Critiques pour l'événement Le comble de la vanité
23 oct. 2022
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Canicule, mois d’août, les enfants reviennent dans la maison de leurs parents, ils vont enterrer le père. Il y a le fils ainé, homme d’affaires, le portable collé à la main, marié, à une petite jeune femme fragile sans beaucoup d’expression, qui part à la chasse aux microbes et à la poussière, pas d’affection entre eux. L’autre fils est baba-cool musicien, leur sœur a des problèmes d’audition et retire son appareil quand ça l’arrange !

La mère, souriante, élégante tout de blanc vêtue, heureuse de retrouver sa « tribu », elle est un peu dans son « monde », mais si délicate et si drôle, par contre, ses enfants ne s’attendent pas à ce qu’elle leur réserve !

Un testament est trouvé dans un des tiroirs, certes ils sont tous bénéficiaires, mais il y a un « autre » bénéficiaire et ils le connaissent tous, un petit gars qui partageait leurs jeux. Pas question de se faire gruger, ils fouillent dans le grenier dans lequel un tableau assez mochasse a atterri, un cadeau du fils ainé à ses parents, le sujet est ce qu’on appelait à la Renaissance « une vanité », la vie, la mort. Et derrière le tableau ils découvriront un crane… Ils bousculent leur mère, un peu brusquement, mais celle-ci ne perd pas pied et leur répond le plus gentiment du monde oui elle a eu un amant et celui-ci repose sous un massif de fleurs… alors là s’en est trop pour eux, recherche ADN ou pas ? La mère va-t-elle révéler son secret ? y a-t-il eu crime, leur père un assassin ?

Une comédie cynique et drôle de Valérie Fayolle, Virginie Pradal que l’on a toujours plaisir à retrouver sur scène, est une veuve plus que joyeuse ! Mikaël Chirinian, Julie Farenc, Cécile Rebboah et David Talbot ses enfants, sont tous investis dans leurs personnages et s’amusent autant que nous.
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Quand les histoires de famille se troublent des travers des personnalités qui la composent, cela donne du grain à moudre à l’esprit de dispute, aux embrouilles et autres dégâts collatéraux sur les liens affectifs. Certes. Mais c’est sans compter sur l’ingénieuse et désopilante façon de voir et de raconter les heurts intimes de ces secrets dévoilés et les sursauts que cela occasionne, que Valérie Fayolle dépeint avec délice dans cette comédie.

« Un testament et un objet inattendu trouvé au fond du grenier vont venir bouleverser l'équilibre vacillant d'une famille bien sous tous rapports. Quand la mère, les deux frères, la sœur et la belle-sœur se retrouvent coincés dans la maison familiale, rien ne se passe comme prévu ! Quand les parents ne règlent pas leurs problèmes ils les lèguent... Dans cette comédie joyeusement macabre "Le comble de la vanité" serait de croire que l'on peut échapper aux liens du sang… »

L’autrice utilise un humour au cynisme efficace truffé de saillies balancées pour composer cette peinture astucieuse et adroite des menteries alimentant les secrets de famille, souvent liées comme ici aux ravages de l’image sociale à préserver par-dessus tout. Et quand il y est ajouté les outrances savoureuses des excès de l’estime de soi et du sentiment de compétence, nous sommes alors en présence d’une singerie espiègle et élégante où l’arrogance narcissique et mégalomane de celles et ceux qui en sont ou en étaient bardés, nous raconte, façon thriller drôle, une histoire atrocement et macabrement rieuse.

Mentir serait-il alors l’ombre de la vanité ? Ce serait un comble !

La mise en scène Ludivine de Chastenet assistée par Sabrina Paul, met le texte en valeur dans une allure allègre et un climat de suspens qui siéent parfaitement au texte et laissent toute la place aux interprètes pour nous entreprendre.

Les éléments scéniques, la scénographie de Emmanuel Charles, les costumes de Isabelle Mathieu, la lumière de François Leneveu et la musique de Pierre-Antoine Durand participent avec harmonie au cheminement agréable de ce spectacle.

L’interprétation est gourmande et mystérieuse à souhait. Autour de Virginie Pradal, magnifique mère tutélaire, drôle et énigmatique jusqu’à la dernière minute, Mikaël Chirinian, Julie Farenc, Cécile Rebboah et David Talbot campent leurs rôles avec fluidité et complémentarité. Un bel ouvrage !

Du théâtre de plaisir. Une comédie amusante. Une merveilleuse distribution. Encore un bon et beau spectacle à la Pépinière Théâtre !