- Théâtre de l'Orme
- Paris 19ème
Le Prince de Hombourg
Cirque, conte et magie sur ce classique au ton timburtonesque, et peut-être vous demanderez vous, comme le Prince : "Quel rêve étrange ai-je rêvé ?"
A la veille d'une bataille décisive, le jeune prince de Hombourg est surpris par la cour en pleine crise de somnambulisme. A son réveil, encore troublé, le Prince ne prête qu'une oreille distraite aux instructions militaires.
AVIS DE LA REDACTION: 9,5/10.
Invitation au château.
Venez, entrez dans le terrier des Brandebourg, laissez-vous guider par un général borgne et manchot et son curieux acolyte qui ne finit pas ses phrases, ne soyez pas effrayés par l'obscurité et descendez dans ce lieu mystérieux pour partir à la rencontre du Prince de Hombourg et de ses camarades hauts en couleurs...
Lorsque l'on pense à cette pièce, l'image qui vient le plus souvent à l'esprit est celle de Gérard Philipe, spectre blanc apparaissant au milieu de la Cour du Palais des Papes.
Niché dans un étrange théâtre aux pièces alambiquées (pour plus de suspens, je vous laisse découvrir vous-mêmes ce que renfermaient ces murs auparavant), ce Hombourg-ci est loin du gigantisme avignonnais, mais n'a pourtant rien à lui envier, loin de là.
Conçu comme un spectacle déambulatoire et immersif, cette "expérience" - difficile de la nommer autrement - pose son postulat à peine sommes-nous entrés dans le théâtre.
Humour, mystère, onirisme et ambiances fantomatiques sont au programme, et on s'en régale. Le spectateur est complètement intégré à une histoire qui se meut à la perfection dans ce lieu atypique, et l'on peut d'ailleurs saluer le travail de recréation de ce spectacle qui se balade de théâtres en châteaux, et que les artistes s'emploient à réadapter pour chaque endroit. Ils font de leurs lieux de passage des lieux habités, qui paraissent évoluer et grandir comme un être vivant, et ces représentations au théâtre de l'Orme sont un bon exemple de l'incroyable usage de l'espace qu'opère cette troupe. Escaliers, portes, estrades, fenêtres, rideaux, et même toilettes, tous les moindres recoins sont utilisés et donnent un volume assez époustouflant à l'espace de jeu, tout en réussissant à nous perdre suffisamment pour que l'on soit troublé mais sans jamais décrocher du fil de l'histoire.
Sous la houlette du metteur en scène et interprète principal Édouard Dossetto (assisté de Marie Benati et Alex Dey du collectif Nuit Orange, et qui jouent également dans la pièce), les comédien.ne.s sont toutes et tous complètement imprégné.e.s de leurs personnages, et la qualité du jeu se rapporte au travail de mémoire et de concentration pour parcourir ces 1h30 de dédales dans l'espace et la dramaturgie.
Des tableaux magnifiques sont proposés, notamment grâce un grand travail sur la lumière, créée par Raphaël Bertomeu, et les références autant contemporaines de notre époque que de celle de Kleist emportent le tout, dans un univers digne de Edgar Poe ou Lewis Caroll.
Alors venez, descendez sans attendre dans l'antre du Prince de Hombourg et de ses fantômes, mais attention : les murs ont des oreilles, et même des bras..
Alice Couzinou.
Les interprètes Edouard Dosseto (le prince), Marie Benati, Pablo Eugène Chevalier, Jean Bourgault, Gaspard Baumhauer, Alex Dey et Leslie Gruel, que nous suivons dans leur déambulations, servent avec intensité cette adaptation resserrée et réussie du texte de Kleist par Rémi Delieutraz, et sont aussi crédibles dans la passion romantique ou le dilemme cornélien que dans les combats à l'épée et les cascades. Avec en plus la touche d'humour et d'ironie qui nous fait d'emblée rentrer dans le jeu.
Il ne reste qu'une date pour cette cession (vendredi 9 juin) mais ils reviendront, n'en doutez pas. Car la fin n'est jamais que relative...
Permis grâce à une véritable prouesse de jeu et une régie son/lumière en or, ce spectacle complètement immersif nous plonge, le temps d'une heure et demie, dans un univers à part. Alors ouvrez grands vos yeux dans la pénombre ambiante, écoutez attentivement l'histoire qui se joue à vos oreilles et soyez prêts à suivre le Prince de Hombourg...
Venez, entrez dans le terrier des Brandebourg, laissez-vous guider par un général borgne et manchot et son curieux acolyte qui ne finit pas ses phrases, ne soyez pas effrayés par l'obscurité et descendez dans ce lieu mystérieux pour partir à la rencontre du Prince de Hombourg et de ses camarades hauts en couleurs...
Lorsque l'on pense à cette pièce, l'image qui vient le plus souvent à l'esprit est celle de Gérard Philipe, spectre blanc apparaissant au milieu de la Cour du Palais des Papes. Niché dans un étrange théâtre aux pièces alambiquées (pour plus de suspens, je vous laisse découvrir vous-mêmes ce que renfermaient ces murs auparavant), ce Hombourg-ci est loin du gigantisme avignonnais, mais n'a pourtant rien à lui envier, loin de là. Conçu comme un spectacle déambulatoire et immersif, cette "expérience" - difficile de la nommer autrement - pose son postulat à peine sommes-nous entrés dans le théâtre. Humour, mystère, onirisme et ambiances fantomatiques sont au programme, et on s'en régale.
Le spectateur est complètement intégré à une histoire qui se meut à la perfection dans ce lieu atypique, et l'on peut d'ailleurs saluer le travail de recréation de ce spectacle qui se balade de théâtres en châteaux, et que les artistes s'emploient à réadapter pour chaque endroit. Ils font de leurs lieux de passage des lieux habités, qui paraissent évoluer et grandir comme un être vivant, et ces représentations au théâtre de l'Orme sont un bon exemple de l'incroyable usage de l'espace qu'opère cette troupe. Escaliers, portes, estrades, fenêtres, rideaux, et même toilettes, tous les moindres recoins sont utilisés et donnent un volume assez époustouflant à l'espace de jeu, tout en réussissant à nous perdre suffisamment pour que l'on soit troublé mais sans jamais décrocher du fil de l'histoire.
Sous la houlette du metteur en scène et interprète principal Édouard Dossetto (assisté de Marie Benati et Alex Dey du collectif Nuit Orange, et qui jouent également dans la pièce), les comédien.ne.s sont toutes et tous complètement imprégné.e.s de leurs personnages, et la qualité du jeu se rapporte au travail de mémoire et de concentration pour parcourir ces 1h30 de dédales dans l'espace et la dramaturgie. Des tableaux magnifiques sont proposés, notamment grâce un grand travail sur la lumière (créée par Raphaël Bertomeu), et les références autant contemporaines de notre époque que de celle de Kleist emportent le tout, dans un univers digne de Edgar Poe ou Lewis Caroll.
Alors venez, descendez sans attendre dans l'antre du Prince de Hombourg et de ses fantômes, mais attention : les murs ont des oreilles, et même des bras...