Critiques pour l'événement La Souricière
13 févr. 2020
9/10
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Ce n'est pas franchement une pièce à suspense, mais c'est une bonne énigme par la maîtresse du genre. On en sort heureux d'avoir passé une bonne soirée ! La distribution est excellente, le texte bien tourné, les scènes s'enchaînent sans heurts, on soupçonne peu de choses avant la toute fin, pourtant les indices sont là. Les chansons se paient le luxe de ne pas tomber gratuitement ou à plat. Bravo à la troupe qui a fait un travail formidable dans l'adaptation, la mise-en-scène et le jeu d'acteur !
22 janv. 2020
8/10
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Voilà l'occasion de passer un très bon moment !
Une vraie comédie avec des personnages haut en couleur, des chansons, du suspens, ...cette adaptation réussie de la pièce écrite par Agatha Christie mérite amplement le détour !
Si elle se joue depuis des décennies sur la scène londonienne ce n'est pas pour rien et le triomphe reçu par les acteurs sur la scène parisienne le soir de la représentation montre que la pièce fédère tous les publics.
Un vrai bon spectacle !
5 déc. 2019
8,5/10
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« La souricière » d’Agatha Christie adaptée par Pierre-Alain Leleu, mise en scène par Ladislas Chollat à La Pépinière théâtre est une pièce policière qui n’a pas fini de faire parler d’elle, et ce depuis 1952 !

Qui dit pièce policière, dit inspecteur, enquête ; qui dit enquête dit trouver le coupable.
Eloignions tout de suite ce sujet, car vous vous en doutez bien, je ne vais vous révéler le nom de la personne qui a commis l’irréparable…quoique si comme moi vous êtes attentif au récit vous pourrez trouver la solution de l’énigme…

Agatha Christie a bercé ma première jeunesse quand je dévorais les dizaines de ses romans pendant mes pauses déjeuners, où Hercule Poirot et Miss Marple, entre autres, me tenaient en haleine. En revanche, je n’avais jamais vu sur scène une de ses histoires.

La Souricière créée en 1952 est jouée, jusqu’à ce jour, sans discontinuer à Londres.
Bienheureux son petit-fils Mathew, âgé à l’époque de 9 ans, à qui Agatha Christie fit cadeau pour son anniversaire de ses droits d’auteur…un petit-fils toujours vivant…

L’action se situe dans le manoir « Monkswell » dans la campagne londonienne, au bord de la mer, récemment reconverti en pension de famille à sept livres la semaine.
Nous sommes le jour de l’ouverture et pour ne rien arranger il neige, une tempête est annoncée.
Les hôtes, au nombre de quatre plus un, arrivent les uns après les autres et se retrouvent quelques heures après immobilisés, la neige bloquant tous les accès.
Entre-temps, on entend à la radio qu’une femme vient d’être étranglée. Les seuls éléments à la connaissance de la police sont le fait qu’une personne de taille moyenne, portant un imperméable et une écharpe aurait été aperçue non loin du lieu du crime.
C’est alors que la propriétaire reçoit un appel de la police l’informant de l’arrivée imminente d’un inspecteur dans son manoir pour mener son enquête : le coupable pourrait être présent dans le manoir. Et comme les routes sont bloquées, il arrive à ski…et vous n’en saurez pas plus !

L’adaptation de Pierre-Alain Leleu est très joyeuse, avec beaucoup d’humour dans ses trouvailles de jeu de mots, il dépoussière cette pièce qui a vu le jour il y a des décennies, où déjà l’humour anglais n’est pas le nôtre, alors son adaptation aux attentes de notre actualité est très bien réussie et très drôle. Ce qui ne manque pas de piquant pour une pièce policière.

De plus la mise en scène de Ladislas Chollat donne une énergie à cette enquête qui ne manque pas de souffle, de modernité, en donnant de la couleur à ses personnages.
Ladislas Chollat tout comme dans son « Heureux stratagème », toujours à l’affiche à Edouard VII, brise les codes et donne du mouvement, du rythme dans ses mises en scène qui sont plaisantes. Quoique j’aie pu lire, j’ai bien aimé l’insertion de ses chansons qui réveillent l’ensemble et sont interprétées façon comédie musicale avec une vision « désuète » tout à fait charmante…la scène d’ouverture en est le témoin…un esprit de troupe règne…
Pour réussir son entreprise, il s’est entouré d’Emmanuelle Roy pour les décors et de Jean-Daniel Vuillermoz pour les costumes : une ambiance années cinquante bien rendue.

Une Souricière qui n’aurait pas vu le jour sans ses comédiens, tous au diapason, qui nous embarquent dans leur aventure : une enquête qui vous tient jusqu’au dénouement.

Christelle Reboul, pour qui j’ai un faible avec son jeu pétillant, et que j’avais aimée dans « Un fil à la patte » et « La vie rêvée d’Helen Cox » tient le rôle de l’héritière, Mollie Ralston, de ce manoir légué par sa tante, qu’elle dirige avec son mari Giles Ralston joué par Pierre Samuel. Autant Christelle Reboul joue son rôle avec fragilité et beaucoup de charme, donnant un côté attachant à son personnage, autant Pierre Samuel joue avec naturel un mari jaloux à souhait de Christopher Wren, une jeune « sauterelle » interprétée jovialement par Brice Hillairet.
Un personnage joué tout en folie, bondissant à chaque seconde : un hyperactif à la limite de la schizophrénie : ses mimiques sont très amusantes.
Pour compléter cette distribution, nous avions la vieille acariâtre, la vieille fille Madame Boyle qui ne cesse de tout critiquer, jouée tout « en poésie » par Sylviane Goudal. Un rôle tête à claques qui lui va comme un gant, une belle composition.
Elle est accompagnée (sont arrivés ensemble en taxi) par le Major Metcalf joué par Dominique Daguier que j’avais apprécié, tout comme Pierre-Alain Leleu, dans « Voyage avec ma tante ». Un major portant le kilt avec une belle pointe d’humour : la sagesse personnifiée dans la peau d’un personnage mystérieux, digne d’un brouillard londonien.
Dans la série des personnages mystérieux, nous avons aussi Miss Casewell, aux mœurs portant à réflexion, jouée subtilement par Stéphanie Hédin, faisant fi de ses émotions, elle incarne une femme au passé marqué.
La cerise sur le gâteau, le fameux « plus un » est Monsieur Paravicini, un homme venu de nulle part, avec un accent très prononcé, qui vient semer son trouble dans cette enquête déjà compliquée. Il est interprété magnifiquement par Pierre-Alain Leleu, rappelons-nous l’adaptateur de cette pièce : il s’est fait plaisir !
Il ne manque plus pour clore ce casting que celui qui va nous aider à résoudre cette enquête en la personne de l’inspecteur Trotter joué tout en malice par Marc Maurille. Il aura bien maille à partir avec cette équipe de pieds nickelés prise au piège dans cette souricière.

N’hésitez pas à aller découvrir cette pièce policière, rarement jouée en France, où malgré le sujet angoissant la bonne humeur règne : mais surtout tenez votre langue à la sortie !
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