Hypo

Entrez dans l’univers désopilant, sensible et drôle d’un jeune hypocondriaque confronté à notre monde !
Il est hypocondriaque, sa famille l’a surnommé Hypo.

Parvenu à sa majorité, il va lever le voile sur une histoire aussi drôle que touchante, la sienne. Les deux coffres à jouets de sa chambre d’enfant vont déborder de souvenirs, tels des cornets à surprises.

Pour nous tous, le long chemin depuis ce qu’Hypo appelle « la caverne », jusqu’à la vie d’adulte, est rarement de tout repos. La croissance, la puberté, l’école, les parents, les premiers émois… On n’y est jamais préparé, et lui, encore moins.

Peurs, doutes, exaspérations et fantasmes sont savamment dosés dans ce spectacle mêlant névrose et paranoïa, sans jamais perdre le sens de la dérision.

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12 nov. 2018
7/10
1 0
Hypo ... comme hypocondriaque, un terme plutôt fréquent en ce moment depuis la parution du dernier livre de Michel Cymes.

Nous le sommes tous un peu. L'inquiétude fait partie de notre quotidien. Mais Lucas Andrieu interprète un champion toutes catégories.

Lucas Andrieu se donne complètement dans son rôle qu'il présente aux spectateurs à la sortie de la salle alors qu'on le penserait en loge en train de se préparer. On se croirait au festival d'Avignon, dans cette ambiance débordante d'énergie.

Une fois sur scène son premier geste sera de se frotter les mains avec une solution hydroalcoolique ... Il est bien dans la peau du personnage, surnommé Hypo par sa famille.

Il joue sans décor mais avec deux grosses malles qui contiennent un bazar comme tous les coffres à jouets qu'il se met à ordonner (car il est maniaque, cela va de pair avec son obsession), nous expliquant l'origine étymologique du mot, signifiant "sous le cartilage des côtes", un endroit qui longtemps n'a pas pu être palpé par les médecins. Leurs douleurs restaient inexpliquées alors qu'i s'agissait sans doute de coliques vésiculaires ou de calculs biliaires. Les symptômes étaient donc bien réels mais les malades n'étaient pas pris au sérieux.

Une telle nouvelle angoisse notre jeune homme bientôt calmé par une grosse bouffée de Ventoline, qui est sans doute le médicament le plus consommé par les hypocondriaques. Il a peur de s'étouffer avec une gélule (il n'est pas le seul je pense) et nous sort sa collection de sirops qu'il dispose devant un poster de son héros, dont il ne nous donne pas l'identité mais on reconnait le Docteur House. Il parait que la diffusion des épisodes de la série (comme Urgences) provoque toujours une affluence de patients dans les hôpitaux.

Chaque objet correspond à un souvenir. Il commence par une naissance (pardon, une sortie de la caverne) pas désirée (par lui) et les figurines voltigent dans un grand délire.
Le garçon nous raconte une enfance ponctuée de doutes et d'angoisses qui lui valent d'être vite étiqueté par son paternel comme "un emmerdeur" mais où l'on se reconnait pourtant parfois. Je connais bien d'autres enfants qui comme lui étaient effrayés de se lancer à vélo.

Il a bien raison de demander de la viande grillée, des légumes nature et du fromage blanc sans coulis ... mais à dix ans, une telle maturité a de quoi surprendre. Tout est question de mesure et lui dépasse les bornes plus souvent que la moyenne, serrant le Vidal dans ses bras comme on le ferait d'un doudou alors que Jim Morrison chante The end ... tout est sujet à craindre la fin du monde.

Comme si l'hypocondrie n'était pas un handicap suffisant, le garçon est également agoraphobe et le moindre trajet en autobus devient un rodéo urbain. Ses parents ont une vie qui n'est pas pour le rassurer et la psychologue qui l'aide à formuler ses fantasmes va déménager. Resteront sa tante ... le précieux Vidal, et la découverte d ela philosophie.

Tout est grave mais rien n'est tragique. Rien n'est perdu. Les deux caisses de souvenirs sont rangées dans des boites vintage estampillées Fly the World, autant dire que le spectacle se termine sur note note optimiste. On rit beaucoup et on réfléchit aussi.
21 août 2018
7,5/10
33 0
Cette pièce à un seul personnage a le mérite d’avoir un texte fin et une folie drolatique communicative. Elle nous présente un être d’emblée attachant par ses faiblesses et ses angoisses qui font échos aux nôtres.

Nul besoin d’être hypocondriaque pour se sentir concerné, c’est avant tout notre rapport au monde extérieur qui est abordé avec malice. Au fur et à mesure, les couches se relèvent pour dévoiler un parcours initiatique touchant. On assiste à la naissance d’un adulte qui laisse ses peurs d’enfants pour aborder la vie.

L’interprétation de Lucas Andrieu apporte une plus-value au texte. Du haut de ses 21 ans, il joue de son physique juvénile et de son visage enfantin pour incarner Hypo dans toute sa vérité. On ne pense jamais au comédien mais toujours au personnage. C’est le principe du théâtre me direz-vous, mais il n’est pas rare que les jeunes acteurs éprouvent le besoin de rendre visible l’étendue de leur jeu. C’est avec le temps qu’on apprend à incarner. Lucas Andrieu n’a pas ce problème et se met au service de son personnage. Il déploie une énergie impressionnante et retient l’attention tout au long de la pièce. On ne décroche jamais. Il est drôle, espiègle, tourmenté : il nous rappelle l’enfant qu’on a été.

Afin de nous plonger pleinement dans le monde de l’enfance, Xavier-Adrien Laurent a eu la très bonne idée d’axer sa mise en scène autour de jouets que Lucas Andrieu sort d’un grand coffre. Nous avons l’impression d’être dans la chambre d’Hypo où il décide de nous raconter son histoire, figurines et fioles de médicaments à l’appui. La psyché du personnage devient physique et sert de support à l’imagination.

Hypo est une belle surprise tant cette pièce ne donne pas toutes ses clefs dès le départ. Elle déploie avec ingéniosité sa drôlerie poétique et le talent indéniable de son comédien. Elle sert d’écrin idéal à Lucas Andrieu qui nous démontre qu’il va faire partie des gens à surveiller dans ce métier. Il a beaucoup à offrir et son art est déjà bien développé à son jeune âge. On ose imaginer ce que cela sera dans quelques années.
5 août 2018
7/10
41 0
Ce jeune comédien a trouvé le bon texte et la bonne histoire à raconter. Il s'approprie avec enfièvrement l'histoire d'Hypo, comme le surnomme ces parents.

On va suivre le parcours d'un hypocondriaque. Ce n'est pas facile de vivre avec un enfant qui a peur de tout et tous le temps. Heureusement qu'il y a tati purée qui souffre de la même chose et qui possède chez elle un Vidal. Le monde change et tout comme son corps. L'évolution va se montrer aussi grâce à la mise en scène très ingénieuse avec les objets cachés dans les deux coffres posés sur scène. Le tout mené tambour battant par Lucas Andrieu.

Même si parfois, j'ai eu l'impression que le texte était plus raconté qu'incarné, il ni a aucun doute que ce jeune homme est un passionné très talentueux.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor