Nuit Gravement au Salut

Nuit Gravement au Salut
De Henri-Frédéric Blanc
Mis en scène par Ludovic Laroche
Avec Stéphanie Bassibey
  • Stéphanie Bassibey
  • Ludovic Laroche
  • Pierre-Michel Dudan
  • Théâtre de la Huchette
  • 23, rue de la Huchette
  • 75005 Paris
  • St-Michel (l.4, RER B et C)
Itinéraire
Billets de 9,50 à 25,00
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Léa Belmont est romancière. Victor Pontier est éditeur. Elle est idéaliste et séduisante. Il est cynique et suffisant.

Mais si ce soir ils dînent ensemble, c'est que la belle Léa a absolument besoin d'argent pour opérer son fils gravement malade et que le seul éditeur prêt à la publier est Victor Pontier.

Il est prêt à la publier...

 

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Toutes les critiques
1 janv. 2018
9/10
25 0
Léa est romancière, Victor est éditeur. Ils dinent : Léa a besoin de faire éditer rapidement son nouveau roman car elle a besoin d'argent pour son fils malade. L'éditeur, fat et suffisant, le sait et veut en profiter mais la belle, car c'est vraiment une belle personne, ne va pas se laisser faire, elle a plus d'un tour dans son sac pour esquiver les propositions douteuses de son vis à vis pénible. Le combat sera sans pitié !

Ah, il faut reconnaitre que Ludovic Laroche (qui signe aussi la mise en scène précise de cette pièce) incarne divinement bien un abruti de male à qui on aimerait bien dire deux mots assez méchamment dans un coin sombre, tellement il se prend pour le maitre de la situation et abuse de sa position sans aucune délicatesse. En face, Stéphanie Bassibey est impeccable, elle sait que le match est serré et qu'il faut rester souple pour éviter les mesquineries et autres bassesses envoyées par Victor. Elle trouve un allié inattendu en la personne du serveur (un hilarant Pierre-Michel Dudan, qui chante fort bien en prime) dont les doctes interventions lors du diner sont pleines d'humour et de 'délicatesse'.

Cette belle joute verbale présentée trouve un écho parfait dans notre actualité avec tout ce qui est déballé depuis l'affaire Weinstein . Elle réussi à être à la fois drole et grave en passant de la description rigolote des escargots qui vont servir de repas aux insinuations lourdes, limite insupportable de l'éditeur.
9/10
37 0
Un spectacle où l’élégance d’un combat à fleurets mouchetés se mêle à la crudité du harcèlement dans une splendide bataille entre une romancière et son éditeur, le temps d’un repas où tout est dit, tout est lâché.

Victor Pontier, célèbre éditeur et goujat à la connardise aboutie invite au restaurant Léa Belmont, jeune romancière qui souhaite faire paraitre son deuxième roman. Au motif de discuter du contrat d’édition, Victor tentera tout le long du dîner de séduire Léa qui n’aura de cesse de remettre le couvert sur les enjeux de sa présence et défendre avec dignité et conviction son talent et son insoumission.

Le repas se déroule dans une ambiance de sourdes tensions. Le machiavélisme du harceleur s’empêtre dans des propos et des postures ridicules de suffisance et de mépris pour la femme qui lui tient tête avec brio et finesse.

Heureusement, le garçon de restaurant survient par à-coup et toujours à point nommé pour distraire le jeu, le brouiller et le moquer avec la hardiesse d’un personnage venu d'ailleurs qui s’emporte dans des épopées d'explications culinaires ou lunaires, chantant des airs d’opéra et finissant les verres de vin.

Sans ces grains de folie salvateurs, il est fort à parier que le public ne monte sur la scène, tordre le coup de Victor ou lui faire avaler ses escargots par les oreilles.

Est-il possible que Victor Pontier, ce bourgeois machiste imbu de son pouvoir, de sa vanité et de ses certitudes, arrive à ses fins ? Jusqu’où peut-on compromettre son salut en opposant honneur et gloire ?

Un texte insupportable de précision sur la bêtise humaine gavée de domination masculine. D’un cynisme ciselé, il est construit dans une astucieuse progression qui fait monter la colère et attendre avec impatience la fin pour connaitre le destin de Léa.

Un texte théâtralisé par une adaptation heureuse qui alterne les moments crus et cruels de l’échange entre l’homme et la femme, aux délires fantasmagoriques du garçon de restaurant, hallucinant de drôlerie dans ses envolées rhétoriques iconoclastes.

La mise en scène de Ludovic Laroche est précise, feutrée et crée ce qu’il convient d’atmosphère pour nous troubler et ne plus savoir si ce salon de restaurant est un purgatoire ou un enfer. Les jeux sont calés au cordeau, sans accents, laissant aux répliques et aux situations la force de nous entreprendre avec une sobriété à l’efficacité redoutable.

La distribution est brillante. Stéphanie Bassibey donne à Léa Belmont une prestance à la beauté éclatante et une force de caractère remarquable dans l’émotion et la répartie. Pierre-Michel Dudan chante aussi bien qu’il joue et nous surprend de ses interventions hilarantes et très justement placées. Ludovic Laroche a dû être un enfant sournois et méchant dans les bacs à sable, ce n’est pas possible autrement, il joue un Victor Pontier détestable à souhait avec la modération nécessaire toutefois pour être horriblement crédible. Une fine et bonne équipe !

Un spectacle surprenant qui passe de la légèreté à l’intolérable sans crier gare, nous laissant captivés et suspendus jusqu’à la fin. Un propos d’actualité. Un spectacle fin et détonnant. Une très agréable surprise.
9 févr. 2015
9/10
97 0
Moment aussi délectable que le dîner pris devant nous sur scène, servi par trois vrais comédiens complices dans leur jeu, partageant la gourmandise des mots salés-sucrés pour le régal de leur public.

Un enjeu littéraire qui se transforme en jeu de séduction et qui donne lieu à de belles passes d'armes aux fleurets de moins en moins mouchetés.

Une mise en scène habile et des comédiens talentueux nous font pénétrer dans l'intimité d'une conversation qui dérape faute de non synchronisme des protagonistes, d'où une incommunicabilité absolue et un dénouement inattendu.

Une joute verbale ponctuée par un maître d'hôtel qui apporte des parenthèses facétieuses.
Souhaitons qu'après cette "dernière" à laquelle nous avons assisté, 2015 puisse à nouveau accueillir ce jubilatoire trio sur des planches comme cela a été annoncé au tombé de rideau .

Une date à retenir pour voir ce spectacle : le 19 Mai 2015 à Villeparisis (77), ne la ratez pas !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor