Critiques pour l'événement Le Prince de Hombourg
Merveilleuse expérience que cette version immersive par le collectif Nuit orange du Prince de Hombourg mis en scène par Edouard Dossetto, au théâtre de L'orme. Merveilleuse dans tous les sens du terme, car rarement spectacle n'aura mieux illustré la puissance d'évocation du théâtre, entre réel et imaginaire. A l'instar du prince se réveillant, on en garde des images, des impressions à la frontière du rêve et de la réalité, d'une grande poésie, onirique, étrange, tendre ou macabre.
Les interprètes Edouard Dosseto (le prince), Marie Benati, Pablo Eugène Chevalier, Jean Bourgault, Gaspard Baumhauer, Alex Dey et Leslie Gruel, que nous suivons dans leur déambulations, servent avec intensité cette adaptation resserrée et réussie du texte de Kleist par Rémi Delieutraz, et sont aussi crédibles dans la passion romantique ou le dilemme cornélien que dans les combats à l'épée et les cascades. Avec en plus la touche d'humour et d'ironie qui nous fait d'emblée rentrer dans le jeu.
Il ne reste qu'une date pour cette cession (vendredi 9 juin) mais ils reviendront, n'en doutez pas. Car la fin n'est jamais que relative...
Les interprètes Edouard Dosseto (le prince), Marie Benati, Pablo Eugène Chevalier, Jean Bourgault, Gaspard Baumhauer, Alex Dey et Leslie Gruel, que nous suivons dans leur déambulations, servent avec intensité cette adaptation resserrée et réussie du texte de Kleist par Rémi Delieutraz, et sont aussi crédibles dans la passion romantique ou le dilemme cornélien que dans les combats à l'épée et les cascades. Avec en plus la touche d'humour et d'ironie qui nous fait d'emblée rentrer dans le jeu.
Il ne reste qu'une date pour cette cession (vendredi 9 juin) mais ils reviendront, n'en doutez pas. Car la fin n'est jamais que relative...
"Le Prince de Hombourg" au Théâtre de l'Orme est une véritable expérience offerte pour le spectateur aventureux qui aura su passer l'entrée de la mystérieuse taverne où l'accueillent et l'attendent de pied ferme deux joyeux personnages. Début d'une traversée magique, déambulation insolite dans le théâtre qui devient tour à tour, par enchantement, château, cachot, chambre du roi,...
Permis grâce à une véritable prouesse de jeu et une régie son/lumière en or, ce spectacle complètement immersif nous plonge, le temps d'une heure et demie, dans un univers à part. Alors ouvrez grands vos yeux dans la pénombre ambiante, écoutez attentivement l'histoire qui se joue à vos oreilles et soyez prêts à suivre le Prince de Hombourg...
Permis grâce à une véritable prouesse de jeu et une régie son/lumière en or, ce spectacle complètement immersif nous plonge, le temps d'une heure et demie, dans un univers à part. Alors ouvrez grands vos yeux dans la pénombre ambiante, écoutez attentivement l'histoire qui se joue à vos oreilles et soyez prêts à suivre le Prince de Hombourg...
Invitation au château
Venez, entrez dans le terrier des Brandebourg, laissez-vous guider par un général borgne et manchot et son curieux acolyte qui ne finit pas ses phrases, ne soyez pas effrayés par l'obscurité et descendez dans ce lieu mystérieux pour partir à la rencontre du Prince de Hombourg et de ses camarades hauts en couleurs...
Lorsque l'on pense à cette pièce, l'image qui vient le plus souvent à l'esprit est celle de Gérard Philipe, spectre blanc apparaissant au milieu de la Cour du Palais des Papes. Niché dans un étrange théâtre aux pièces alambiquées (pour plus de suspens, je vous laisse découvrir vous-mêmes ce que renfermaient ces murs auparavant), ce Hombourg-ci est loin du gigantisme avignonnais, mais n'a pourtant rien à lui envier, loin de là. Conçu comme un spectacle déambulatoire et immersif, cette "expérience" - difficile de la nommer autrement - pose son postulat à peine sommes-nous entrés dans le théâtre. Humour, mystère, onirisme et ambiances fantomatiques sont au programme, et on s'en régale.
Le spectateur est complètement intégré à une histoire qui se meut à la perfection dans ce lieu atypique, et l'on peut d'ailleurs saluer le travail de recréation de ce spectacle qui se balade de théâtres en châteaux, et que les artistes s'emploient à réadapter pour chaque endroit. Ils font de leurs lieux de passage des lieux habités, qui paraissent évoluer et grandir comme un être vivant, et ces représentations au théâtre de l'Orme sont un bon exemple de l'incroyable usage de l'espace qu'opère cette troupe. Escaliers, portes, estrades, fenêtres, rideaux, et même toilettes, tous les moindres recoins sont utilisés et donnent un volume assez époustouflant à l'espace de jeu, tout en réussissant à nous perdre suffisamment pour que l'on soit troublé mais sans jamais décrocher du fil de l'histoire.
Sous la houlette du metteur en scène et interprète principal Édouard Dossetto (assisté de Marie Benati et Alex Dey du collectif Nuit Orange, et qui jouent également dans la pièce), les comédien.ne.s sont toutes et tous complètement imprégné.e.s de leurs personnages, et la qualité du jeu se rapporte au travail de mémoire et de concentration pour parcourir ces 1h30 de dédales dans l'espace et la dramaturgie. Des tableaux magnifiques sont proposés, notamment grâce un grand travail sur la lumière (créée par Raphaël Bertomeu), et les références autant contemporaines de notre époque que de celle de Kleist emportent le tout, dans un univers digne de Edgar Poe ou Lewis Caroll.
Alors venez, descendez sans attendre dans l'antre du Prince de Hombourg et de ses fantômes, mais attention : les murs ont des oreilles, et même des bras...
Venez, entrez dans le terrier des Brandebourg, laissez-vous guider par un général borgne et manchot et son curieux acolyte qui ne finit pas ses phrases, ne soyez pas effrayés par l'obscurité et descendez dans ce lieu mystérieux pour partir à la rencontre du Prince de Hombourg et de ses camarades hauts en couleurs...
Lorsque l'on pense à cette pièce, l'image qui vient le plus souvent à l'esprit est celle de Gérard Philipe, spectre blanc apparaissant au milieu de la Cour du Palais des Papes. Niché dans un étrange théâtre aux pièces alambiquées (pour plus de suspens, je vous laisse découvrir vous-mêmes ce que renfermaient ces murs auparavant), ce Hombourg-ci est loin du gigantisme avignonnais, mais n'a pourtant rien à lui envier, loin de là. Conçu comme un spectacle déambulatoire et immersif, cette "expérience" - difficile de la nommer autrement - pose son postulat à peine sommes-nous entrés dans le théâtre. Humour, mystère, onirisme et ambiances fantomatiques sont au programme, et on s'en régale.
Le spectateur est complètement intégré à une histoire qui se meut à la perfection dans ce lieu atypique, et l'on peut d'ailleurs saluer le travail de recréation de ce spectacle qui se balade de théâtres en châteaux, et que les artistes s'emploient à réadapter pour chaque endroit. Ils font de leurs lieux de passage des lieux habités, qui paraissent évoluer et grandir comme un être vivant, et ces représentations au théâtre de l'Orme sont un bon exemple de l'incroyable usage de l'espace qu'opère cette troupe. Escaliers, portes, estrades, fenêtres, rideaux, et même toilettes, tous les moindres recoins sont utilisés et donnent un volume assez époustouflant à l'espace de jeu, tout en réussissant à nous perdre suffisamment pour que l'on soit troublé mais sans jamais décrocher du fil de l'histoire.
Sous la houlette du metteur en scène et interprète principal Édouard Dossetto (assisté de Marie Benati et Alex Dey du collectif Nuit Orange, et qui jouent également dans la pièce), les comédien.ne.s sont toutes et tous complètement imprégné.e.s de leurs personnages, et la qualité du jeu se rapporte au travail de mémoire et de concentration pour parcourir ces 1h30 de dédales dans l'espace et la dramaturgie. Des tableaux magnifiques sont proposés, notamment grâce un grand travail sur la lumière (créée par Raphaël Bertomeu), et les références autant contemporaines de notre époque que de celle de Kleist emportent le tout, dans un univers digne de Edgar Poe ou Lewis Caroll.
Alors venez, descendez sans attendre dans l'antre du Prince de Hombourg et de ses fantômes, mais attention : les murs ont des oreilles, et même des bras...
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