Ensemble vocal Inchorus

Evénement plus programmé pour le moment
Achat de Tickets

En juin 2019, InChorus faisait partie de Grand Chœur du “Concert Monstre”, à la Philharmonie de Paris. Un concert à l’effectif impressionnant, une production grandiose à l’occasion des 150 ans de la mort d’Hector BERLIOZ.

Note rapide
0 critique
Note de 1 à 3
0%
0 critique
Note de 4 à 7
0%
1 critique
Note de 8 à 10
100%
1 critique
1 mars 2020
9,5/10
18
« Retenez bien ce nom, Mesdames et Messieurs : Inchorus ! »
Mais comme elle a raison, Fanja Rahajason, la directrice musical du festival L'Haÿ en Chœurs, lorsqu'elle nous prodigue sur scène ce conseil à l'issue de sa désannonce du concert !

Retenons bien le nom de ce remarquable et très jeune chœur de chambre a capella.

C'est en effet une première et puissante impression de jeunesse qui se dégage dès l'arrivée sur scène des quelque vingt-deux chanteurs.
Une raison à cela : tous ces musiciens viennent du CNJ, le Chœur National des Jeunes.
Ils ont décidé en 2018 de devenir autonomes afin de créer leur propre ensemble, à vocation professionnelle.

Robe ou tenue de soirée noire pour les filles, chemise blanche et fines bretelles pour les garçons, tous s'installent sur le plateau de l'auditorium Dispan de Floran.


Leur chef, choisi par eux, vient les rejoindre sous les applaudissements.
Pascal Adoumbou, puisque c'est lui, est un tout jeune (lui aussi...) chef de chœur professionnel, diplômé d'état de direction d'ensembles vocaux, avec également en poche un Master de Direction de Chœur au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon.

Le programme de ce soir sera intitulé « le sable du temps », un choix de pièces faisant référence au temps qui passe, l'urgence du temps, ou encore le temps qui apaise ou panse les blessures.

Ces pièces chorales seront issues des XXème et XXIème siècles, Inchorus ayant fait de ce répertoire contemporain une matière de prédilection, même si l'ensemble ne s'interdit pas d'aborder d'autres époques musicales.

La première œuvre de ce programme va immédiatement démontrer la grande maîtrise vocale, et surtout la grande précision des chanteurs.
Il s'agit de « O Emmanuel », du jeune (quand on vous dit...) compositeur slovène Andrej Makor.

Ici, les chanteurs vont rester le plus souvent dans le registre du pianissimo.
Ce choix de début de programme peut paraître au premier abord un peu étrange, on commence souvent par une œuvre plutôt « éclatante », mais ce choix-là va se révéler fort judicieux.

Ce que nous allons entendre force d'emblée le respect.


La difficulté technique générée par la douceur de ces premières notes et leurs proches intervalles, leur justesse absolue, la suavité, la rondeur, l'impressionnante maîtrise vocale sont immédiatement perceptibles.
Nous avons vraiment affaire à des musiciens accomplis qui nous plongent dans la grâce aérienne et presque onirique de cette première pièce.

Les morceaux suivants confirmeront cette maîtrise vocale.
Une vraie cohérence dans les tessitures, une grande homogénéité, une très belle « pâte sonore » vont se dégager durant toute l'heure que durera de ce concert.

Beaucoup de nuances, d'ampleur, beaucoup de précision technique (je me répète, mais il le faut), beaucoup de détails même peu perceptibles ravissent le public : l'impressionnant silence qui règne dans la salle le prouve.
Un silence qui suit même chaque interprétation, comme si nous ressentions le besoin de prendre le temps de « redescendre » après chaque titre, avant d'applaudir, afin de mieux le savourer.

J'ai particulièrement été enthousiasmé par l'interprétation de la pièce « Drei Französiche Chöre », du compositeur Werner Egk, reprenant des poèmes de Charles de France, ainsi que le « Dum Medium Silentium » du compositeur lituanien Vyautas Miskinis, sans oublier le titre d'Astor Piazzolla, « Adios Nonino ».

Toutes ces œuvres, qu'elles soient profanes ou sacrées, sont des pièces très exigeantes.
Il est hors de question de les aborder sans une solide formation et surtout un grand talent.
Ici, c'est pleinement le cas.

Le concert se terminera avec une remarquable version du « And so it goes », du chanteur Billy Joël, arrangée quasiment en gospel.
Les spectateurs n'en mènent pas large devant tant de beauté.
Impossible de ne pas ressentir des frissons dans le dos et les avant-bras...

Il faut noter le grand humour du « patron » : Pascal Adoumbou a une manière bien à lui de présenter le répertoire. Nous rions beaucoup.

J'en veux pour preuve sa façon de nous annoncer le rappel, « Nyon nyon », de l'Américain Jake Runstead, avec, nous dit-il, une « impressionnante chorégraphie ».

Ce rappel, très rythmique, comportant de nombreux et somptueux glissandi, avec un accompagnement parfois de claquements de mains et de bretelles (si si...) enchantera une dernière fois les oreilles du public de connaisseurs.

Au final, applaudissements nourris et standing ovation.
Quoi de plus logique et de plus normal !

Ne manquez surtout pas les prochains concerts d'Inchorus !
Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas !
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Musique
Talent des artistes
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor