Joséphine B.

Joséphine B.
  • La Scène Parisienne
  • 34 rue Richer
  • 75009 Paris
  • Cadet (l.7)
Itinéraire
Billets à 28,00
À l'affiche du :
17 septembre 2020 au 3 janvier 2021
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 15:00
    • 19:00
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Le mythe de Joséphine Baker revient 100 ans après au Théâtre de la Scène Parisienne pour nous raconter son extraordinaire destin et les combats de sa vie contre toutes les formes d’intolérances et de discriminations.

Sujet qui est toujours brûlant d’actualité. Retournons dans les années 20 sous les rythmes endiablés du Charleston et du Lindy Up, dans un spectacle pétillant admirablement incarné, dansé et chanté par deux comédiens uniques en leur genre.

Dernière création de l’auteur et metteur en scène Xavier Durringer.

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5 oct. 2020
8,5/10
23
La ceinture de bananes, la voix un peu nasillarde avec un accent forcé, les fesses en arrière, les grands yeux qui louchent pour faire rire, la chanson « J'ai deux amours », et après ?

Que sait-on vraiment de Joséphine Baker, à part ces clichés et ces célébrissimes images ?
Pas grand chose, en vérité...
Que sait-on de l'artiste, et surtout de l'être humain intime Freda Joséphine McDonald ?

Le touche-à-tout multi-casquettes Xavier Durringer a eu l'excellente idée de creuser pour nous le sujet, et surtout de proposer le rôle à quelqu'un avec qui il a notamment déjà travaillé en 2019 pour la télévision dans le film Un mauvais garçon, je veux parler de la comédienne Clarisse Caplan.

Comédienne, mannequin, chanteuse, danseuse, elle aussi a plus d'une corde à son arc.
Nous l'allons constater très rapidement.

Nous entrons dans la salle du bas de La scène parisienne, pour apercevoir un plateau avec un lointain au fond métallique, avec à jardin un petit cheval d'arçons, et à cour un cornet à piston posé au sol.
De chaque côté, un porte-manteau avec des vêtements.

Dans les enceintes, est diffusé un medley jazzy de tubes, de scies des années folles : C'est mon homme, Ma tonkinoise, Avoir un bon copain, Tout va très bien Madame la Marquise, etc, etc...

Les décors visuel et sonore sont plantés.
Ne manquent plus que les personnages.

Melle Caplan pénètre sur scène dans le costume du personnage principal à la fin de sa vie.
Une dame âgée va se souvenir, elle va nous dire, elle va nous raconter. Se raconter.

Elle va surtout nous sidérer, nous stupéfier et nous enchanter !
C'est bien simple, j'ai été complètement bluffé par son interprétation, par SA Joséphine.

Ce qu'elle va faire force le respect.

La jeune femme a bien des talents.
Elle est totalement crédible dans la peau de Melle Baker.
Physiquement, certes, (on comprend bien, mais alors très bien pourquoi Melle Caplan est mannequin), mais également vocalement et chorégraphiquement.

Elle danse sans ménager sa peine les célèbres chorégraphies, les charlestons et les lindy-up sont bien là, elle interprète également de bien belle manière certaines chansons, mais surtout, elle fait résonner les mots.

J'ai été totalement convaincu par le mélange d'ingénuité, de naïveté, mais aussi de rouerie, d'espièglerie qu'elle insuffle à son personnage.

Que ce soit dans le registre humoristique ou bien plus émouvant, plus tendre, elle est totalement crédible, dans cette ambivalence psychologique.
Elle parvient à restituer les blessures intimes de la grande artiste, elle sait nous toucher avec le récit de l'enfance battue, humiliée, les souvenirs du racisme et de la ségrégation, des émeutes raciales (on ne peut que faire le lien avec l'actualité Black Live Matters...), les pans de l'histoire en marche, avec des personnages tels que Martin Luther King ou Rosa Parks.

Sans angélisme, pathos ou béatitude de mauvais aloi, elle nous restitue finement cette personnalité à la fois complexe et très attachante.

A cet égard, l'écriture de Durringer fait à chaque fois mouche. Comme d'habitude.
De bien belles formules drôles, spirituelles, émaillent l'heure et demie que dure le spectacle.

Clarisse Caplan n'est pas seule sur scène. Nous faisons connaissances d'une multitude d'autres personnages.
Ces personnages, hommes, femmes (sa Caroline Dudley Reagan est formidable!), tous sont interprétés par Thomas Armand, avec souvent une faconde, une vis comica, des accents qui nous tirent bien des rires.
En M. Loyal, dans le rôle de plusieurs maris, en danseur, en boy, il est également totalement crédible.

Lui aussi sait danser et jouer la comédie.
Le duo fonctionne à la perfection, les deux artistes, dirigés très finement et très précisément par l'auteur en personne.

Ils seront donc logiquement et durablement très applaudis.

Au lointain sont projetées des images vidéo fixes, qui grâce aux reflets métalliques du fond, semblent s'animer. L'effet est très réussi.
Mention spéciale également aux beaux costumes, notamment ceux de la scène du music-hall.

C'est bien simple, je défie quiconque en sortant de la salle de ne pas avoir envie de fredonner ou siffloter un extrait des chansons écoutées, en repensant à ce qu'il ou elle vient de voir.

Voici donc un spectacle très réussi, qui éclaire très justement et très finement le destin d'une femme hors du commun.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor