Justice

Justice
De Samantha Markowic
Mis en scène par Salomé Lelouch
Avec Océanerosemarie
  • Océanerosemarie
  • Samantha Markowic
  • Naidra Ayadi
  • Fatima N'Doye
  • Alix Poisson
  • Judith el Zein
  • Théâtre de l'Œuvre
  • 55, rue de Clichy
  • 75009 Paris
  • Place de Clichy (l.2, l.13)
Itinéraire
Billets de 25,00 à 48,00
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Face à la justice. Interrogatoires, témoignages, scènes d’audience : toutes ont, un jour ou l’autre, été confrontés à la justice.

L'auteur Samantha Markowic et la metteur en scène Salomé Lelouch inventent une reconstitution théâtrale de l’appareil judiciaire, en nous plongeant au cœur d’une justice en temps réel, celle des comparutions immédiates.

Porté par une distribution 100% féminine avec en alternance Camille Cottin, Camille Chamoux, Océane RoseMarie, Naidra Ayadi, Fatima N’Doye, et Samantha Markowic, Justice dresse un portrait sans concession de notre société.

Un spectacle coup de poing, plein d’humanité.

 

Salomé Lelouch avait écrit et mis en scène la pièce de théâtre sympathique Politiquement Correct en 2016. 

Océanerosemarie était à l'affiche dans le one woman show Chatons Violents. Camille Chamoux et Camille Cottin sont également des humoristes.

Naidra Ayadi est actrice de théâtre et de cinéma.

290

La critique de la rédaction : 8/10. Une pièce émouvante, intéressante et parfois hilarante.

Au même titre que celui qui a inventé le bateau a inventé le naufrage, celui qui a inventé la justice a inventé l’injustice. Les trois actrices interprètent une multitude de personnages, de faits divers en nous montrant qu’ils sont à la fois banals, à la fois assez uniques pour mériter d’être étudiés en détails.

La superbe mise en scène donne de la force au texte, nous immerge dans les histoires, accentue nos émotions.

Nous avons vu la distribution avec‪ Océanerosemarie, ‬Fatima N’Doye, ‪mais surtout avec Naidra Ayadi qui joue remarquablement chacun de ses personnages. Elle passe et fait passer les spectateurs du sérieux, aux rires, aux larmes.‬
‪Les comparutions du chocolat chaud avec les enfants et du violent bizutage sont les plus troublantes.‬

Des idées sont soulevées, de quoi débattre à la sortie du théâtre.
C’est notre premier coup de cœur de 2018.

Note rapide
Toutes les critiques
Alors ?
Du voleur d'un téléphone au dealer de drogue, de l'homme à qui on retire la garde de son fils à l'homme envoyé en séjour psychiatrique, en passant par le jeune fraichement converti à l'islam radical, le pouvoir régalien régale le public avec des saynètes tristement ordinaires au sein d'un palais de justice. Entre cour des miracles et vaste panorama du code pénal, le profane du droit aura une idée de ce qu'est une comparution immédiate, un procureur de la République ou encore un avocat commis d'office. Il retiendra le coût d'un détenu en prison. Il saisira les enjeux et s'offusquera peut-être du système judiciaire. La mise en scène déverse les nombreux dossiers (je pensais au début qu'il s'agissait d'un empilement d'épitoge parisienne, c'est-à-dire, dépourvue de fourrure). Le poids des affaires, l'impossibilité d'être une justice rapide (sauf à être expéditive), les papiers sur lesquels le juge s'assoit tel un empereur sur son trône, sont autant d'images et de symboles bien trouvés. Le trio de comédiennes (pour la représentation que j'ai vue avec Samantha Markowic, Alix Poisson et Judith El Zein) se plie à différents rôles, tantôt du côté de l'ordre, tantôt du côté obscur.

L'aspect manichéen est brouillé pour en conclure que la justice est une machine à broyer.
24 oct. 2018
7/10
22 0
Une pièce montée sobrement et efficacement. Les scènes se suivent avec rythme et les personnages défilent, les comédiens et comédiennes interprétant tantôt les accusés tantôt le personnel de justice.

Quelques scènes font sourire mais l'ensemble fait plutôt état d'une justice impuissante face à certaines situations (personnes déséquilibrées par exemple) et assez aveugle.
N'étant pas experte du domaine, disons que cela questionne au moins.
18 sept. 2018
6,5/10
71 0
Il y a du rythme mais cette pièce reste caricaturale, comme l'a dit Agathe.
Ces courtes scènes ne donnent que des constats ; en revanche, les jeux de Fatima N’Doye et de Naidra Ayadi m'ont plu.
25 avr. 2018
9/10
187 0
Je suis allée voir hier Justice, écrit (et joué) par Samantha Markowic au Théâtre de l'Oeuvre, mis en scène par Salomé Lelouch. Plus que 2 représentations, à 16 h et 21 heures aujourd'hui. C'est prodigieux de justesse (oui c'est le mot) et interprété avec immense talent. C'est rythmé, intelligent. Le spectacle dégage une grande humanité et le texte est pourtant sans concession. La démonstration est brillante. Le théâtre du vrai peut être aussi du vrai théâtre. Bravo. Courez-y ! Et espérons une reprise ultérieure.

Parce qu'elle a été confrontée à la justice, Samantha Markowic a eu envie de travailler sur des interrogatoires, des témoignages, et des scènes d’audience, que Salomé Lelouch a mis en scène en nous plongeant au cœur d’une justice en temps réel, celle des comparutions immédiates. Elle avait très bien réussi à dénoncer ce que cachait le Politiquement correct à la Pépinière il y a deux ans et j'étais sure que cette nouvelle mise en scène serait une autre forme d'interpellation.

Je deviens dingue, voilà ce que répètent les trois comédiennes en écho sur tous les tons toutes ensemble, campées sur leurs jambes, droites devant le rideau de fer. Je me suis fait taper, putain, et il a un sursis. On attend la seconde ? C'est quoi cette justice ?

Une des bonnes idées du spectacle est de faire jouer les fonctions de procureur de la République, d'avocat et de prévenu (homme ou femme) uniquement par des femmes, dans un domaine si masculin. Elles sont donc trois comédiennes qui changent de rôles entre les scènes, démontrant que tout le monde peut un jour ou l'autre être de l'un ou de l'autre coté de la barre. Rien n'est tranché et la justice est une machine à broyer.

C'est par contre un peu énervant, cette valse des têtes d'affiche, qui fait qu'on vient pour quelqu'un alors que c'est un(e) autre qui est sur scène ... J'aurais bien aimé voir Camille Cottin mais je dois dire que la distribution de ce soir était excellente et fonctionnait parfaitement (Samantha Markowic, Aidra Ayadi et Camille Chamoux). Il y a pire vous me direz quand un acteur est nominé Meilleur comédien aux Molières pour un rôle ... où il est remplacé par un autre ...

Lorsque s'ouvre le rideau de fer, on les découvre assises, sur ce qu'on devine être des piles de dossiers, format A3, en feutre noir qui composeront les meubles, les murs et où l'on puisera les affaires qui seront rendues ... en comparution immédiate, avec la particularité que dans ce type de justice, on ne juge que l'acte, pas la personne. Le décor est saturé de dossiers et c'est une excellente idée d'avoir évité l'écueil de la reconstitution.

Le vocabulaire est très précis. C'est celui de la justice que pour une fois on comprend, parce que la mise en scène et l'interprétation la rend intelligible, ce qui ne signifie pas qu'on valide le verdict. Le spectateur est ainsi toujours en alerte au profit du jeu des comédiennes et du texte qui fait souvent l'effet d'une bombe et que l'on jurerait (à tort) pour partie improvisé tant il est vivant :
- Evidemment si on compare les 80 € que coute une journée de prison aux 800 d'une journée en hôpital psychiatrique c'est vite emballé et pesé.
- Une sortie sèche de prison, les statistiques sont formelles, c'est 90% de récidive assurée (On se dit que tout ce petit monde pourrait faire un tour en maternelle. Les enseignants le savent bien que punir un enfant ne sert pas à grand chose, juste à apaiser la victime). A ce compte là il est logique que le personnage de Mohamed Ali réapparaisse régulièrement.

Mais le public apprécie aussi des moments de poésie avec par exemple la légende tzigane du quatrième clou qui n'a pas transpercé le corps de Jésus, et qui donc a accordé, en sorte de remerciement aux gitans le droit de mentir et de voler.

Le portrait de notre société est sans concession. On éprouve de l'empathie envers les délinquants autant que pour ceux qui font la justice et qui ne perdent pas leur passion. Chacun se sent concerné, ayant forcément vécu une des scènes ou connaissant un de ses proches qui a été emporté dans ce tourbillon, comme victime ou comme prévenu. Les chiffres donnés à la fin semblent surestimés et pourtant non : 75000 homicides volontaires chaque année, un peu plus d'un millier de viols, 95 000 conduites en état d'alcoolisme, 65 000 sous l'emprise de stupéfiants (des chiffres sans doute en deça de la réalité puisque pas vu pas pris), 275 379 peines de prison.

Combien de fois il sera nécessaire de marteler que le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit ?

Justice est un moment de théâtre très fort, qui fait réfléchir mais qui remplit tout à fait aussi sa mission de divertir. C'est du grand théâtre.
29 mars 2018
7,5/10
173 0
Pour ceux qui s’attendent à une diatribe virulente en bonne et du forme de notre système judiciaire, passez votre chemin car vous serez déçu.

En revanche, JUSTICE dénonce à travers de courtes histoires, la fragilité de notre système, qui rend justice sans prendre en compte l’humain, qui juge parfois vite. Le signe le plus probant, cette « formidable » comparution immédiate qui était censée désengorger les couloirs des tribunaux mais à quel prix.
C’est une démarche subtile et efficace doublée d’une mise en scène sobre mais percutante.

Bravo aux comédiennes qui retranscrivent par leur jeu et la diversité de leurs personnages, la complexité d’une partie de notre système judiciaire.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor