L'effet de Serge

L'effet de Serge
  • Théâtre des Amandiers
  • 7, avenue Pablo-Picasso
  • 92000 Nanterre
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Dans son appartement, un individu nommé Serge reçoit tous les dimanches des amis auxquels il présente une performance d’une à trois minutes. 

À mi‑chemin entre pratique amateur et art minimaliste et quasi expérimental, ces micro‑spectacles présentés dans le décor de son appartement déploient une poésie de l’ordinaire, célébrant l’inventivité simple et la joie calme du partage d’une passion. Semaine après semaine, Serge expérimente avec une douce mélancolie des dessins lumineux au laser, teste l’effet d’une musique contemporaine, révèle la puissance onirique des phares d’une voiture.

La moquette violette de son salon, la table de ping‑pong, la télé placée dans un coin, les paquets de chips entamés et tous les petits objets éparpillés dans la pièce forment désormais le paysage familier et exceptionnel d’un quotidien qui se façonne dans le temps court, dense et compact de ces effets drôlement spectaculaires.

 

L’Effet de Serge, ouvert à des invités différents chaque soir (les amis de Serge), se déploie comme une forme à la fois régulée et spontanée, plaque sensible sur laquelle s’impriment les imprévus. À travers cette pièce, c’est tout le travail de Philippe Quesne et de Vivarium Studio qui se donne à voir, porté par l’utopie d’une petite communauté. Conçu pour le comédien Gaëtan Vourc’h en 2007, L’Effet de Serge est maintenant repris une fois par mois à Nanterre‑Amandiers, devenant ainsi une pièce de répertoire, présentée avec la même régularité que le rituel dominical de Serge.

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La critique de Phane (rédac' AuBalcon) : Le ré-enchantement du quotidien – ou alors une énorme blague, à vous de voir.
Tout commence avec un cosmonaute qui arrive sur scène, nous décrit la pièce et le lieu où se jouera celle-ci avec beaucoup de précision, et une voix ironique – ou alors monotone, à vous de décider.
Et puis la pièce commence : on suit Serge, un individu lambda, qui mange, boit, joue, regarde la télé, comme n’importe qui. Un malaise s’installe peu à peu. La gêne se situe dans le fait que les déambulations de Serge dans son appartement pourraient être celles de n’importe qui. Les spectateurs sont alors dans l’inconfortable position de voyeurs : rire ou gêne, telles sont les positions alors adoptées par ceux-ci.

Notre attente n’est toutefois pas complètement déçue, du moins, on attend bien quelque chose : en effet Serge organise des spectacles de 3 minutes pour ses amis chaque semaine, qui mettent en scène les objets du quotidien, les magnifient ou les ridiculisent (tout dépend du point de vue qu’on choisit !). Ainsi nous pouvons contempler les phares d’une voiture danser au rythme de La chevauchée des Walkyries de Wagner, et trouver cela complètement stupide et ridicule, ou alors le prendre comme une véritable « magnification » du quotidien, comme le font les amis de Serge. De voyeurs nous passons alors à spectateurs, ce qui nous convient tout de même mieux.

Quant à la fin… Beaucoup de suspens et de rebondissements vous attendent si vous allez le voir, futur spectateur de ce spectacle étrange !

C’est une pièce qui m’a désarçonnée complètement : je ne savais pas très bien si je devais trouver ces mises en scènes totalement absurdes et inutiles, ou alors géniales. Mais il y a surtout la longue attente entre chaque mini spectacle de Serge, qui peut être vécu dans un ennui mortel, ou une attente fébrile.

Pour les curieux, les amateurs de musique classique et moins classique, pour ceux qui veulent rire de rien et de tout, ce spectacle est pour vous.

 

Note rapide
5,5/10
pour 2 notes et 1 critique
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Note de 4 à 7
50%
1 critique
Note de 8 à 10
50%
1 critique
8/10
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Serge invite chez lui, chaque dimanche à 18h00, un, deux ou plusieurs amis pour leur montrer un tout petit spectacle d’une à 3 minutes, composé d’effets spéciaux qu’il a préparés minutieusement.

Oh pas de grands effets façon cinéma ! Ce féru de gadgets en tous genres est plus proche d’un amateur de farces et attrapes du marchand de couleurs de l’avenue de la République que des techniciens de La Guerre des Étoiles. Il n’empêche, ces spectateurs d’un jour (oui, ils ne viennent qu’une fois) semblent enchantés, ravis, ébaudis... On pourrait même craindre des évanouissements devant de telles réactions ! Ils sont conquis, nous aussi, pour des raisons différentes et complémentaires voire complices.

Nous sommes dans le public mais nous ressentons des émotions voisines des invités de Serge. Pas celles qu’ils expriment devant les mini-spectacles mais celles qui ressortent de cette tension légère latente, de cette gêne de ne savoir quoi faire ni que dire, de regarder le comédien en tant que spectateurs se sachant regarder par le vrai public.

Cette auto projection dans le rôle du spectateur regardé est une expérience étonnante pour eux comme pour nous. Un petit délice de complicité involontaire.

Derrière l’incongruité des situations où l’humour rôdeur éclate parfois, nous nous surprenons à sourire avant de rire, comme devant un gag de Pierre Étaix ou un exploit de James Thierrée, tant la poésie prédomine le geste.

Nous sommes pris dans ce jeu espiègle et savoureux du théâtre dans le théâtre.

Comment savoir ce qui nous touche le plus entre ces représentations de soirées entre amis aux allures de théâtre à domicile et cette mise en abyme plutôt ludique à laquelle nous assistons comme des observateurs bienveillants et discrets ? Jeu dans le jeu, comme le font les enfants ? « Alors là, on dirait que je suis un comédien qui fait un spectacle pyrotechnique et vous, vous êtes des spectateurs qui trouvent le spectacle très beau et tout, d’accord ? On y va ! »…

Entre jeu d’enfants rieurs, euphorie mélancolique et tristesse de la solitude, qui est ce Serge dont il ne nous dit rien ? Un perdu dans la ville, seul même avec ses amis ? Un performeur malicieux qui jouent de nous avec ses miroirs ? Un comédien professionnel assisté d’une autre comédienne professionnelle, rassemblant des amateurs de théâtre qui viennent dès 10h00 pour se préparer et jouer le jeu d’être les acteurs d’une soirée ?

Vous avez dit étrange ? Comme c’est étrange…

La musique tient une place entière et prépondérante. Elle semble être le seul élément vraisemblable, le plus stable et le plus prévisible de cet objet théâtral amusant marchant le fil du rasoir entre le vrai et le faux.

Une gageure réussie. Une expérience authentique de spectacle vivant. À découvrir sans hésiter.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor