John (Mouawad)

John (Mouawad)
De Wajdi Mouawad
Avec Stanislas Nordey
  • Stanislas Nordey
  • Théâtre des Quartiers d'Ivry
  • 69, avenue Danielle Casanova
  • 94200 Ivry-sur-Seine
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Ce texte, un des tout premiers écrits par Wajdi Mouawad en 1997, est mis en scène par Stanislas Nordey dans une esthétique volontairement minimaliste et frontale.

Il nous invite à pénétrer dans la tête et dans le corps de John, un être bien vivant qui exprime sa solitude, son désespoir, sa colère.

A l’origine de ce texte, il y a une commande dont le thème était l’intolérance. Wajdi Mouawad a choisi de retourner cette question pour défricher un terrain peu exploré : l’intolérance envers soi-même. Qu’est-ce qui fait que tant de jeunes gens ne supportent plus “ la vie ” ? Pour moi, le suicide n’est pas le sujet de la pièce. Il est la conséquence d’un état général qu’on peut appeler le mal-être, mais ce qui est surprenant chez John, c’est qu’il l’exprime avec une vitalité immense.

Au point qu’on pourrait se demander : est-ce qu’il a de vraies raisons de mettre fin à ses jours ? Cette question nous renvoie à une autre tout aussi essentielle : comment mesurer la douleur de quelqu’un ? Comment mesurer l’impact de ce qu’on pourrait qualifier de petites phrases, de petits faits ? Qu’est ce qui donne envie de dire stop à tout ?

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11 avr. 2019
7,5/10
2 0
Assis devant une caméra dans sa chambre d'étudiant, un décor gris crayonné, un adolescent (Damien Gabriac) se livre à un exercice profondément dérangeant: énoncer les motifs qui l'ont convaincu de mettre fin à ses jours...
Il veut laisser à sa famille une parole pleine de rancœur, de haine et d'amertume.
Des cris, des pleurs, des lamentations, rien ne nous est épargné ; c'est dérangeant, peut-être trop.
Texte parfois un peu trop répétitif...
10 avr. 2019
8,5/10
33 0
« Criss de criss, j'ai d'la peine, j'sais pas quoi faire avec ! », hurle John, qui nous lance ce cri de désespoir en pleine figure !
Et ce, par le biais d'une adresse à ses parents, sous forme d'un message vidéo qu'il est en train d'enregistrer.

« C'est plutôt ça, la vie. Avoir mal. S'habituer à avoir mal. »
Lui, a décidé de ne plus s'habituer. Ce message est un testament. Cet adolescent va se suicider.

Il crève de solitude, d'incompréhension, de haine envers ses parents. Sa mère n'a pas de cœur, dit-il, elle a une brique dans le corps.

Une fois le passage à l'acte accompli, sa sœur Nelly lui succédera sur la scène, alors que John n'avait pas fini d'écouter le Canon de Pachelbel, évocateur de l'un des rares moments de bonheur de l'adolescent.

John est une pièce de jeunesse de Wajdi Mouwad, écrite en 1997. C'est l'un de ses tout premiers textes.
Il réside alors au Québec, et est invité par une troupe théâtrale à traiter de l'intolérance.

Il va alors s'apercevoir de l'importance du taux de suicide chez les jeunes âgés de 13 à 17 ans.
Il donne donc vie – et mort – à un adolescent prénommé John, un prénom passe-partout de l'autre côté de l'Atlantique.
Ce sera une pièce traitant de l'intolérance envers soi-même...

Soyons réaliste, cette pièce n'est pas la plus aboutie de Mouawad.
Il faut voir ce personnage comme une esquisse des futurs héros des pièces à venir, comme Loup, dans Forêts, ou encore les jumeaux Simon et Jeanne dans Incendies.

Stanislas Nordey a choisi de monter cette pièce parce qu'il voulait donner à découvrir « le premier Wajdi », et pour une autre raison : il s'est aperçu que le suicide est toujours l'une des principales causes de mortalité chez les adolescents.

Damien Gabriac est cet ado.
Le comédien, que l'on connaît bien pour son travail au sein de la Piccola familia, la compagnie de Thomas Jolly, le comédien est impressionnant.
Son personnage est sidérant de puissance, de colère, de désespoir, de haine envers ses parents.
« Dans ce genre de spectacle, [nous dit Nordey], tout repose sur l'endroit où tu veux amener le comédien ».

Ici, cet endroit est très loin.
Il faut aller chercher très loin pour sortir toutes ces émotions extrêmes, exacerbées.
C'est un véritable coup de poing que le jeune comédien nous assène. A tel point que j'ai été complètement étonné de le voir tout souriant, lors du salut final.

Le rôle qu'interprète Julie Moreau demande plus de retenue. Elle parvient tout à fait à nous transmettre le ressenti de cette sœur aînée.

Il ne faudrait pas passer sous silence le fait que cette pièce de jeunesse est une pièce également pour les jeunes.
C'est ce qu'ont bien compris les professeurs du lycée Hector-Berlioz de Vincennes qui emmenaient hier leurs élèves voir ce spectacle.
Nul doute que le débat qui s'ensuivra en classe sera passionnant.

L'accès à la culture peut peut-être parvenir à faire en sorte que les suicides chez les jeunes se raréfient.
Comme l'écrit le metteur en scène : « Peut-être que s'il avait lu Dostoïevski, il n'aurait pas eu besoin de passer à l'acte. »

Je vous conseille vivement de venir au Centre Dramatique National du Val de Marne, au Théâtre des quartiers d'Ivry, afin de découvrir cette pièce, qui n'est toujours pas éditée.
C'est véritablement une gifle dramaturgique en pleine figure qui vous attend.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor