Je l'appelais Monsieur Cocteau

Je l'appelais Monsieur Cocteau
Mis en scène par Pascal Vitiello
  • Théâtre La Bruyère
  • 5, rue La Bruyère
  • 75009 Paris
  • St-Georges (l.12)
Itinéraire
Billets de 16,00 à 38,00
Evénement plus programmé pour le moment

"Je l'appelais monsieur Cocteau" nous fait découvrir les dernières années du poète à travers le récit passionnant de Carole Weisweiller...

Adaptée pour la scène par Bérengère Dautun, cette action dramatique nous fera revivre les moments les plus importants de la relation entre Jean Cocteau et Carole Weisweiller.

Le temps a passé, Carole de retour d'une soirée pose son regard, son attention sur un objet créé par la main de Cocteau et par la puissance de l'esprit le poète est à nouveau parmi nous. Et c'est ainsi que s'instaure un dialogue avec Jean Cocteau, toujours présent dans le coeur de Carole Weisweiller.

 

Ponctué de vidéos des fresques réalisées par le poète à la villa Santo Sospir, "Je l'appelais Monsieur Cocteau" est un spectacle original, une promenade dans l'univers de Jean Cocteau comme des poussières d'étoiles... un bel hommage au Prince des Poètes.

 

Note rapide
Toutes les critiques
Quel doux et délicat spectacle, fait de confidences discrètes, de découvertes heureuses et d’émotions sensibles.

Dans une ambiance où le récit conté se mêle à un onirisme velouté, au son de la musique d'Érik Satie, ce spectacle est une balade savante et poétique parsemée de tendresse et baignée du respect mutuel qui éclaire la merveilleuse amitié entre une enfant, Carole, et l'artiste Jean Cocteau.

Tiré du livre homonyme de Carole Weisweiller publié en 2011 et adapté pour le théâtre par Bérengère Dautun, nous découvrons une partie de la vie de Jean Cocteau, peu connue : La douzaine d’années où il vit de façon régulière de longs moments dans la famille de Francine Weisweiller, mécène qui compta beaucoup pour de nombreux artistes de l’après-guerre, en particulier pour Cocteau, le Prince des Poètes.

Parmi les figures de proue du mouvement artistique de cette époque, Cocteau déborde d’une richesse créatrice intarissable et marquera par sa contribution iconoclaste et débridée. Cinéaste, écrivain, plasticien et surtout… poète, statut auquel il confère une proximité prédominante à toute son œuvre.

Tout le long du spectacle nous découvrons, surpris et ravis, l’homme derrière son talent. Au fil des souvenirs égrenés, des anecdotes, des dessins et des fragments de peintures ou d’extraits de lettres, Carole Weisweiller, la fille de Francine, nous confie des morceaux de vie, tirés de son enfance et de sa jeunesse. Elle nous raconte avec une admiration respectueuse ces moments partagés ou ces instants volés avec celui qu’elle appelait monsieur Cocteau. Une amitié inaltérable d’une enfant et d’un grand artiste dont la mort a interrompu les rencontres mais n’a sans doute pas brisé la fidèle et profonde estime de cette femme, établie à jamais.

Pascal Vitiello signe une mise en scène adroite avec un parti-pris évident de discrétion, mêlant au récit captivant de Carole, la présence quasi onirique et surnaturelle du personnage de Cocteau. Dans un décor épuré, à l’aide de quelques images projetées, notre attention est centrée sur ce qui est dit, troublée par moments par la présence du personnage de Cocteau qui est là, toujours présent, comme une image éternelle.

Bérengère Dautun conte avec raffinement et une intensité vibrante les séquences choisies pour révéler cette amitié belle comme un soleil d’été et douce comme un lit de sable chaud. Elle nous émeut par la sincérité des sentiments qui lient celle qu'elle appelait monsieur Cocteau à celui qui l’appelait la demoiselle aux deux mains gauches.

Guillaume Bienvenu nous surprend de sa maîtrise sobre et fluide du personnage de Cocteau. Il ponctue le récit de Carole, il rit, il dit des bribes extraites de ses lettres et commente ses dessins avec charme et légèreté. Il évolue sur le plateau avec une aisance saisissante nous livrant avec allégresse les états d’âme de Cocteau, que l’on devine gorgés de bonté.

Un beau couple de théâtre pour un joli récit biographique. Un magnifique hommage que ce très agréable spectacle. À déguster sans hésiter.
8 févr. 2017
1/10
16 0
Nullissime. L'auteure se remémore l'hébergement de Cocteau par ses riches parents. Petite fille gâtée et égocentrique elle ramène tout à elle. Seule bonne idée la projection d'oeuvres de Cocteau.
15 mai 2016
7,5/10
44 0
Quelques notes de piano, sans doute une des Gymnopédies de Satie.

Bérengère Dautun est dans la peau de Carole Weisweiller. Elle raconte la première fois qu'elle se trouve face à celui qu'elle appellera toute sa vie "monsieur Cocteau". La scène se passe en 1949 à l'occasion du Silence de la mer.

Carole n'a que 7 ans et demi et la "vraie" rencontre marque le début d'un coup de foudre d'amitié entre Cocteau et sa mère, Francine, épouse d'un banquier, qui fut l'amie, la muse et la mécène de l'artiste. Il séjourna souvent, de 1950 à 1962, dans sa villa Santo-Sospir à Saint Jean Cap Ferrat et dont il décora tous les murs.

Des vidéos des fresques réalisées par le poète à la villa montrent sa manière de travailler, très vite, à même le mur, sans croquis préalable, d'une main qui n'hésite jamais, en diluant la poudre dans du lait pour fixer la couleur. Difficile de croire qu'il ne se mit à peindre qu'à 60 ans.

La comédienne revient sur cette période et la présence discrète mais efficace de Guillaume Bienvenu devant ou derrière une toile qui fait figure de miroir, fait revivre l'éternelle, le charme et la fraicheur du poète : mon bonheur est simple, j'aime aimer.

On comprend son mode de fonctionnement, prêt à tout pour se faire aimer, puisqu'il ne s'aime pas lui-même. Il doute de tout : il n'y pas d'amour, que des preuves d'amour.

Le spectacle nous apprend aussi combien Cocteau détestait tous les aspects matériels de la vie. A travers ce récit on se dit qu'il n'a pas davantage su défendre ses possessions que sa réputation. Il avait pourtant les mots pour encourager l'enfant : Ce qu'on te reproche, cultive-le, c'est toi.
Ce qui est original c'est de réussir à souligner combien la poésie de Cocteau était celle de l'enfant qu'il est resté. Rien d'étonnant à ce qu'il ait été si bien compris par Carole qui l'a connu quand elle était très jeune : il avait l'air d'avoir enfilé par mégarde la peau d'un adulte.

On voit aussi l'église de Villefranche où le monde entier défila pour admirer le sanctuaire de sa mythologie.

Je savais combien Pablo Picasso s'était mesuré à Matisse mais j'ignorais sa rivalité avec Cocteau.

Bérengère Dautun a réalisé une adaptation très fine et sensible, bien servie par la mise en scène sobre et pudique de Pascal Vitiello avec lequel elle a l'habitude de travailler. C'était lui qui l'avait mise en scène dans Comtesse de Ségur, née Rosopchine qui sera repris en mars 2017 dans ce même studio Hébertot.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor