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Désordres

Désordres
  • Manufacture des Abbesses
  • 7, rue Véron
  • 75018 Paris
  • Blanche (l.2)
Itinéraire
Billets à 14,00
À l'affiche du :
27 août 2020 au 11 octobre 2020
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 17:00
    • 21:00
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Sarah et Thomas, deux quarantenaires actifs, motivés, « forment un couple que l’on pourrait qualifier de réussi ». Mais une image peut-elle résister aux épreuves ?

Pour nous (et pour eux) ils revisitent leur(s) histoire(s) et nous en partagent, au fil et au gré de leur mémoire, les temps forts, les moments qui les ont impactés, qui ont fait bouger les lignes…

Ils vont tour à tour nous livrer leurs questionnements, leurs pensées les plus inavouables. DÉSORDRES c’est la vie. C’est le récit de cette confrontation à l’autre, aux regards extérieurs, mais surtout à soi-même.

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Toutes les critiques
31 août 2020
8/10
22
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Nous, c'est toi et toi ?
Allez savoir...

Le couple... Vaste sujet...
Bien des auteurs et autrices se sont emparé·e·s de ce sujet à priori dramaturgiquement inépuisable...

C'est ce foisonnement de traitements passés qui rend périlleux l'approche d'une nouvelle écriture consacrée à cette thématique à la fois si commune et si particulière dans son unicité.

Yamina Hadjaoui n'a pas craint de s'essayer à l'exercice et a réussi à nous proposer soixante-cinq minutes passionnantes.
Le couple qu'elle nous présente est à la fois unique et universel.

Sarah et Thomas sont ces deux quarantenaires apparemment resplendissants, surtout aux yeux des autres. Lui est patron d'une concession automobile, elle est juriste.
Nous allons assister à la face cachée de leur histoire, ce que leurs proches ne soupçonnent pas, ce qui constitue l'intimité commune (ou pas) de ces deux personnages.


Du début jusqu'à la fin de ce couple, (mais sera-ce vraiment la fin.....) rien ou presque ne nous sera tu.

La première qualité du traitement du sujet tient à la construction de la dramaturgie.
Yamina Hadjaoui dynamite purement et simplement le code temporel.
Nous allons assister à une succession de courtes saynètes, des moments clefs de la vie commune (ou pas) des deux protagonistes.

C'est à nous de faire le job. A nous de reconstruire le désordre de ce qui s'est passé, à nous de relier les différents événements, à nous de remettre un peu de cohérence dans tout ça.
Je me suis très vite pris à ce jeu de « spectateur actif » qui doit analyser rapidement la situation présentée et reconstituer le fil temporel de l'histoire.

La deuxième grande qualité de l'entreprise, c'est la façon qu'a Melle Hadjoui de nous raconter tout ceci.
Car oui, il ne faut pas de voilà la face : le sujet est « casse-gueule ».

Grâce à son écriture percutante, incisive, grâce aux moments de grande tension (voire de violence) qui succèdent à des moments très drôles, j'ai été complètement pris par cette fable sociétale.

Oui, nous rions souvent, grâce surtout aux dialogues qui font très souvent mouche.
Des répliques sont épatantes, certaines scènes constituant de remarquables moments de comédie, comme celle se déroulant dans la salle d'attente du cabinet du gynécologue.

On sent de la part de Yamina Hadjaoui une grande habitude et une certaine volupté à faire parler et surtout dialoguer des personnages.

Et puis, bien entendu, pour que tout ceci puisse fonctionner à la perfection, il fallait deux comédiens d'une irréprochable justesse.
Oriane Blin et Boris Khavadjian sont ces deux comédiens-là.

Les deux, mis en scène avec une grande pertinence par Swan Demarsan, sont totalement crédibles.
La palette de jeu des deux est suffisamment étendue pour que nous soyons totalement accrochés à ce qu'ils nous disent, ce qu'ils nous montrent.

Tour à tour drôles, tendres, violents, insouciants, graves, odieux, les émotions et les sentiments qu'ils nous communiquent sont vrais, sincères.
Je vous conseille de regarder celui des deux qui ne parle pas. Ceci vous révèlera un signe qui ne trompe pas : la façon qu'a celui ou celle qui reçoit le texte de l'autre nous prouve l'intensité du jeu.


Ce qui a importé au metteur en scène Swan Demarsan, ce sont ses acteurs.
Pas de grands décors, pas de luxueux accessoires. Les comédiens, on vous dit !

Trois chaises qui seront subtilement utilisées et déplacées, un ou deux imperméables, un sac un main, un coussin, et le tour est joué.
Et puis, ce qui me ravit, moi, c'est l'absence de noirs-plateaux, que j'aime de moins en moins...

Ici, les changements entre les saynètes sont à vue, et exécutés par les deux comédiens. C'est d'ailleurs ce qui contribue à nous demander ce qui va se passer dans la scène suivante.
Tout ceci est fort judicieux.

Une sorte de structure circulaire, élaborée par Chouchane Abello-Tcherpachian, surplombe le plateau de la Manufacture des Abbesses, et semble symboliser cette histoire, à la fois finie et infinie, à la fois interminable et cyclique.

On l'aura compris, voici donc un bien beau moment de théâtre.

Ces désordres sont ordonnés de très belle façon. Et réciproquement !
28 août 2020
10/10
0
Excellente pièce dans laquelle chacun se reconnaitra peut-être...
Les répliques fusent, l'analyse du couple est vraiment pertinente et très bien servie par les acteurs. C'est profond et drôle à la fois. La mise en scène, intelligente, est le miroir du texte. Et c'est vraiment drôle !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor