ensemble est mené tambour battant avec des rebondissements qui évoquent une trame policière sous les lumières très justes de Muriel Sachs qui parvient à évoquer une ambiance d'église, laissant augurer une justice divine aux turpitudes du personnage.

Il faut enfin saluer aussi les comédiens pour leur qualité à faire entendre le texte, et nous donner envie de le lire ou relire. Sartre y est (aussi) philosophe, il ne pourrait en être autrement. Sa réflexion sur l'orgueil, envers de la honte, est à méditer.
14 juin 2019
8/10
13 0
Du théâtre dans le théâtre !

Où est chez Kean la frontière entre le jeu et la vie ?
Est ce l'acteur ou l'homme que toutes les femmes adorent ?

Dumas nous offre une pièce truculente, pleine de rebondissements, vibrant hommage aux acteurs.
Sartre y apporte une vraie réflexion sur l'être et le paraître.

Alain Sachs lui emmène sa troupe pleine d'énergie et de talent vers un joli succès mérité. La mise en scène est très astucieuse, les costumes superbes.
Plusieurs seconds rôles ont d'ailleurs été nommés aux Molières.
Alexis Desseaux - alias Kean - interprète très élégamment ce rôle immense, avec un jeu tout en nuances et en variations.

Tous les hommes sont des comédiens ... sauf quelques acteurs !
12 juin 2019
8,5/10
1 0
Pétillant, dynamique, séduisant.
Kean, acteur anglais du début du XIXe siècle est vénéré par tous et surtout par la gent féminine. Homme à femmes, un peu ivrogne et couvert de dettes.
La comtesse Eléna (convoitée par le prince de Galles) ainsi qu’Anna Damby jeune héritière bourgeoise, n’ont yeux que pour lui.
Ces passions amoureuses vont le submerger.
Mais c’est avant tout un comédien, il est Roméo, Hamlet, Othello...
« On joue parce qu'on deviendrait fou si on ne jouait pas. »
Et qui est-il vraiment à travers ses personnages ?
« Jouer ! Est-ce que je sais, moi, quand je joue ? Est-ce qu'il y a un moment où je cesse de jouer ? »
C’est avec grande joie que nous sommes entrainés dans les méandres de la vie dissolu de Kean, personnage haut en couleur qui nous subjugue, nous amuse et nous désole…
Alexis Desseaux nous campe un Kean extravagant, dynamique, pétulant, plein de vie. Un Kean qui nous est sympathique, envoutant malgré sa vie de débauche.
Justine Thibaudat joue avec brio et grande justesse la tendre et jeune amoureuse Anna Damdy. C’est un vrai régal.
Sophie Bouilloux (Elena), Jacques Fontanel (le conte), Frédéric Gorny (le prince), Eve Herszfeld (Amy, Fanny, Gidsa), Stephane Titeca (salomon) sont tous excellents et pleins de vie.
Les costumes sont attrayants et les décors mobiles astucieux. C’est un spectacle réjouissant et non dénué de profondeur.
Qui sommes-nous profondément sous nos costumes d’arlequins ?
Alexandre Dumas et Jean-Paul Sartre nous amusent, nous questionnent et nous régalent de beaux mots.
Un très agréable moment de théâtre.
6 juin 2019
9/10
2 0
J'ai beaucoup aimé cette pièce : les acteurs, tout particulièrement A. Desseaux et J. Thibaudat très présents, ainsi que les autres comédiens dont les prestations sont tout aussi excellentes, la mise en scène d'A. Sachs, les décors (ainsi que le rythme donné lors des changements d'actes), et bien sûr ce texte d'A. Dumas remanié par J-P Sartre où l'on perçoit la fragilité entre la vie et les rôles d'acteur.

Je suis passée par toutes les émotions et je pense revoir ce spectacle très prochainement !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor