Les Démons

Les Démons
De Fédor Dostoïevski
Mis en scène par Sylvain Creuzevault
Avec Valérie Dréville
  • Valérie Dréville
  • Nicolas Bouchaud
  • Arthur Igual
  • Vladislav Galard
  • Sava Lolov
  • Théâtre de l'Odéon (théâtre de l'Europe)
  • Place de l'Odéon
  • 75006 Paris
  • Odéon (l.4, l.10)
Itinéraire
Billets de 6,00 à 40,00
Evénement plus programmé pour le moment
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Dostoïevski avait d’abord conçu Les Démons comme une œuvre de dénonciation et de combat, mais son génie visionnaire l’emporte. Le roman devait faire l’autopsie d’un certain nihilisme révolutionnaire débouchant sur le terrorisme.

Au bout de trois ans d’écriture, toutes les figures de cette intrigue foisonnante, qu’elles soient conservatrices ou progressistes, ont conquis leur part d’ombre et leur épaisseur propre.

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18 janv. 2020
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Au TNP Villeurbanne jusqu'au 25 janvier 2020. La mise en scène de Sylvain Creuzevault, librement inspirée du roman de Dostoïevski, nous propose avant tout un spectacle burlesque qui étire la conception habituelle d’une pièce de théâtre. Lors d’un prologue à la pièce, un acteur invite les spectateurs qui viennent tout juste de s’installer dans leur fauteuil, à prendre une coupe de champagne. Il est étonnant de voir avec quelle facilité et jubilation le public accepte cette offre, faisant d’eux « a Very Important Person ». Pour faciliter encore davantage l’adhésion de la salle au spectacle, avant même que celui-ci commence, une simple coupe de champagne ne peut suffire … On va donc l’abreuver d’une musique contemporaine jouée à la guitare électrique jusqu’à la saturation du son. La musique aurait-elle le pouvoir d’obtenir sans effort le consentement d’une salle de spectacle ? La saturation est le fil rouge proposé dans cette mise en scène. Saturer le son, mais aussi saturer l’espace afin de trouver une nouvelle proposition à la relation scène/salle, acteurs/public. Cela va se manifester par le placement de spectateurs assis de chaque côté de la scène, visibles du public et pas toujours très à l’aise. Une spectatrice sera même interpellée pour venir faire l’actrice sur la scène. En contrepoint, un acteur se mêlera au public en grimpant sur leurs sièges. Et Valérie Dréville en superbe et charismatique Alex Kirillova ira jusqu’à apostropher les spectateurs qui décident de partir avant la fin du spectacle ! Saturation du son – de l’espace mais aussi saturation de l’air lorsqu’une fumée oppressante envahit la scène et la salle pendant des minutes interminables. Saturation également de la pensée quand le public noyé dans le brouillard n’a pas d’autre choix que d’écouter la diarrhée verbale d’un discours soi-disant idéologique mais peu compréhensible. Saturation du liquide : le sang bien sûr (assassinat – naissance), mais aussi l’eau. Dans une perspective religieuse, l’eau bénite comme une eau purificatrice projetée sur les corps de ces Démons. Dans une perspective laïque, l’eau comme un jet d’eau de policiers ou pompiers cherchant à neutraliser ces démoniaques . Au final, le chaos : un décor ravagé, Piot en sang, décomposé et Stavroguine, inlassable séducteur, même pendu ! Une pièce de théâtre fortement revisitée par le metteur en scène qui a pris de gros risques dans ce bric à brac burlesque et sympathique. Il dit lui-même avoir voulu « danser sur les cimes ». Des acteurs irréprochables auxquels on demande souvent l’impossible. Enfin, n’oublions pas l’ultime saturation, celle du temps 3h15 !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor