Critiques pour l'événement Le potentiel érotique de ma femme
16 sept. 2018
8/10
45
Dans cet univers suranné, à l’atmosphère d’un film des années 80, Sophie Accard met en scène le livre de David Foenkinos et nous fait découvrir la vie d’Hector, ce collectionneur compulsif.
Fils cadet d’un couple pour le moins original (un père qui ne jure que par sa moustache, une mère pour qui la soupe est « sa raison de vivre », un frère de 20 ans son aîné, adepte des phrases toutes faites… Hector collectionne tout (des badges, des dictions…).
Suite à une grosse dépression, Hector décide de mettre fin à cette addiction et par la force des choses, rencontre Brigitte, sa future femme.
Mais de cette rencontre, la rechute n’est peut-être pas bien loin…
Du livre dont est tirée cette pièce, nous retrouvons une famille loufoque, caricaturale, soulignée par la présence d’un narrateur aux commentaires à la fois ironiques et bienveillants.
Tout est décrit avec simplicité. Le ton moqueur mais sans méchanceté aucune, imprègne les textes et la mise en scène.
De ces relations parents-enfants, mari et femme, on sourit, on rit, surtout de ces personnages hauts en couleurs dont se dégage une tendre maladresse.
Merci à la Compagnie CPDJ (C’est-pas-du-jeu) pour son dynamisme, son énergie et la multiplicité des personnages interprétés avec justesse et beaucoup d’humour.
6 sept. 2018
8,5/10
26
L’adaptation du texte de David foenkinos est une réussite.
C’est la compagnie C’est-pas-du-jeu qui s’est lancée dans ce challenge : porter ce livre très narratif à la scène. Un exercice parfaitement exécuté qui réussit à introduire sur le plateau les nombreux personnages qui le composent.

L’histoire est portée par un narrateur qui interagit avec finesse dans la mise en scène. Son regard critique, mais toujours affectueux, accompagne les comédiens tout au long de l’histoire. Cette vision extérieure apporte une telle sensibilité pleine de bienveillance à la pièce. Le narrateur nous amène à traiter ces personnages caricaturaux et souvent carrément ridicules avec tendresse et compréhension. On rit franchement de ce Gérard complètement abruti, de cet Hector maladroit atteint de collectionnite aiguë mais toujours avec compassion en indulgence.
C’est toute la force de cette pièce : se moquer (franchement il y a des moments extrêmement drôles !) mais gentiment, sans aucune méchanceté, un peu comme on charrierait amicalement un vieil ami sur ses vieux travers.

C’est extrêmement bien joué, tous les comédiens sont justes, présents et engagés. La mise en scène de Sophie Accard est particulièrement étudiée et précise, tout coule naturellement. Cette pièce apporte avec justesse plein de fantaisie à ce roman ou l’absurde côtoie la quotidienneté. Une jolie rencontre entre l’écriture originale et fantasque de Foenkinos et l’univers frais et plein de folie de cette compagnie.
5 sept. 2018
8/10
22
Loufoque, amusant, léger.
Une ribambelle de personnages cocasses nous transporte dans une histoire rocambolesque.
Hector est un homme banal mais sympathique, il travaille dans l’entreprise de son frère aîné de 20 ans plus âgé, savoure la délicieuse soupe de sa mère tous les dimanches en compagnie de son père qui pour rien au monde raserait sa moustache…
Mais Hector est bien malade. Il collectionne tout et n’importe quoi ;
*les piques apéritifs.
*les badges de campagne électorale.
*les peintures de bateaux à quai.


Hector va-t-il se défaire de cette addiction en tombant amoureux de Brigitte ?
Pour cela, il faudrait que Brigitte ne fasse point les vitres…
Brigitte deviendra-t-elle une femme-objet ?
Quoi qu’il en soit Brigitte et Hector mettront au monde des triplets.
*Les trois enfants furent placés côte à côte ; ils semblaient identiques comme les trois pièces d’une collection.

Les personnages sont caricaturaux et insolites
*Les parents d’Hector « Ils aiment tout le monde pareil. C’est un amour simple qui va de l’ÉPONGE à leur fils. »
*Gérard (le frère de Brigitte) n’avait pas beaucoup de neurones, mais de très belles cuisses.
*Bernard répéte ; nous vivons dans l’époque la moins moustache qui soit … puis il retournait à ses pensées intimes encombrées par le rien. »
Les mises en scène et les décors nous plongent dans une atmosphère familiale simple, un peu surannée où les tableaux s’enchainent avec dynamisme. C’est vivant et joyeux.
5 sept. 2018
8,5/10
56
« Collectionneurs d'objets inanimés, avez-vous donc une âme ?», aurait écrit le grand Lamartine, s'il avait lu le roman de David Foenkinos « Le potentiel érotique de ma femme », et surtout, s'il en avait vu la délicieuse et très joyeuse adaptation scénique qu'en a tiré Sophie Accard !

C'est en effet la question que l'on est en droit de se poser à propos de ce Hector, qui collectionne tellement tout et n'importe quoi qu'il en occulte toute vie sociale et affective.

Bien entendu, ce manque d'âme altruiste le rend fort malheureux !

Qu'à cela ne tienne ! Prenant le taureau par les cornes, il parvient à se désintoxiquer, notamment en étant atteint par la flèche de Cupidon.

Mais voilà... C'était compter sans le potentiel érotique de sa femme Brigitte, elle-même accro à une certaine activité ménagère que je vous laisse le soin et la joie de découvrir.

Sophie Accard a donc réussi une réjouissante adaptation du roman de Foenkinos.

Sur le plateau, c'est un mélange d'Amélie Poulain et de la grande famille des Deschiens.
Un narrateur est chargé de présenter des personnages plus ou moins loufoques, drôles, avec leurs qualités, leurs défauts, leurs particularités, leurs tics, un peu comme le faisait la voix off dans le film de Jeunet.

Ces personnages, et c'est la réussite principale à la fois du roman et de l'entreprise dramaturgique, ces personnages sont on ne peut plus hilarants, certes, dépeints avec une minutie et précision drôlatiques, mais ils sont également touchants, attachants.
La metteure en scène a eu pleinement raison d'en faire des figures à la Jérôme Deschamps et Macha Makeieff.

On rit de bout en bout, mais ce rire n'est jamais moqueur.

Les situations, les formules ciselées de l'auteur (vous n'ignorerez plus rien des dictons croates, des héros suisses, j'en passe et non des moindres...), sans oublier la réelle et incontestable vis comica des six comédiens, tout ceci concourt à cette réussite.

Léonard Prain est ce narrateur, imperturbable, omniprésent, pince-sans-rire. Je lui tire sincèrement mon chapeau pour ne pas éclater de rire à chaque facétie provoquée par ses camarades !

Léonard Boissier est Hector (il s'est habilement fait la tête de l'auteur), et Sophie Accard elle-même interprète Brigitte. Le couple fonctionne à la perfection. Leur étonnante relation, basée sur le plus ou moins non-dit fantasmatique éclatera au grand-jour pour notre plus grand plaisir, avec les développements associés.

Et puis, il y a les trois autres, qui déclenchent les fou-rires nourris de la salle.

Anaïs Merienne, Jacques Dupont, moustachu ou non, et l'ineffable Benjamin Lhommas, changeant tous de costume à la vitesse lumière en coulisse, sont inénarrables de drôlerie !
Mais qu'est-ce qu'ils m'ont fait rire, leurs Géraldine, Marcel, leurs cycliste à la casquette Molteni et au maillot à pois, collectionneuse anonyme, docteur aux sucettes rondes, et j'en oublie !

Je n'aurai garde d'oublier un élément qui contribue également à la réussite éclatante de cette entreprise artistique, je veux parler de la musique composée par Cascadeur, ce musicien « anonyme » jouant avec un casque d'aviateur sur la tête et en combinaison de vol blanche.
Ses nappes synthétiques, ses envolées de piano éthéré accompagnent bien joliment ces quatre-vingts minutes. (Un clin d'oeil : le "dossier Longo" évoqué dans la pièce... Comprenne qui peut, comprenne qui veut...)

On l'aura compris, Sophie Accard et les membres de la compagnies C'est-Pas-du-Jeu nous proposent donc un jubilatoire moment de théâtre à déguster sans modération et sans retenue.

Au sortir de la salle, un couple se proposait d'aller tester eux aussi un certain potentiel érotique.
M'est avis que ces jours-ci, le chiffre d'affaires de la société « Ajax-vitres » pourrait bien connaître un sacré développement !
29 août 2018
9/10
18
... Un spectacle divertissant qui bouscule et brocarde avec ardeur et drôlerie. Un texte succulent dans une adaptation réussie et très bien jouée.

Je recommande vivement cette agréable comédie de rentrée.