top5 (1)

Constellations

Constellations
De Nick Payne
Mis en scène par Marc Paquien
Avec Marie Gillain
  • Marie Gillain
  • Christophe Paou
  • Théâtre du Petit Saint Martin
  • 17, rue René Boulanger
  • 75010 Paris
  • République (l.3, l.5, l.8, l.9, l.11)
Itinéraire
Billets de 32,00 à 48,00
Evénement plus programmé pour le moment

Marianne est astrophysicienne. Roland est apiculteur. Ils se rencontrent autour d'un barbecue.

Une histoire d'amour banale ? C'est sans compter la finesse d'écriture du jeune auteur britannique Nick Payne qui par un système de scènes répétées introduit des variations subtiles. Il suffit d'une intonation ou d'une réplique qui diffère pour que la situation prenne une tout autre tournure.

La pièce questionne avec élégance et intelligence notre rapport au libre arbitre, à la vie, au couple, au temps et à l'amour... Sans oublier notre relation aux abeilles et à la physique quantique.

 

Créée au Royal Court à Londres en 2012, la pièce a été récompensée du prestigieux Harold Pinter Award et couronnée meilleure pièce de l'année par le London Evening Standard.
A Broadway, c'est Jake Gyllenhaal et Ruth Wilson qui ont interprété ce couple original.

 

323

La critique de la rédaction : 3/10. Une pièce qui se croit plus intelligente qu'elle ne l'est vraiment.

Nous avons la fâcheuse impression que l'auteur a écrit son texte sur des feuilles de brouillon, les a jeté par terre… puis a ramassé des morceaux au hasard et en a fait une pièce de théâtre. Faute d'avoir assez de matière, il a répété plusieurs fois les mêmes scènes.

Nous assistons aux moments clés de la vie d'un couple, leur rencontre, ce qui s'est passé et ce qui aurait pu se passer. Nous nous demandons pourquoi ils rejouent tout le temps la même chose avec des intonations si légèrement différentes. Alors que cette histoire décousue progresse peu, nous sommes désespérés qu'il y ait autant de flash-back.

Les dialogues n’ont aucun intérêt, ne font ni s’émouvoir, ni rire, ni réfléchir. Pauvres spectateurs, nous essayons de nous raccrocher à quelque chose afin de rentrer dans l'histoire mais ces efforts sont vains.

Sur cette scène nue, sans décor, Marie Gillain est laissée bien seule car l'acteur qui l’accompagne est complètement fade. Ce n'est pas qu'il joue mal mais il manque de charisme et de présence, cela choque à côté de la belle interprétation de l’actrice Molière 2015.

Nous ne croyons pas une seule seconde à la relation entre les deux personnages ni à leurs sentiments l’un pour l’autre.

Nous espérions une fin surprenante, qui assemble les pièces du puzzle, car tout le spectacle nous laisse croire qu'il va se passer quelque chose. Pourtant non, elle s’avère aussi insipide que le reste de l'heure et quart. Sauvez votre soirée, allez voir autre chose !

Note rapide
Toutes les critiques
17 mai 2016
5,5/10
118 0
Constellations c’est une histoire d’une femme et d’un homme, de leurs rencontres, de leurs disputes, de leurs séparations, de leurs choix… En soi, rien de spécial dans la courte présentation. Mais l’auteur Nick Payne introduit un élément particulier, la répétition des scènes avec de légères variations de mots, de ton, de contexte et soudainement l’histoire pourrait s’écrire autrement.

On part du principe qu’il peut exister plusieurs futurs d’un seul instant. Que ce qui va faire changer le tout peut-être un mot, un geste, une intonation. Chaque action que l’on fait possède une multitude de possibilités. L’auteur décide de proposer aux spectateurs de pousser la porte d’un univers non linéaire.

Présenter le spectacle n’est pas une chose facile et en dire ce que j’en ai pensé, encore moins. Je ne sais pas encore une semaine après l’avoir vu si je l’ai vraiment apprécié. Je suis partagée sur le fait que l’histoire repose sur une facilité d’écriture liée à un exercice de style. Comment ce couple, Marianne, physicienne et Roland, apiculteur peut se construire ou se détruire. Et si à cette instant, elle ou il avait dit ou fait cela ? Alors on recommence la scène et on fait autrement. Les répétitions de moments se succèdent et le jeu subtil des comédiens se révèle. Je ne pourrais dire si je dois crier au génie ou à l’arnaque.

Le temps s’égrène sur des scènes de couples qui parlent à certains spectateurs car quelques rires nerveux et sourires discrets se font. Les 75 minutes passent assez rapidement mais je suis ravie que cela ne dure pas plus longtemps non plus. Je sors écoutant les remarques des autres spectateurs, petit plaisir d’aller en solitaire au théâtre. Les avis sont partagés et aucun éloge ne transcende les palabres inconnues.

Les grands thèmes y sont présentés : l’amour, l’infidélité, le temps, la maladie, la mort, la famille… avec un bonus thématique avec quelques informations sur les abeilles et la physique quantique. En plus, si vous n’avez pas tout compris la première fois, rassurez-vous, le texte va être répété. Il faut bien voir l’avantage du concept quelque part.

Je n’ai pas été conquise par la mise en scène qui aurait pu être plus travaillé. Une grande scène en forme d’arrondie qui n’est pas sans rappeler l’affiche, pour la forme. Car ici, tout est gris même les quelques images qui sont sur le très grand écran sont sombres. D’ailleurs pourquoi un si grand écran pour s’en servir si peu ? J’ai trouvé cela magnifique de voir les comédiens en négatif mais pourquoi pas plus de travail qui pourrait faire référence aux couleurs de l’affiche par exemple?

La musique est discrète, parfois imperceptible. Elle accompagne les moments d’émotions, principalement. Le texte a peut-être besoin d’un petit coup de main émotionnel pour faire mieux passer certaines scènes. Elle n’est pas présente tout le temps, juste ce qu’il faut et parfois juste pour souligner sans être trop présente. Il ne faudrait pas non plus qu’elle couvre la voie des deux comédiens en scène. Car beaucoup de spectateurs viennent pour voir Marie Gillain (Molière 2015) en scène, en vrai, en chair et en os. Mais sa prestation est-elle si fabuleuse ? Elle joue magnifiquement bien. C’est une certitude mais le texte reste étrange et qu’il ne permet pas si facilement d’être quelqu’un puisque l’on doit jouer la multitude d’un soi autre. Vous me suivez toujours ? A ces côtés, Christophe Paou aux airs si gentil et délicat. Sa voix paraît toute douce toutefois elle me parvient sans aucun problème au fond de salle.

Il y a quelques moments de partage que j’ai trouvé beaux car ce couple a trouvé son rythme et son élégance. Les mains, les regards, les bouches connaissent les chemins pour se rendre à l’autre. Parfois de la beauté humaine se dégage et j’ai trouvé jolie la dernière image du spectacle. Un tourbillon de tendresse dans un rond d’infinies possibilités pour se terminer dans un noir. Ainsi c’est pleins de questions dans la tête que l’on sort et en se demandant ce que l’on vient de voir.

Si les théâtres très particuliers ne vous touchent pas, passez votre chemin. Si vous aimez la physique quantique, la théorie des cordes, les questions et si ??, alors vous devriez aimer cet OTNI (objet théâtre non-identifié). Car OTNI soit qui mal y pense.
3 mai 2016
1/10
160 0
C'est peut-être la traduction qui n'est pas la bonne, ou alors j'ai été insensible à la "culture" du mail anglo-us, ou bien je ne me suis pas laissé abuser par quelques poncifs pseudo-scientifiques mais vraiment je me suis ennuyé à mourir.

Les acteurs sont rarement vraiment mauvais, ce sont les textes et les metteurs en scène qui ne sont pas toujours au niveau du prix à payer.
3 avr. 2016
8/10
267 0
Sciences et amour peuvent-ils faire bon ménage sur scène ? Nick Payne nous le prouve avec Constellations, une pièce douce-amère à la construction exigeante et déroutante. Séduit depuis longtemps par le théâtre anglais contemporain, Marc Paquien explore la théorie des mondes multiples avec un sens certain des nuances. Dirigeant avec sensibilité Marie Gillain et Christophe Paou au Théâtre du Petit St-Martin, il distille émotion et humour dans un chassé-croisé qui fait mouche.

Marianne est physicienne ; Roland est apiculteur. Ils se sont rencontrés lors d’un barbecue pluvieux : étrange coup de foudre, un brin loufoque et pas vraiment naturel. À rebours des « love stories » traditionnelles, Constellations place sa dramaturgie sous le signe du « Et si… ? » Tout se construit autour d’une trame non linéaire poussant jusqu’au génie absurde la logique scientifique des multivers. À l’instar du « Jeu dont vous êtes le héros », l’histoire de Roland et Marianne bifurque constamment vers des chemins de traverse. Le piège serait de tomber dans l’exercice de style pur et dur mais ce puzzle sentimental et existentiel captive justement par cet art des infimes variations.

Grain de sable bouleversant
Sous ses airs de romance faussement sucrée, la pièce demande une attention de tous les instants car tout se joue dans ces riens, dans un mot qui change, une intonation qui dévie… L’impression de répétition, parfois mécanique, est enrayée par ce grain de sable imperceptible si l’on n’y prête gare. Pour parvenir à restituer ces modulations, il faut un couple béton. Marc Paquien a immédiatement pensé à Marie Gillain et à Christophe Paou. Si l’alchimie sur le papier n’était pas forcément évidente, force est de constater qu’ils se complètent à merveille. Elle, toujours craquante en éternelle gamine boudeuse et pimpante, sait trouver des ressources bouleversantes d’émotion lorsque la tumeur au cerveau de son personnage se déclare et que le langage s’embourbe. Lui, souvent la tête dans les nuages, un peu ahuri, sait faire preuve d’une gravité empathique palpable.

Sur un plateau circulaire nu, Paquien matérialise abstraitement le cycle de la vie et de la mort, des éternels recommencements et de la nécessité aussi d’aller de l’avant malgré tout… On passe du rire (danses de salon cocasses, ou cet aveu en miroir d’un cocufiage surprenant) aux larmes (la découverte progressive de la maladie, sublimée par un dialogue en langue des signes absolument déchirant) en un battement de cils. Paquien mène sa barque comme un vieux loup de mer aguerri, naviguant entre deux flots émotionnels avec une remarquable fluidité.

Ces Constellations brillent ainsi de mille feux : feu ardent des balbutiements de l’amour ; feu tenace des tourbillons de la passion ; feu noir et glacé de la mort qui plane. Marc Paquien est parvenu à soutenir ces permanentes tensions en s’engouffrant avec sincérité dans la brèche d’une structure dramatique compliquée à restituer sans tomber dans le pathos, la niaiserie ou les automatismes. Pari relevé.
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor