Critiques pour l'événement Encore une histoire d'amour
6 mars 2016
6/10
126
Si je regarde cette pièce avec objectivité, je vois de très bons décors, de bons acteurs (avec des rôles difficiles), une bonne histoire...

Mais comme plusieurs autres commentateurs, je ne suis jamais réellement rentré dans la pièce...

PS : une idée pour les auteurs de "au balcon" serait d'écrire un article sur comment se comporter correctement au théâtre. Je ne sais pas si je suis totalement "psychopathe" mais les ronflements, clignotements de portables, dodelinages entempestifs de têtes arrivent très facilement à me gâcher une soirée.
1 mars 2016
6/10
131
Cette pièce est sympathique.

Une histoire d'amour se crée entre deux personnes éloignées d'un océan. Entre deux handicapés, l'un physique et l'autre psychologique. Entre une malade et un agoraphobe. J'ai trouvé que l'histoire était convaincante et touchante.

Ils s'aiment même s'ils n'arrivent pas à se le dire, même si parfois ils peuvent en être méchants mais malgré tout ils se soutiennent et reprennent leurs vies en main.

Cette histoire douce amer est vitalisée par une scénographie bien pensée. Les intermèdes audio sont magnifiques et l'emploi de chansons contemporaines très intelligent. Mais on tombe un peu dans le kitsch à certains moments.

Une jolie pièce en somme.
14 févr. 2016
4,5/10
174
Depuis La Voix humaine de Cocteau, on connait le pouvoir érotiquement affriolant de nos cordes vocales. Machine à fantasmes en puissance, ce qui sort de nos bouches peut provoquer un coup de foudre à distance.

Dans Encore une histoire d’amour, Tom Kempiski reprend ce canevas à travers une alchimie improbable entre deux handicapés de la vie. Au Studio des Champs-Élysées, l’infatigable Ladislas Chollat, ému par cette pièce depuis le lycée, signe un travail d’une jolie facture sans parvenir à s’extirper d’une certaine mièvrerie et surtout d’un kitsch tenace (au secours la scénographie !). Malgré tout, le naturel d’Élodie Navarre sauve la mise.

Sarah et Joe n’étaient pas destinés à finir ensemble. La première, paralysée, se démène à New-York en jouant dans le off-off de Broadway. Le second, obèse et agoraphobe, se morfond seul dans son petit appartement londonien. Leur passion commune pour le théâtre va cependant les rapprocher : Sarah demande à Joe s’il peut lui octroyer les droits de sa pièce à succès. Il accepte. En découlera une relation téléphonique transatlantique aussi exaltante que contrariée… Jusqu’à ce que la curiosité et le désir de se voir enfin de visu n’éclatent. Avec son lot de contrariétés, bien sûr.

Encore une histoire d’amour s’inscrit comme une comédie romantique plutôt atypique. Le principe dramaturgique de l’amour au bout du fil fonctionne plutôt bien malgré quelques redites. Chollat sait jongler entre les rythmes, ménage pauses et retournements avec adresse.

L’illusion théâtrale est censée nous faire croire n’importe quoi puisque nous entrons dans un monde fictionnel de représentation ; néanmoins, il s’avère assez difficile d’adhérer à l’éclosion de cette passion. Le personnage campé par Thierry Godard (horriblement grimé jusqu’à la moitié du spectacle) n’a vraiment pas grand chose pour plaire : l’handicapé sentimental et goujat se combine à un narcissique complexé plutôt énervant. Difficile d’éprouver de l’empathie pour ce personnage. Difficile aussi de croire à des incohérences d’écriture comme cette miraculeuse perte de poids éclair, transformant le gros en prince charmant en à peine un mois… Godard fait ce qu’il peut pour insuffler de l’humanité dans ce rôle fêlé, en vain.

Par contraste, la piquante Élodie Navarre rayonne en comédienne courageuse. Elle irradie en Sarah pleine de joie de vivre malgré la douleur de la maladie ; son effronterie taquine envers son futur amant blessant divertissent et surtout, contrairement à Godard, elle n’a pas besoin d’artifice pour exister sur scène. Le cruel déséquilibre entre les valeurs axiologiques des deux personnages se fait d’autant plus ressentir qu’il se redouble fatalement dans l’interprétation. Du coup, le couple se révèle bancal sur scène, on n’y croit pas vraiment.

Un mot enfin sur le décor, particulièrement raté : c’est un secret de Polichinelle mais la création vidéo dans le privé ne brille guère souvent. Pas d’heureuse surprise ici : l’ambiance spatiale est amenée par des graphismes fort laids (avec mouettes et stores qui se lèvent, s’il-vous-plaît). Mais Chollat soigne ses transitions scéniques par d’agréables morceaux musicaux, pop et actuels (ha Sia…) et se montre particulièrement ingénieux dans le ballet entre les deux comédiens. Ce chassé-croisé à la fois vocal et physique, entre présence et absence, fait mouche ici.

Bilan mitigé donc pour Encore une histoire d’amour : si Chollat dirige très bien Élodie Navarre, sa complice de toujours, il peine à engendre une cohésion entre le couple, une réelle complicité. On a l’impression que la pièce se joue sur deux niveaux, problématique quand il s’agit d’une comédie sentimentale…
1 févr. 2016
6,5/10
36
Cela pourrait être très bien : la mise en scène est inventive, le jeu des décors en projection et la bande son sont modernes et l'histoire d'amour à distance sans se voir est une bonne idée. Mais on ne comprend pas bien ce qui peut attirer les deux personnages, en particulier pourquoi Sarah tombe amoureuse de Joe.

Les échanges téléphoniques censés les faire tomber amoureux ne sont pas très convaincants. On a trouvé un peu ridicule le jeu de l'acteur censé être boulimique et affublé d'un faux ventre, d'une perruque, d'un bonnet. Lui même a l'air très mal à l'aise et cela se sent dans son jeu. Dès qu'il récupère une apparence normale tout devient plus fluide et compréhensible.
Qu'apportent les scènes où il est en caleçon pour faire du sport ? Cela a fait rire certains (soir de la première : rires de complaisance des amis dans la salle ?) mais c'est totalement décalé avec le ton de la pièce qui n'a pas vraiment de ressort comique.

Elodie Navarre s'en sort bien mais le début est tellement navrant.... Nous attendions de l'émotion et un beau texte. Nous avons été déçus.