La Volupté de l'Honneur

La Volupté de l'Honneur
De Luigi Pirandello
Mis en scène par Marie-José Malis
Avec Pascal Batigne
  • Pascal Batigne
  • Juan Antonio Crespillo
  • Sylvia Etcheto
  • Olivier Horeau
  • Victor Ponomarev
  • Michèle Goddet
  • Théâtre de la Commune
  • 2, rue Edouard Poisson
  • 93300 Aubervilliers
Itinéraire
Billets à 9,00
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Voici ce que Pirandello demandait au théâtre : comment ferons-nous pour être capables d’une vérité dans un monde sans Dieu ni morale ? Réponse : Il n’y a qu’à tomber amoureux de beaux personnages, les jouer et s’y tenir. C’est la discipline du masque. C’est l’invention de la réalité comme conséquence de nos fictions.

Agata est enceinte d’un homme marié, le comte Fabio. Pour préserver leur réputation la mère et l’amant de la jeune fille sollicitent Baldovino. Ruiné, endetté, déclassé, ce dernier accepte d’endosser le masque du père et mari légitime contre la liquidation de ses dettes. Mais ce mariage de façade produit un effet inattendu : l’artifice devient pour Baldovino une vérité libératrice ! Du pur simulacre à la règle de conduite, son rôle lui permet de se réinventer et d’ériger – contre la volonté de ses « recruteurs » – la vertu, le rapport ému à la vérité, en principe valable pour tous...

 
Chez Pirandello, le masque, le jeu avec la fiction, ne nous disent pas qu’il n’y a pas de vérité puisque tout est artifice. Au contraire : Pirandello nous dit qu’il y a de la vérité et qu’elle est toujours construction humaine. Il faut vivre avec ça : c’est le courage des modernes, savoir que ça ne dépend que de nous !

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La critique de la rédaction : 6/10. Une pièce qui ne commence pas. Qui s’étire en longueur et où l’on s’accroche aux phrases des personnages telles des bouées mais on est vite rejeté dans la lenteur et l’inaction de ce début de drame.

La pièce durant trois heures et demi, cette situation initiale laisse perplexe, ennuie, et finit par faire très peur quand on s’imagine que la suite sera à son image. Mais après une présentation un peu confuse de la situation faite par le marquis Fabio et son cousin (une jeune femme compromise par son amant déjà marié, et qui doit donc être mariée à son tour pour sauver les « apparences »), le personnage principal arrive enfin : Angelo Baldovino. C’est lui qui sera le mari d’Agatha, la jeune femme mise enceinte par le marquis, et qui devra donc sauver les apparences. L’acteur incarne à la perfection la folle et rigide droiture du personnage, et c’est lui qui insufflera à la pièce une véritable action. Tous les autres personnages gravitent autour de lui et de son ambition qui est de « sauver les apparences » dans une honnêteté poussée à bout.


La deuxième partie du spectacle est beaucoup plus rythmée, et bien plus facile à suivre : la situation nous apparaît tout entière, ainsi que ses « terribles conséquences ». Il nous arrive de rire face à la tyrannie de la sincérité qu’Angelo Baldovino impose à toute la famille (surtout le moment où il oblige l’enfant à porter un nom affreux, toujours par souci de « sauver les apparences »). La troisième partie est un peu plus explicative, on retombe dans la lenteur du début, mais elle reste bien composée et admirablement jouée. A la fin, le personnage de Baldovino nous est devenu si sympathique que l’identification est aisée, même s’il dit jouer un « personnage » depuis le début de la pièce.

La représentation contient beaucoup de longueurs, la première partie aurait pu être résumée en 20 minutes. Un peu trop de silences intellectualisants qui ne permettent pas aux spectateurs de réfléchir, mais plutôt de s’ennuyer. Pourtant, la pièce parvient à nous charmer notamment grâce à la prestation de Baldovino et des autres acteurs, grâce au grotesque de la situation qui en devient tragique, et grâce aux interjections constantes au spectateur. En effet, l’accent est mis sur la théâtralité et les jeux de rôles : le public est souvent interpellé, on accroche un grand rideau sur scène, on détruit le décors, on vient s’asseoir près du public, on lui joue même des tours…

Une pièce surprenante, pour les spectateurs qui aiment bien s’assoupir un peu et avoir beaucoup de surprises !

Note rapide
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor