Coup de sifflet

Coup de sifflet
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  • 15, rue du Maine
  • 75014 Paris
  • Montparnasse (l.4, l.6, l.12, l.13)
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Coup de sifflet de François Rivière est un huis-clos haletant entre une victime et son bourreau dans le Paris de l’Après-Guerre

Paris, 1956. Un soir, un commissariat. Louise Rouvier, victime ou coupable ?

Un soir, un commissariat. Louise Rouvier porte plainte auprès d’un jeune policier. Sa déposition bouleverse les idées reçues d’une société patriarcale, encore empreinte du grand traumatisme mondial. Victime d’un mari manipulateur, elle fuit le domicile conjugal. Son départ ne marque pas seulement le début de son émancipation, il exhume une vérité honteuse qui inversera radicalement le rapport de force.

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3 juil. 2022
8/10
6
1956, Louise Rouvier, sa valise à la main, entre au commissariat, elle pleure, elle s’accuse, le jeune inspecteur est bien embarrassé, elle s’accuse de quoi ? ses propos sont confus.

Mais revenons en arrière, Louise retrouve son mari, il est directeur de théâtre à Paris, il n’a guère le temps de s’occuper d’elle, mais exige qu’elle soit à ses côtés lors de manifestations mondaines. Non, pas question, elle le provoque, le nargue. Philippe perd patience et la gifle, mais il ne s’attend pas à la vengeance de Louise, et quel horrible sort elle lui réserve.

Louise connait depuis peu, le secret de son mari. Oui, pendant l’Occupation comment a-t-il pu obtenir ce poste prestigieux ?

François Rivière nous a concocté une histoire intéressante, un thriller, l’après-guerre a été le théâtre de nombreux règlements de comptes, de secrets qui sont ressortis, pas toujours glorieux.

La scénographie est bien réalisée, on passe du passé au présent avec adresse, Aurélie Camus est convaincante, Yann Coeslier fringuant et abject, Nicolas Argudin-Clavero est le jeune policier dépassé par les événements !

Une bonne pièce que vous pourrez voir à Avignon au Grand Pavois à 10h30.
9/10
4
Un polar théâtral réussi. Une énigme à rebondissements. Des personnages dessinés avec précision et dont l’évolution nous tient en haleine grâce à une adroite progression dans un récit subtilement ficelé.

« Un soir, un commissariat, dans le Paris de l’Après-Guerre. Louise Rouvier porte plainte auprès d’un jeune policier. Sa déposition bouleverse les idées reçues d’une société patriarcale, encore empreinte du grand traumatisme mondial. Huis-clos entre une victime et son bourreau, huis-clos entre une femme et un policier. »

Le récit dépeint une narration troublante dans le contexte obscur de l’après-guerre. Une époque qui se relève à peine des troubles ravageurs de l’Histoire. Une époque où le temps venu de la libération et de l’épuration conduit à des révélations brutales et inattendues, à des rancœurs qui explosent, à des vérités qui voient enfin le jour.

Mais une époque aussi, et ici surtout, où la parole des femmes reste fondue dans la norme patriarcale et machiste, qui perdure toujours aujourd’hui, et où il faudra à Louise tout le courage et l’appétit de justice pour faire entendre sa voix, découvrir les caches et lutter pour sa liberté et le dévoilement de la vérité.

L'humiliation, l'esclavage mental, les violences physiques et morales dont l’outrance nous rappelle à l'urgence de les combattre, sont décrits avec un implacable volontarisme. Une écriture qui donne corps et nourrit la prise de conscience de Louise face à Philippe, ce mari goujat sûr de lui, perclus de mondanité crasse, en tension permanente pour sa veille, qui n'hésite pas à recourir à la cruauté de son agressivité pour consolider la carapace qui le protège.

Jusqu’où la peur peut-elle s’allier au profit ? Quelle niveau de cynisme aveugle et conscient faut-il atteindre pour commettre l’irréparable ? Faut-il du courage pour condamner ? La vengeance est-elle la justice de l'emprise ?

La mise en scène de l’auteur François Rivière, avec la participation de Edwige Després et la scénographie de Agathe Mondani, construisent deux huis-clos parallèles avec une épure efficace. Adroitement présents en parallèle et parfois en simultané, ces huis-clos enchaînent les scènes, déjouant les règles de l’espace et du temps, centrant l’attention du récit sur les personnages, laissant les comédiens nous entreprendre.

La puissance d’évocation, et il en faut, repose alors sur l’interprétation. C’est carton plein. Aurélie Camus, Yann Coeslier et Nicolas Argudin-Claver sont véritablement crédibles et convaincants. Elle et ils tissent l’histoire en s’appropriant les personnages et leurs mues narratives avec une densité et une profondeur remarquables. Leurs jeux complémentaires et équilibrés filent tout en évidence, nous cueillent et nous surprennent tout le long.

Une pièce captivante et habile. Une mise en vie tout en finesse et une interprétation tout à fait brillante. Je recommande ce spectacle !
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor