Les troyens

Les troyens
De Hector Berlioz
  • Opéra Bastille
  • Place de la Bastille
  • 75012 Paris
  • Bastille (l.1, l.5, l.8)
Itinéraire
Billets à 158,00
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Epopée lyrique témoignant d’une extraordinaire maîtrise orchestrale et chorale, l’opéra Les Troyens, d’après l’Enéide de Virgile, révèle Hector Berlioz à son sommet.

Pour servir ce monument du répertoire qui fit, il y a trente ans, l’ouverture de l’Opéra Bastille, Philippe Jordan dirige une distribution prestigieuse emmenée par Elina Garança, dans une mise en scène confiée à Dmitri Tcherniakov.

 

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5 févr. 2019
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Une destruction programmée...

La mise en scène de Tcherniakov pour cette nouvelle production des « Troyens » est loin de faire l’unanimité auprès du Public comme de la critique professionnelle, bien loin s’en faut.
Cette proposition a entrainé une quasi révolution dans l’immense salle de Bastille, au démarrage de la 3ème partie, pour la 2ème représentation -le 28 janvier -.
Je n’avais jamais été confrontée à un tel tapage dans la grande salle, du moins pas avant les applaudissements (et huées !) de fin de spectacle.

Le Chef est resté la baguette en l’air, de très longues minutes, avant de pouvoir lancer l’Orchestre, tandis que le Public manifestait son très vif mécontentement depuis différents lieux de la salle n’en pouvant plus des choix artistiques de Tcherniakov pour la partie « Les Troyens à Carthage ».
Non sans un certain humour et dans un souci d’apaisement, Philippe Jordan, tourné vers le Public, a arboré au bout de sa baguette un grand mouchoir blanc emprunté à un des violons , afin de pouvoir reprendre…
J’ai d’ailleurs trouvé l’orchestre moins en forme que d’habitude : la première du 25 janvier, avait dû les décourager !

Que dire de cette célébration très très déceptive, des 30 ans de l’inauguration de l’Opéra Bastille, nouvelle salle d’opéra, qui avait ouvert avec une production des Troyens en deux soirées beaucoup plus classiques alors.
Pas beaucoup de bien !
J’avais découvert alors cet opéra, jamais joué, du fait des moyens immenses qu’il requiert, mais avais été enchantée par la musique et le texte inspiré de L’Enéide.
J’avoue avoir conçu suite à ces 2 soirées un intérêt très grand pour Berlioz et ses Troyens et avais grand plaisir à l’écouter et le ré-écouter en version intégrale en CD.

En 2019 que nous propose -t-on ?
- des Troyens raccourcis pour tenir en une seule soirée : dommage pour les airs coupés qui ne le méritaient pas.

- la vision d’un Tcherniakov qui adore transposer (pourquoi pas si ça a du sens ?) mais n’aime pas suivre le livret (certaines fois cela manque totalement de pertinence, comme ici pour cette partie, les Troyens à Carthage ) et qui utilise des procédés qu’il peine à renouveler (ici, une fois encore, déroulement dans un établissement de ré-education post-traumatique).

- un plateau d’artistes prestigieux mais dont les 2 solistes prévus, Didon et Enée, ont déclaré forfait quelques semaines à peine avant la première : Elina Garança et Bryan Hymel pour de bonnes ou de mauvaises raisons (raisons de santé ? ou refus de se compromettre dans une mise en scène surprenante ?) remplacés au dernier moment par des interprètes valeureux certes Ekaterina Semenchuk et Brandon Jovanovitch. A noter, leur français très honorable.

- une première partie acceptable, à défaut d’être vraiment convaincante
Même si la pauvre Cassandre (Stéphanie d’Oustrac) est « fagotée » avec un costume masculin qui l’enlaidit. Rôle écrasant qu’elle défend avec talent. Ainsi que son fiancé Chorèbe, le baryton Stéphane Degoût. Ils sont très bons tous deux.
Je passerais sur la famille royale, un Priam dictateur d’opérette (et qui aurait commis un inceste sur sa fille Cassandre ??) et une Hécube Véronique Gens -quasiment en rôle muet ??- qui ressemble à Eva Péron, etc.
Le chœur habillé tout de gris (recyclage d’une autre production ??) au début est incompréhensible car on les fait bouger beaucoup, du coup il semblent avoir perdu le fil !
On ne voit pas le cheval mais Enée trahit (??) en faisant entrer les grecs (vêtements de type combinaison antinucléaire)
Décor genre Beyrouth bombardé d’un côté et palais présidentiel doré de l’autre.

- pour les « troyens à Carthage », c’est tout autre chose.
Je ne sais toujours pas si Didon est Didon et Enée, Enée.
Au début j’ai pensé qu’elle accueillait des réfugiés de la guerre (et donc était reine) puis après, je me suis demandé si elle n’était pas infirmière, puis après peut-être, une malade. A la fin je ne savais plus ! Et avec mes voisins nos interprétations divergeaient.
Apparemment ce sont des malades qui se livrent à des jeux de rôles, affubles de vêtements de crépon grotesques (notamment la pauvre Didon) sous la conduite d’animateurs bienveillants qui tout en chantant jouent au ping pong….Ou bien ils font du yoga, ou bien regardent la télé… et tutti quanti.
En tout cas, aucune émotion n’a transparu tout au long de cette partie. En dépit des excellents interprètes. Anna (Aude Extrémo), Iopas (Cyrille Dubois), Narbal (Christian Vanhorn), etc. Et Didon plutôt émouvante en dépit de tout. Et Enée qui assure correctement.
Chacun chante ses airs sans qu’on sache comment cela s’insère vraiment dans l’histoire.
La magnifique duo d’amour entre Didon et Enée « nuit d’ivresse et d’extase infinie… » se passe au milieu des chaises de préau et des tables en formica et on se demande tout le temps si les deux héros vont se regarder et se rapprocher. Eh bien non !
Je passe sur les différents épisodes de cette partie « Carthage », en tout cas à mes yeux c’est un massacre !
Et au final Didon meurt et ne meurt pas ! Des anxiolytiques semble-t-il…ou des placebo puisqu’elle se relève aussitôt?

Si vous avez comme moi fait du latin, vous vous souvenez peut-être de la fameuse locution « Delenda est Cartago », attribuée à Caton l’ancien, qui en usait à chaque discours devant le Sénat Romain jusqu’au déclenchement de la 3ème guerre punique.

Il semble que Tcherniakov l’ait lui aussi entendu… !
Carthage vient d’être une nouvelle fois détruite par ce metteur en scène !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Musique
Talent des artistes
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor