Mises en capsules 2022

Mises en capsules 2022
  • Ciné 13 Théâtre
  • 1, avenue Junot
  • 75018 Paris
  • Lamarck Caulaincourt (l.12)
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Pour ceux qui ne connaissent pas encore, Mises en Capsules ce sont des créations originales d’une demie heure, 5 spectacles par soir sur 3 soirées différentes.
On achète un billet pour la soirée ou un Pass pour le festival, et après c'est un buffet à la carte.
Chaque spectacle dure 30 minutes, il y a un entracte d'un quart d'heure entre chaque. Un quart d'heure où le bar est ouvert et sert un savoureux punch, où une exposition s'étend sur les murs du théâtre, où le public peut sortir et goûter ce petit coin de campagne à Paris qui entoure le Ciné XIII Théâtre. Une cloche sonne et la soirée continue...

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Un festival comme on aime et que nous retrouvons avec joie. Véritable moment attendu de découvertes de ce qui est, et restera, des temps de théâtre étonnants, truffés d’originalité et prises de risque. Cette année, nous avons vu cinq capsules, il y en a seize au total.

Mais parlons de ces cinq capsules.


STAN
De Félicien Juttner. Mise en scène de Félicien Juttner assisté de Tadrina Hocking. Avec Maxime Gleizes, Patrice Rivet et la participation amicale de Tadrina Hocking.
« Un soir qu’il s’ennuie chez lui, Stan reçoit une visite inattendue. Un ami qu’il n’avait plus vu depuis plus de vingt ans. Un de ces amis qu’on a perdu de vue et qui nous rappelle – quand on les retrouve – qu’en laissant le temps passer…On s’était peut s’être perdu de vue soi-même. »

Qu'arrive-t-il à Stan ? Reçoit-il Seb, un ancien ami très proche, un importun qui semble bien le connaître, un fantôme du passé qui resurgit pour le faire dialoguer avec la mort le temps d'une solitude pesante ? Ou bien encore son propre double qui s'impose à lui et lui dévoile les contours labyrinthiques de ses réminiscences et de sa condition ? Un rêve prémonitoire ou une pensée latérale ?

C'est dans ce quiproquo ambiant que nous passons avec lui la durée d'un match de foot à la télé et dont nous ressortons touchés, incertains et plein d'espoir finalement.

Un texte subtilement écrit. Une mise en scène efficace et des jeux richement incarnés et très prégnants. Une capsule qui ne demande qu'à s'envoler.



ENVOLE-MOI, ENVOLE-MOI, ENVOLE-MOI
De Marie-Julie Baup. Mise en scène de Marie-Julie Baup et Thierry Lopez. Collaboration artistique de Anouk Vial. Avec Marie-Julie Baup, Sipan Mouradian, Nicolas Martinez, Serge Da Silva, Brigitte Belle.
« Lilette tient à souhaiter une très belle année à tout le monde dans l’entreprise et leur parler également de sa virginité. Et sinon Gabriel de la compta est un peu beau, il a quelque chose quoi. Honoré Mamelle est aussi doux que rond, Jean Louis rit parfois gras, et Nathalia est extrêmement gênante. »
Un univers absurde et surréaliste que l'humour et la dérision colorent d'un comique déferlant tâtant parfois du burlesque. Lilette est cette jeune femme inhibée, profondément seule, prisonnière de ses propres doutes. Sa personnalité fragile oscille en les bousculant l’estime de soi, le sentiment de compétence et l'image personnelle. Elle appelle ça sa timidité. Alors bien sûr, elle trouve un appui auprès de son conseiller de vie, sorte de coach ou de psychologue un rien loufoque et un bon peu dingo, qui prend cher de ridicule.

Il s'en suit des essais et des erreurs, des expériences aussi, et puis cette découverte enfin d'une issue possible… heureuse ou pas.

Un argument intéressant. Un traitement dramaturgique risqué mais sans doute encore inabouti, comme le dessin des personnages. Une interprétation pêchue qui porte et emporte l'ensemble.



TABLEAU DE CHASSE
De Victoria Kaario. Mise en scène de Cédric Moreau assisté de Benoit Crou. Avec Alexandra Chouraqui et Géraude Ayeva Derman.

« Quand Candice Heymann apprend que sa fille Sarah a eu 11 à son exposé alors que tous ses camarades de classe ont eu 16, son sang ne fait qu’un tour. Elle décide de prendre rendez-vous avec Sophie Gassamé, sa professeure principale au collège Eugenie Cotton de Sarcelles, pour lui demander des comptes. »

Une confrontation violente entre une professeure et une mère d'élève qui soulève la question récurrente de l'affect dans la relation éducative. Comment le combat entre le désir et l'attente d'une mère avec la mission qui se veut implacable et objective d'une professeure peut-il se terminer ?

Et si un glissement des pulsions s'opérait ? si l'image sociale laissait tout à coup place à la réalité des sentiments, au dévoilement de son intimité, au soi véritable ? Que verrions nous alors ? Mais tout cela ne sera-t-il que l’instant volé d’une rencontre ?

Un tête-à-tête cruel, d’une violence inouïe et d'une densité remarquable, servi par deux comédiennes très convaincantes.



RANGE TON COEUR ET MANGE TA SOUPE
De Marjorie Fabre. Mise en scène de Chiara Breci assistée de Déborah Dahan. Avec Guillaume Charbuy, Claire Couture, Valeria Dafarra, Delphine Lalizout, Matthieu Pastore, Régis Romele,

« Range ton cœur et mange ta soupe commence autour d’un repas : un couple formé par deux personnages nommés A et B, réunit les belles-familles afin qu’elles se rencontrent pour la première fois, malgré les réticences ou la désapprobation des uns et des autres. Débute alors le parcours de ce couple qui tente de construire sa vie en dépit du regard familial, un parcours – du repas initial jusqu’au mariage – qui pourrait le mener à sa véritable émancipation. »

L'écriture de cette capsule est très intéressante par son parti-pris réussi de jeux permanents avec la fiction. Tout le long, le fil narratif est troublé par les injonctions des didascalies qui mêlent aux répliques, par des retours en arrière et des reprises.

Une très adroite façon de montrer l'incommunicabilité entre parents et enfants devenus adultes, de souligner le chemin trop souvent parsemé d’embûches pour parler de la différence, des oppositions entre l'attente des uns et la volonté des autres.

Cette traversée imaginaire de la réalité supposée captive l'attention par son originalité. La mise en scène épurée et stylisée convient parfaitement au récit. Le jeu des comédiens tient le fil narratif de bout en bout avec habileté et fluidité. Une capsule qu'on aimerait beaucoup voir développée.



LE MIRACLE DES GRENOUILLES
Texte et mise en scène de Ariane Boumendil. Collaboration artistique de Constance Carrelet. Avec Pascale Oudot, Ludivine de Chastenet, Constance Carrelet ou Ariane Boumendil.

« Trois sœurs se retrouvent un soir dans la maison de leur mère très malade, délirante, qui ne quitte plus son lit. C’est la plus jeune, qui, vivant là, s’occupe d’elle. De quoi peut-on discuter quand sa mère meure un étage au-dessus ? Comment parler de l’essentiel quand tout est matière à conflit ? Après un dîner très arrosé, la découverte dans la maison d’un livre sur la vie des saints fera prendre à la soirée un tournant inattendu… »

Un texte aride et d'une extrême violence, trash même, qui traite sans confession de l'animosité cruelle et agressive de trois sœurs confrontées à la fin de vie de leur mère. Là, à l'étage au-dessus d'elle.

Jouer en force, parfois appuyée, le récit prend place progressivement jusqu'à une fin inattendue et pourtant si évidente.

Une courte pièce qui donnerait sans doute un passionnant moment de théâtre dans un format plus long. Une interprétation intense et admirable.

- Le festival a lieu tous les jours à partir de 19h00 Jusqu’au 11 juin -
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor