Sur les pas de Léonard de Vinci

Après le succès de Misérables, William Mesguich et son équipe de comédiens-chanteurs-musiciens ont décidé de plonger dans l’histoire d’un des plus grands génies de tous les temps : Léonard De Vinci.

Lors d’une de ses visites au Louvre, Lisa, jeune artiste plasticienne et son frère Léo vont être transportés cinq cents ans en arrière par l’intrigante Joconde…

Ce voyage fantastique et musical en pleine Renaissance italienne va être l’occasion pour eux de rencontrer et côtoyer le grand maître Da Vinci, peintre, sculpteur, inventeur fou, humaniste, précurseur dans de nombreux domaines et rêvant de faire voler l’Homme. Parce que le présent se nourrit de l’héritage du passé et que la transmission est essentielle, Léo et Lisa ne seront plus jamais les mêmes après cette rencontre initiatique.

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12 mars 2020
8/10
5
Quelle chance et quelle idée de génie ! Se laisser enfermer au musée du Louvre pour admirer et “croquer” Mona Lisa, tranquillement sans horde de japonais. Lisa jeune peintre a une admiration sans borne pour Léonard de Vinci. La voilà donc installée devant la Joconde et celle-ci lui parle ! Elle a du bagout à revendre Mona, elle s’ennuie ferme malgré son sourire énigmatique… Tous les soirs elle retourne chez elle en pleine Renaissance, et propose à Lisa et son frère Léo de l’accompagner et rencontrer le Maître en personne !

Vêtus de costumes adéquats et fort jolis (bravo Alice Touvet), nos amis débarquent dans l’atelier du Maître, Mona est excitée, toujours prête à aider, à expérimenter aussi les inventions de Leonardo. Celui-ci accueille bien volontiers les deux jeunes gens. Lisa est travestie en jeune homme, les femmes n’avaient pas le droit d’exercer leur talent en atelier ! Léo s'accommode plus ou moins, et garde son franc-parler du 21ème siècle, cool Raoul !

Joliment mis en musique, on peut apprécier à leur juste valeur, la voix de Magali Paliès, joconde délurée et prête à tout, Estelle Andrea sensible et passionnée, Oscar Clark idole du jeune public avec ses réparties, Julien Clément belle voix et belle présence pour camper Léonard de Vinci.

C’est donc un beau et puissant voyage initiatique et en musique s’il vous plaît ! C’est drôle, ludique et instructif. William Mesguisch retrouve sa troupe, la mise en scène est vive, on se régale avec les décors, les vidéos, tout cela mené tambour battant !

Vite rendez-vous à l’Espace Paris Plaine ou bien en Avignon cet été au festival.
5 mars 2020
8,5/10
13
Eh non, en 1495, la pizza n'était pas inventée. Même à Florence !


Cruelle déception pour Léo, que sa sœur Lisa a traîné plus ou moins de force au Louvre, devant le portrait le plus célèbre de toute l'histoire de la peinture occidentale.

Un portrait qui s'est animé, à la grande stupéfaction des deux petits orphelins.

Oui, la Joconde en a marre de poser pour les selfies mondiaux des touristes !

Ras le bol d'être confinée dans ce cadre hyper sécurisé dans une salle du même acabit. Elle a besoin d'air, Mona Lisa !
Et surtout, elle brûle de faire découvrir aux deux enfants son créateur, l'illustrissime Léonard de Vinci.

Et pour ce faire, quoi de mieux qu'un petit voyage dans le temps, je vous le demande un peu !
Et nous, petits et grands, de nous retrouver dans l'atelier du génie.

On ne change pas une équipe qui gagne.

William Mesguich et sa petite troupe de comédiens-chanteurs-musiciens, qui nous avaient précédemment ravis, ici même, au théâtre Paris-Plaine dans une version très aboutie des Misérables, nous proposent cette fois-ci un nouveau et remarquable spectacle pour jeune public.

Une évocation épatante, à la fois dramaturgique et picturale, du grand Léonard.

Ici, dans ce voyage initiatique, écrit par Estelle Andréa, il va être question de transmission Et de résilience, aussi.
La rencontre avec il signore Da Vinci sera le prétexte à véhiculer auprès des têtes plus ou moins blondes de vraies valeurs humanistes, telles que la tolérance, l'acceptation de la différence (une séquence sur un quiproquo « gai » et « gay » est très drôle et très pertinente), ou encore le respect de l'Autre.

A son habitude, William Mesguich mène son monde avec une vraie acuité dramaturgique, avec pertinence et une belle énergie.
Les tableaux se succèdent avec un rythme soutenu. Ici, pas de temps morts !

Les chansons composées par Grégoire Lemoine sont fort réussies et très entraînantes. Impossible pour moi de ne pas fredonner le refrain de la toute dernière, à la sortie du spectacle.

Les paroles intelligentes, spirituelles collent parfaitement au texte.

Une très belle scénographie permet de recréer notamment l'atelier du peintre, avec les fameuses planches à la sanguine projetées sur trois écrans, dont deux amovibles.
Tout ceci est très beau et très réussi.
La scène de superposition de Léonard en chair et en os avec son Homme de Vitruve est particulièrement belle.


Et puis les quatre comédiens nous ravissent.
Par leur jeu, certes, mais également par leur talent de chanteurs. Et pour certains, de chanteurs et chanteuses lyriques.

C'est notamment le cas de Magali Palies, mezzo-soprano, par ailleurs directrice artistique de la compagnie Coïncidences Vocales.
Oui, Melle Palies incarne de façon jubilaroire cette Mona Lisa émancipée, qui n'hésite pas à danser du hip-hop ! Sa composition de « pilote d'essai » est également épatante. Je vous laisse découvrir sans en dire plus.

La comédienne est très drôle, mettant parfois en œuvre une gestuelle qui me fait penser à Valérie Lemercier.
Son interprétation de ce rôle pas si évident que cela est une belle réussite.

Tout comme celle de Julien Clément qui campe un De Vinci plus que convaincant.
Dans le rôle de ce grand humaniste, il déploie une vraie justesse, notamment dans la scène où est abordée de façon tout à fait adaptée son homosexualité.
Je n'aurai garde d'oublier son côté pédagogique qui fait découvrir notamment la technique du sfumato.

Léo est interprété par Oscar Clark, qui lui aussi fait beaucoup rire les jeunes spectateurs, avec ses expressions désabusées du début du spectacle.
Le comédien est également un guitariste émérite, accompagnant ainsi plusieurs des chansons.

Et puis l'auteur de la pièce, Estelle Andréa joue elle-même Lisa, la petite fille par qui tout arrive.
Le duo fonctionne très bien.

Tout comme les élèves de l'école Alain-Fournier présents dans la salle ce mercredi après-midi, tout comme Tifaine, j'ai pris beaucoup de plaisir à suivre les aventures spatio-temporelles de Mona Lisa.
Encore un spectacle qu'il serait dommage de laisser aux seuls petits !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Rire
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor