Mémoires d'un Fou

Mémoires d'un Fou
De Gustave Flaubert
Mis en scène par Sterenn Guirriec
Avec William Mesguich
  • William Mesguich
  • En tournée dans toute la France
Itinéraire
Billets à 17,00
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Écrits à 17 ans, Les mémoires d’un fou sont dans l’œuvre de Flaubert une tentative singulière de mêler les genres de la biographie et des mémoires.

Réflexion sur les liens qui existent entre le langage et la réalité qu’il tente de représenter, Flaubert nous entraîne dans un jeu habile où il oppose sa « folie » à la bêtise du monde.

Note rapide
4,2/10
pour 3 notes et 2 critiques
1 critique
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1 critique
Note de 4 à 7
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Toutes les critiques
5 oct. 2015
3/10
87
Cette théâtralisation des Mémoires d'un fou, fulgurant texte personnel d'un jeune Flaubert à la recherche de lui-même, semble être la production d'un étudiant du même âge. Sans le talent.

Sur scène, du papier, partout. Collé aux murs, déversé sur la scène. Ce n'est pas le cliché d'une chambre d'adolescent que le metteur en scène cherche à montrer au spectateur (si ?), mais bien le chaos et le foisonnement intérieur de Gustave, qui se prétend fou. Soit. On devine que Sterenn Guirriec a pris Flaubert au pied de la lettre : il se dit fou ? William Mesguich jouera le fou. C'est dans le titre. Aucune ironie là-dedans, non, ce n'est pas le genre de Flaubert... Ainsi William Mesguich s'applique, du micro-jeu (tics du visage, regard hagard, paupières à vif de l'insomniaque) aux cabrioles les plus stéréotypiques : tremblements, évanouissements, recroquevillements ... Le tout selon une chorégraphie minutieuse. Car William Mesguich est sur rails, dans cette pièce : si vous le voyez s'approcher du public avec un sourire et un regard digne du plus effrayant serial killer de thriller de série B, vous saurez qu'à la prochaine extinction des feux sur scène il se précipitera (bruyamment) à son bureau pour se préparer à jouer l'écrivain pensif qui scande en regardant un coin de la salle. William Mesguich, aux cheveux longs, gras, blonds peroxydés, est un train fantôme de fête foraine. Oubliée, la subtilité du jeune Flaubert en pleine autocritique.

Mais passons le jeu du jeune Mesguich, qui offre parfois au spectateur des courts moments de poésie, faciles à reconnaître d'ailleurs : c'est lorsqu'il ne hurle pas et que les moyens audiovisuels utilisés par Guirriec ne viennent pas polluer la scène. Car le voilà, le fléau de la pièce. Lorsque Flaubert pense en écrivant, un enregistrement de la voix de l'acteur se superpose à la même réplique prononcée sur scène. Lorsque Flaubert entend des voix, le spectateur entend ces voix. Lorsque Flaubert a de terribles maux de tête, le spectateur entend ses acouphènes. "Gustave Flaubert, c'est moi !" pourrait dire le public... Mais cette pièce n'est pas silencieuse, et cela fatigue. De même, au papier qui bourre déjà la scène comme on bourre des chaussures neuves de vieux journaux, s'ajoutent des couches de projections numériques toutes plus kitsch les unes que les autres : pluie verticale de mots écrits en vert à la Matrix, silhouette rouge pixelisée du premier grand amour de Flaubert, et autres fonds d'écran psychédéliques dignes d'une ancienne version de Windows.

La scène est saturée, pleine de métaphores grossières (de la poussière d'or versée sur le bureau de l'écrivain, cela s'invente pas), de bruit, un bruit aussi bien auditif que photographique. Flaubert adolescent est théâtralisé de manière immature.
5 oct. 2015
5/10
103
William Mesguich pour sa rentrée théâtrale décide de prendre les habits de Gustave Flaubert dans Mémoire d'un fou au théâtre de Poche.

Ecrit en 1838, à 17 ans, Gustave Flaubert laisse sa plume prendre toutes les libertés et ne pourra être connu du grand public qu'après sa mort, en 1900 dans "La Revue Blanche". Cette tentative singulière de mêler les genres de la biographie et des mémoires trouve aujourd'hui sa place sur les planches pour un récit d'une heure.

La première chose que l'on voit lorsqu'on rentre dans la salle du théâtre de Poche, c'est une accumulation de papier recouvrant aussi bien le sol que les murs avec un petit bureau. J'ai tout de suite aimé l'impression qui pouvait se dégager de l'espace avant même que le spectacle commence. Et l'ambiance particulière s'est confirmée assez vite avec l'entrée de William Mesguich, grimé de blanc. Dans un habit sobre, il s'approprie les mots de Gustave Flaubert tout en se déplaçant dans le petit espace. Il va se faire aider de projections de lumières, de sons et de paroles pour créer du contexte. La mise en scène de Sterenn Guirriec est vraiment magnifique et sublime.

Je ne dirais pas forcément la même chose du texte. Le rythme est bien nuancé entre moment de folie, d'incohérence et de lucidité. L'artiste parle avec fougue de l'amour, de la tendresse et l'irréalité qui habite un amour à sens unique et aussi sa famille, surtout sa mère par biais de paroles entendues. L'énergie est là et je ne doute pas du talent de William Mesguich mais j'ai du mal à accrocher au choix de texte qui a été fait. L'histoire n'a pas de continuité, c'est une succession d'états. La brutalité de certaines émotions sont bien mises en relief mais pourtant une telle variété d'histoire m'empêche d'adhérer. Je ne pense pas avoir été la seule car certains se sont endormis très rapidement et les enfants présents n'ont pas été très sages. D'ailleurs, j'ai admiré le professionnalisme du comédien qui avait au premier rang devant lui aucun spectateur captif.

Encore une fois Gustave Flaubert ne m'a pas séduite par ses mots malgré une extraordinaire mise en scène et un comédien plein d'énergie. Si vous aimez Flaubert sous toutes ses formes, vous pouvez y aller, la personne à côté de moi a été totalement conquise.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Rire
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor