Bloom - Jazz à Fontainebleau

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Au départ, il y a la rencontre de trois chanteuses, réunies par une amitié indéfectible et le désir espiègle d’unir leurs voix. Quand une contrebasse puissante et des percussions colorées s’invitent à dialoguer avec elles, on assiste avec ravissement à la naissance de Bloom !

Le choix de n’être accompagné que d’une section rythmique confère une sonorité étonnante et riche à ce projet acoustique : les voix, libres de toutes les originalités, osent s’aventurer là où on ne les attendrait pas. Les univers musicaux de chacun s’entremêlent aux frontières du jazz, de la world, de la soul, de la pop pour donner jour à une musique tour à tour exaltée, rythmée, épurée…

 

Théâtre de Fontainebleau
77300 FONTAINEBLEAU

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10 déc. 2019
9,5/10
11
Trois potes, trois copines. Trois voix.

Bloom (l'éclosion) est un trio vocal féminin.
Un remarquable trio vocal féminin.

Les alphabétiquement ordonnées Léa Castro, Laurence Ilous et Mélina Tobiana sont les héritières des Boswell Sisters, ou encore des plus célèbres Andrews Sisters.

Des groupes de jeunes femmes qui chantent le jazz, s'appropriant de la plus belle des manières un paradoxe résumé en 1976 par le journaliste allemand et producteur Joachim-Ernst Berendt :
«Le dilemme du jazz chanté peut être exprimé comme un paradoxe: tout le jazz provient de la musique vocale mais tout le jazz chanté provient, lui, de la musique instrumentale. ».

Ici, cette réflexion prend tout son sens par le fait que le trio Bloom chante avec « seulement » un contrebassiste (L'excellent Martin Cuimbellot), et un percussionniste (le non-moins excellent Nils Wekstein.)
La rythmique.
Pour l'accompagnement de la mélodie, pendant que la soliste (elles le sont à tour de rôle) interprète le thème et les développements du morceau, les deux autres chanteuses se concentrent prioritairement et vocalement sur le rôle que pourrait avoir un piano ou une guitare d'accompagnement.

A la différence de beaucoup de leurs consœurs, elles ne se contentent donc pas de chanter ensemble, même à des intervalles différents, la mélodie (comme par exemple les adeptes de la technique du vocalese).
En ce sens, Bloom se rapproche de ces groupes vocaux comme Take 6, dont les membres assurent mélodie et accompagnement musical.

Les trois musiciennes ont un niveau et une technique vocale irréprochables.
Le talent, le métier sont là !
Durant une heure et trente minutes, les chanteuses vont nous enchanter !

Une remarquable cohérence vocale, équilibrée, homogène se fait très rapidement entendre et remarquer.
Une très belle pâte sonore.
Les filles swinguent, et pas qu'un peu, les voix mezzo et soprano sont claires et d'une absolue justesse.

Une bonne moitié de la set-list du concert de Fontainebleau relève de compositions des trois demoiselles.
Avec par exemple « Shadows and fog », un titre de Laurence Ilous, qui m'a évoqué le jazzman belge David Linx, une très jolie valse, « Ezuz », écrite dans le désert du Neguev, « là où il n'y a que des chèvres et des cailloux... » par Mélina Tobiana, ou encore le très drôle « Drinkin' or Drivin' » de Léa Castro.

Et puis nous écouterons pour notre plus grand plaisir des reprises, rarement entendues dans le cadre d'un trio vocal.

« Shape of my heart » de Sting, « Don't cry for Louie » de Vaya con Dios, ou encore une étonnante et passionnante version de « Crazy » de la talentueuse pianiste et choriste Ornette.

Des titres brésiliens seront également interprétés.

Les demoiselles chantent alors en portugais « Canto de ossanha » de Baden Powell ou encore « Lapidu na bo » d'orlando Pantera.
Melle Ilous utilise pour ces titres des petites percussions latines pour ajouter à l'ambiance.

Et puis Mélina Tobiana va interpréter un brillant hommage à Aretha Franklin.
Faut-il avoir du talent pour se mesurer de la sorte à la Queen of soul !
La voix devient plus rauque, plus puissante.

Sur scène, durant tout le concert, l'amitié qui lie les trois filles est palpable.
Ce sont vraiment trois copines, qui se connaissent bien, qui s'apprécient, qui chantent.
Qui s'amusent, également.
Les rires, les plaisanteries, les private-jokes fusent !

Un runing-gag très drôle concernant l'album en vente à la fin du spectacle provoque à chaque fois l'hilarité du public.
Ainsi qu'un énorme rire dans le micro de l'une des trois chanteuses. (Et non, je ne dénoncerai pas la principale intéressée!)

On l'aura compris, j'ai été totalement conquis par le talent et le projet artistique de Mesdemoiselles Léa Castro, Laurence Ilous et Mélina Tobiana.
Je vous conseille vraiment d'aller les écouter, que ce soit par le biais de leur premier album sorti très récemment, (on le trouve dès maintenant sur Deezer) ou encore mieux sur une scène.

Elles se produiront notamment au mythique Duc des Lombards les 26, 27 et 28 décembre prochains.

Allez découvrir Bloom. Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Musique
Talent des artistes
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor