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Tempête sous un crâne

Tempête sous un crâne
De Victor Hugo
Mis en scène par Jean Bellorini
Avec Camille de la Guillonnière
  • Camille de la Guillonnière
  • Karyll Elgrichi
  • Clara Mayer
  • Geoffroy Rondeau
  • Hugo Sablic
  • Mathieu Coblentz
  • Céline Ottria
  • Théâtre Gérard Philipe
  • 59, boulevard Jules-Guesde
  • 93200 Saint-Denis
Itinéraire
Billets de 16,45 à 22,50
Evénement plus programmé pour le moment
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Ce spectacle est une adaptation des Misérables, pour deux comédiens dans la première partie et cinq dans la seconde, et deux musiciens, qui prennent en charge toute la poésie de Victor Hugo.

Tour à tour ils s'écoutent, se coupent la parole ou se mettent à scander ensemble l'histoire des Misérables comme on pourrait se mettre à chanter une chanson. Ils s'obsèdent autant par l'action du récit que par la poésie de la langue.

 

A la manière d'En attendant Godot, ces bonshommes se retrouvent dans un espace qu'ils ne connaissent pas. Ils attendent on ne saura jamais quoi. Ils comblent le vide grâce à la parole, leur seule arme pour survivre. Parler pour ne rien dire peut-être mais parler pour exister. Et si la poésie était salvatrice...

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29 mars 2016
9,5/10
52 0
Les Misérables est sans aucun doute l’un des romans les plus emblématiques de la littérature française et le plus célèbre de l’œuvre de Victor Hugo. Ce roman social, historique mais aussi philosophique est d’une beauté déconcertante lorsqu’il évoque avec un réalisme profond la vie des gens humbles.

Nous sommes dans la première moitié du XIXème siècle où nous suivons la vie de Jean Valjean de sa sortie du bagne où il est resté dix-neuf ans (de quoi accabler tout homme et freiner la possibilité d’un avenir meilleur) jusqu’à sa mort. Une existence de misère qui gravite autour d’autres misérables. Alors qu’il vole l’argenterie d’un évêque en pleine nuit, Jean Valjean est surpris de voir ce dernier le sauver d’une nouvelle condamnation et même lui donner son pardon. En échange il s’engage à faire le bien autour de lui. Après une ultime épreuve, il change d’identité et s’emploie à tenir parole. Nommé maire de Montreuil-sur-Mer sous le nom de M. Madeleine, il mènera à bien sa rédemption et veillera sur Fantine mais surtout sur sa fille Cosette qu’il sortira des griffes des Thénardier. Mais il est traqué par Javert jusqu’à Paris. La seconde partie met l’accent sur la figure de Gavroche, l’enfant des rues, fils des Thénardier et très impliqué dans les émeutes de juin 1832 ainsi que sur l’histoire de Marius, tombé fou amoureux de Cosette. Des histoires et des destins croisés jusqu’à l’effacement du protagoniste principal que la mort finit par rattraper.

La première partie a été adaptée pour seulement deux comédiens qui prennent en charge la myriade de personnages du roman, accompagnés par deux musiciens. Une narration en duo où les corps incarnent une énergie vive et puissante. Camille de la Guillonnière est parfait. Il nous éblouie, nous touche, nous chamboule. A ses côtés, Clara Mayer est bluffante. Rejoints dans la seconde partie par Mathieu Coblentz, Karyll Elgrichi et Marc Plas, la tempête atteint son apogée et s’envole littéralement dans une éblouissante incarnation. Ils respectent parfaitement la progression dramatique de l’œuvre de Victor Hugo, ici fortement resserrée, mais les ellipses n’enlèvent rien à la qualité du spectacle, bien au contraire. La mise en scène inventive et pétillante offre une émotion généreuse et retranscrit toute l’humanité qui émane de la poésie de l’auteur. La beauté indéniable de l’histoire nous parvient comme un fort coup de vent qui viendrait fouetter notre visage. A cela s’ajoutent les poèmes des Contemplations et des Châtiments, mis en musique et redonnés à entendre de manière captivante, intime et bouleversante par Céline Ottria et Hugo Sablic. Dans une scénographie dépouillée composée d’un arbre, d’un lit en fer forgé et d’une palissade, nous déambulons dans ce spectacle-fleuve en vivant mille émotions à la seconde, grâce à des scènes fortes, poignantes, qui nous dévastent le cœur et inondent nos yeux.

« Il y a un spectacle plus grand que la mer, c’est le ciel ; il y a un spectacle plus grand que le ciel, c’est l’intérieur de l’âme » disait Victor Hugo. Et c’est une vision sublime qui s’offre à nous de toute la complexité humaine qui vit dans un même corps. Les deux époques différentes sont éclairées par un regard novateur sans trahir un seul mot du texte de l’auteur qui n’est ici non pas réécrit mais narré et incarné avec une fidélité quasi religieuse. Jean Bellorini fait entendre un souffle nouveau dans la poésie intense et sincère de l’écriture hugolienne, plus vivante que jamais, où la splendeur des mots vient émerger d’un tourbillon émotionnel. Le misérabilisme s’exprime aussi à travers les mots des personnages bien plus que par leurs actions : « ils comblent le vide grâce à la parole, leur seule arme pour survivre. Parler pour ne rien dire peut-être, mais parler pour exister. ».

Tempête sous un crâne, certainement l’une des meilleures mises en scène de Jean Bellorini, s’inscrit comme une représentation qui marque nos mémoires au fer rouge comme une trace indélébile sur la peau d’un condamné.
8 mai 2014
8,5/10
80 0
Qui n’a jamais soupiré d’ennui ou d’appréhension face à la lecture de l’énorme pavé des Misérables ?
Le souvenir de ce monument littéraire, rempli de batailles sanglantes, de misère et de souffle révolutionnaire nous renvoie à une épopée lyrique et brutale, un roman-fleuve éprouvant et, ne le cachons pas, souvent ennuyeux.
Aux Quartiers d’Ivry, le travail de Jean Bellorini, mis à l’honneur cette saison (un Brecht à l’Odéon, sa reprise de Paroles gelées et celle de Liliom à la rentrée au TGP dont il est le tout nouveau directeur), revient sur le spectacle qui l’a fait connaître : Tempête sous un crâne, adaptation osée et pleine de panache d’un texte non dramatique difficilement transposable sur un plateau. Et pourtant, la magie opère durant presque quatre heures : le créateur de la compagnie Air de Lune n’hésite pas à tailler, à ciseler et à condenser le matériau hugolien. Évitant le piège du digest, le metteur en scène émerveille avec sa proposition pêchue, menée tambour battant, astucieuse et d’une simplicité déconcertante à mille lieux d’évacuer le souffle épique de l’hypotexte. Du théâtre populaire en somme, dans le sens noble du terme. Une porte vers l’imaginaire et l’émotion, accessible et sensible pour un voyage vers la liberté inoubliable.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor