Les Élucubrations d'un homme soudain frappé par la grâce

Les Élucubrations d'un homme soudain frappé par la grâce
De Edouard Baer
Avec Edouard Baer
  • Edouard Baer
  • Théâtre Antoine
  • 14, boulevard de Strasbourg
  • 75010 Paris
  • Strasbourg Saint Denis (l.4, l.8, l.9)
Itinéraire
Billets de 20,00 à 55,00
À l'affiche du :
18 avril 2019 au 15 février 2020
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 19:00
    • 21:00
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Dans le théâtre soudain un homme surgit, l'air en fuite. Qui est à ses trousses ? Y a-t-il vraiment une menace ?

Il pourrait faire marche arrière, retourner à sa vie. Il est encore temps.

Juste une excuse à trouver : un moment de panique, une erreur d’aiguillage, une rencontre imprévue… Ou au contraire larguer les amarres, pour toujours.

Au cours de ce moment suspendu où tout peut basculer, il se prend à imaginer d’autres vies. De grands destins. L’appel du large. Il se rêve Casanova, Bukowski, Thomas Bernhard, Romain Gary…

Qu'auraient-ils fait à sa place ? Et moi, si j’étais moi, je ferais quoi ?

 

51

La critique de la rédaction : 6.5/10. Un peu déçu par ce -presque- seul en scène d’Édouard Baer.

Je m’attendais à plus de fond, plus de réflexions.

Des sujets intéressants sont évoqués mais trop survolés. L’acteur parle du courage et de la lâcheté, d’André Malraux, Romain Gary, de Brassens. Les références sont nombreuses, les transitions dans cette longue improvisation feinte sont plutôt fluides.

Nous retrouvons le personnage d’Édouard Baer, le plaisir qu’il prend à divaguer, son humour. Quelques passages sont très drôles.

Les personnages figurants apportent un peu de dynamisme. Hélas, dans l’ensemble nous ne sommes pas pris par ce texte inégal et le temps paraît parfois long.

Note rapide
7,1/10
14 pour 14 notes et 10 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
6 critiques
Note de 4 à 7
57%
4 critiques
Note de 8 à 10
43%
Toutes les critiques
24 août 2019
7,5/10
4 0
Dans la salle du théâtre Antoine, bien remplie pour un mois d’aout, l’heure du spectacle approche, les conversations se font rare et soudain, d’un coup, un homme échevelé surgit du fond de la salle et traverse la salle par la travée centrale. On reconnait Edouard Baer, évidemment, qui fuit… Mais qui fuit quoi exactement ?

C’est là le début d’un spectacle plutôt difficile à résumer… Mais ce qui est sûr, c’est que je me suis laissée embarquer par les élucubrations d’Edouard Baer.

C’est un spectacle original où nous rions souvent mais aussi où nous nous laissons émouvoir par un artiste doté d’une grande sensibilité. Il y a un rythme un peu particulier qui peut surprendre car nous alternons entre les saillies comiques et des passages beaucoup plus posés où Edouard Baer nous lit des extraits de Malraux, Camus,… Il y a de nombreuses références, parfois subtiles, qui se glissent en douceur dans un texte bien rythmé.

J’ai préféré la première partie du spectacle car il interagit avec un régisseur- barman (un très chouette Christophe Meynet pour la représentation où j’étais présente) : les dialogues sont savoureux, la complicité des deux comédiens est évidente.

Nous retrouvons Edouard Baer avec sa gouaille et cette façon de mélanger réalité et improvisation, on ne sait jamais si c’est le texte prévu ou s’il improvise avec grâce ! Fidèle à ses habitudes, nous avons le droit à des fulgurances ironiques qui nous font bien rire.

Il faut aussi souligner le très beau décor de bar de William Mordos et les lumières très réussies de Laurent Beal.
22 août 2019
9/10
2 0
A tous les fans de Baer, de ses chroniques de radio, de son humour décalé, de ses envolées lyriques ... Go go go !!

Un vrai show du début jusqu'à la fin, une maîtrise parfaite de la scène et de la mise en scène à tel point - et c'est là que l'on reconnaît un vrai comédien - que l'on ne sait pas à certains moments s'il joue ou s'il improvise. Un vrai régal pour les yeux et les oreilles !

On a qu'une envie à la fin de la pièce, c'est d'aller boire un coup avec lui, et qu'il continue à nous faire rire !
Une mention spéciale pour le rôle du barman, interprété brillamment par Christope Meynet (le soir où j'y suis allée).
30 juin 2019
7,5/10
2 0
J'ai beaucoup aimé la première partie et toute la mise en abyme avec le (faux) décor. Par contre mieux vaut connaître un peu les références (auteurs, comédiens) qui sont abordées rapidement et j'aurais aimé que les passages de lecture soient mieux introduits !

Edouard Baer est très bien et maîtrise son personnage et l'autodérision à la perfection, une bonne soirée si vous aimez le style de ce comédien vous ne serez pas déçus !
1 juin 2019
8/10
4 0
Pourquoi ce spectacle m’attirait-il ? Sans doute à cause de la tête d’affiche, et sûrement pas grâce à son titre – les titres à rallonge, j’ai tendance à me méfier. Je suis un peu un mouton. Je ne savais pas vraiment ce que j’allais voir, sinon que c’était interprété par un comédien en qui j’avais parfaitement confiance. Voilà un papier qui s’avère plutôt difficile à écrire, car ce qu’il nous présente n’est pas franchement descriptible : c’est un peu tout et rien à la fois.

Edouard Baer entre par la porte de la salle : il est un comédien qui s’est échappé de son théâtre, juste à côté – après tout, ce n’est pas ça qui manque sur le boulevard – car il devait jouer Les Élucubrations d’un homme frappé par la grâce mais la grâce était absente, ce soir. Il ne la sentait pas. Il devait incarner André Malraux mais il nous pose la question : peut-on réellement arriver comme ça et devenir André Malraux ? La réponse est sur toutes les lèvres. Le sourire aussi. Il commence à parler, parler, parler, et plus rien ne l’arrête.

On retrouve le Edouard Baer que l’on peut connaître grâce à Radio Nova : celui qu’on imagine presque un peu camé tant il est hors du temps, hors des mots, presqu’hors du monde. Il est rêveur, il raconte tout et n’importe quoi, il enchaîne des situations sans vraiment de lien mais ce pour notre plus grand bonheur. Il est probablement l’un des seuls à pouvoir faire ça – l’autre nom auquel je pense, évidemment, c’est Fabrice Luchini. Ce spectacle ressemble un peu à ce qu’il a pu présenter, sur son amour de la littérature, sur les grands textes qui l’ont accompagné dans sa carrière.

Mais c’est tout de même exprimé différemment. D’abord dans la forme, c’est beaucoup plus modeste, rien que par son entrée en scène. Mais dans le ton également : il est franchement dans le partage là où Luchini peut davantage être dans la recherche de l’absolu. Pour Baer, c’est un moment avec le public. C’est parce qu’il a une passion pour ce qu’il dit et qu’il voudrait presque nous la transmettre qu’on est pendus à ses lèvres. Il y a également quelque chose de profondément humain dans la manière dont il s’approprie ces textes et tente de se cacher derrière : il met en valeur ce qu’il dit, jamais sa personne. Et puis il faut bien reconnaître qu’il a une réelle présence et un charme fou : même dans les tirades les plus étranges, les moins poétiques, on est sur un petit nuage théâtral.

Le spectacle est, malgré tout, un peu bancal : si le comédien convainc sans problème, son texte a quelques petits défauts. L’ensemble est prenant, sans doute, mais certaines liaisons apparaissent un peu fabriquées : ainsi, lorsqu’il sort certains livres pour en lire des passages, cela manque d’authenticité et jure avec un ensemble qui pourrait presque donner l’illusion d’une longue improvisation. C’est là-dedans qu’il est le meilleur. On aimerait d’ailleurs que certains moments durent encore et encore : comme lorsque, grand amateur de théâtre de boulevard et de Jacqueline Maillan, il reproduit les entrées en scène classiques que l’on peut retrouver dans ce type de pièce. Il tente peut-être trois ou quatre entrées ainsi qui sont un régal absolu et l’on aimerait que ses tentatives ne finissent jamais. Ce sont, ainsi, de petits instants de grâce.

Finalement, le spectacle portait bien son nom !
24 mai 2019
7,5/10
3 0
Avertissement : je suis un fan d'Edouard Baer de la première heure, je l'écoutais sur Nova quand il animait la Grosse Boule avec Ariel Wizmann, puis sur Canal+ dans la mensuelle "A la rencontre...", dans le Centre de Visionnage toujours sur Canal+, la Bostella au cinéma (j'aimais moins), puis ses Grand Mezze sur scène avec François Rollin, son animation de Cannes/des Césars, puis Luigi Prozotti, etc. En résumé, je suis un inconditionnel de ce grand névrosé.

Ausssi, il existe une frustration qu'on a tous vécue, celle de la révélation d'un talent au grand jour que nous, on connaissait depuis longtemps. Oui madame d'un certain âge au premier rang, je parle de vous. On la traiterait de Footix dans le monde du football : vous vous intéressez à cette équipe maintenant qu'elle gagne, mais moi je la suis depuis la Division 3 quand on regardait des 0-0 dans le froid contre Avranches.

Pour revenir à la pièce, EB a désormais un statut : 51 euros la place en balcon et références à tous les grands de la littérature qui l'ont fait rêver. L'aboutissement d'un comédien. Il reste EB avec son humour décalo-improvisé, sa gouaille, sa façon de mêler le réel et la fiction, ses saillies verbales. Mais désormais il calme le jeu, cite du Malraux, du Bukowski, du Bernhard, du Camus.

Tous les enchaînements sont faits avec habileté et ne font pas trop "arrangés". Mais voilà, Edouard est à présent un artiste, un vrai comédien et il le prouve. On aura envie de la comparer à Luchini mais c'est moins grandiloquent et donc plus juste.

Le Centre de Visionnage avec Maître Morrissart me manque, mais on ne peut pas éternellement jouer dans le même registre - sauf De Funès - et rester excellent.
Je t'aime toujours Edouard.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu d'acteur
Rire
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor