Critiques pour l'événement Fumiers
Avouez qu’une guerre de voisinage titille nos plus bas instincts : les commérages, le voyeurisme et les indiscrétions en pagaille. Souvenez-vous de l’émission Strip-tease diffusée sur France 3 il y a quelques années. Une caméra filmant le quotidien des Français sans le filtre de la voix off. Une absence de commentaire qui faisait tout son sel. Situations ubuesques, dérapages fréquents… On peut se demander pourquoi Thomas Blanchard a eu l’idée farfelue d’adapter un épisode pour le théâtre. L’écran de la scène apporte-t-il vraiment un plus ou dénature-t-il au contraire le principe même du reportage ? Au Rond-Point, l’expérience emballe et cristallise avec un humour scato-trash la question épineuse du fameux vivre-ensemble.
Nicole Vaucher en a gros sur la patate : ses voisins, les Dejousse, empiéteraient sur son terrain. Résultat des courses, la vieille agricultrice déverse des tonnes de purin sous leur fenêtre. Insultes, provocations, gamineries… Tout y passe et le village de Brioux Saint-Juire s’enflamme pour l’affaire.
Bouses explosives
Sur le plateau, un immense (trop) tas de fumier mange l’espace. On ne voit que lui, il concentre l’attention et la tension. Merde physique, merde orale : les mots doux s’échangent à la vitesse de l’éclair. Plaisir coupable : se confronter à l’autre, c’est tester ses limites et jouir de l’exercice d’un langage ordurier. Fumiers expose le conflit comme un principe dramaturgique fort, la source même du théâtre. On passe son temps à se voler dans les plumes et tant mieux peut-être finalement. Se disputer violemment revient à s’affirmer, à se revivifier sous la pression de l’autre.
Thomas Blanchard a bien compris que le prisme théâtral pousse à l’excès. Il autorise la distanciation tout en appuyant sans ménagement ses effets. Le risque serait de transformer le documentaire en caricature et le point de non-retour est très tendu ici. Le reportage s’avère déjà en lui-même grotesque et hilarant au possible. Que pourrait apporter une transposition scénique ? Une prise de conscience plus forte par ce phénomène de monstration appuyée ? Peut-être.
Le metteur en scène s’appuie sur des comédiens béton : Johanna Nizard est méconnaissable en Tatie Danielle voûtée et chipie. On adore ! Olivier Martin-Salvan n’a plus rien à prouver : son physique d’ogre-nounours est tout-terrain. Il se montre désopilant en journaliste maniéré qui zozotte et en fermier ahuri aux cheveux longs. Christine Pignet régale en bourgeoise de pacotille et Thomas Blanchard lui-même campe un voisin en pétard du plus bel acabit.
Si ce Fumiers ne brille pas par sa finesse (ce serait vache de le lui reprocher), on passe un moment de détente assuré en compagnie d’une brochette de talents qui s’amusent visiblement comme de petits fous. Et nous avec.
Nicole Vaucher en a gros sur la patate : ses voisins, les Dejousse, empiéteraient sur son terrain. Résultat des courses, la vieille agricultrice déverse des tonnes de purin sous leur fenêtre. Insultes, provocations, gamineries… Tout y passe et le village de Brioux Saint-Juire s’enflamme pour l’affaire.
Bouses explosives
Sur le plateau, un immense (trop) tas de fumier mange l’espace. On ne voit que lui, il concentre l’attention et la tension. Merde physique, merde orale : les mots doux s’échangent à la vitesse de l’éclair. Plaisir coupable : se confronter à l’autre, c’est tester ses limites et jouir de l’exercice d’un langage ordurier. Fumiers expose le conflit comme un principe dramaturgique fort, la source même du théâtre. On passe son temps à se voler dans les plumes et tant mieux peut-être finalement. Se disputer violemment revient à s’affirmer, à se revivifier sous la pression de l’autre.
Thomas Blanchard a bien compris que le prisme théâtral pousse à l’excès. Il autorise la distanciation tout en appuyant sans ménagement ses effets. Le risque serait de transformer le documentaire en caricature et le point de non-retour est très tendu ici. Le reportage s’avère déjà en lui-même grotesque et hilarant au possible. Que pourrait apporter une transposition scénique ? Une prise de conscience plus forte par ce phénomène de monstration appuyée ? Peut-être.
Le metteur en scène s’appuie sur des comédiens béton : Johanna Nizard est méconnaissable en Tatie Danielle voûtée et chipie. On adore ! Olivier Martin-Salvan n’a plus rien à prouver : son physique d’ogre-nounours est tout-terrain. Il se montre désopilant en journaliste maniéré qui zozotte et en fermier ahuri aux cheveux longs. Christine Pignet régale en bourgeoise de pacotille et Thomas Blanchard lui-même campe un voisin en pétard du plus bel acabit.
Si ce Fumiers ne brille pas par sa finesse (ce serait vache de le lui reprocher), on passe un moment de détente assuré en compagnie d’une brochette de talents qui s’amusent visiblement comme de petits fous. Et nous avec.
Il faut aller voir Fumiers tout en sachant bien que... c'est adapté d'un épisode de strip-tease ! Au vue du nombre de personnes que j'ai vu s'échapper de la salle pendant le spectacle, je pense que tout le monde n'était pas averti.
J'ai apprécié cet humour décalé, le jeu des comédiens parfaitement fidèle aux personnalités de l'émission. Cette Chantal/Nicole attachante et dont la personnalité est tout droit sortie d'une campagne profonde. Dans la mise en scène, un énorme tas de fumier délimite le territoire des parisiens fraîchement arrivés à la campagne et de Nicole et son comité de soutien. Certaines scènes sont bien sûr imaginées purement par le metteur en scène, comme une orgie au beau milieu de la cour ou la démence d'une paysanne dans le tas de fumier.
C'est décalé, improbable, parfois un peu long mais globalement original.
Il faut le voir pour le croire !
J'ai apprécié cet humour décalé, le jeu des comédiens parfaitement fidèle aux personnalités de l'émission. Cette Chantal/Nicole attachante et dont la personnalité est tout droit sortie d'une campagne profonde. Dans la mise en scène, un énorme tas de fumier délimite le territoire des parisiens fraîchement arrivés à la campagne et de Nicole et son comité de soutien. Certaines scènes sont bien sûr imaginées purement par le metteur en scène, comme une orgie au beau milieu de la cour ou la démence d'une paysanne dans le tas de fumier.
C'est décalé, improbable, parfois un peu long mais globalement original.
Il faut le voir pour le croire !
Tiré d’un des sujets de l’émission télévisée « Strip-Tease », ce spectacle étonne tant il désappointe. Nous ne savons pas comment nous y prendre pour rester attentifs, tirer des fils que nous ne trouvons pas, trouver de l’intérêt derrière la curiosité pour voir si de l’originalité ne s’y trouve pas cachée, prête à nous surprendre. Rien n’y fait, cela semble vain, ça sent plus le loupé que le fumier cette affaire-là et c’est bien dommage.
C’est une vraie difficulté que de tenter de rentrer dans cette théâtralité qui ne semble pas en être une, dans cette série de scènes qui ressemblent à des improvisations qui n’en sont pas. L’idée de départ est bonne sans aucun doute, les comédiens ont fait leurs preuves à n’en pas douter non plus. Mais non, ça ne prend pas. Nous restons là, à attendre un début qui n’arrive pas et puis dépités, nous attendrons la fin.
L’écriture ne parait pas aboutie. Les personnages nous apparaissent insipides et transparents, peut-être parce qu’ils ne sont pas dessinés suffisamment pour que nous puissions les voir et comprendre ce qu’ils font, obligeant les comédiens à en faire trop, forçant le trait pour venir nous chercher. L’ensemble est vraiment peu crédible.
Sans histoire à raconter ou simplement quelque chose à nous faire partager, sans personnages à suivre, à comprendre ou à deviner, il ne reste pas grand-chose d’autre que des effets très appuyés, répétés et grossis, qui à la longue lassent, hélas.
Un spectacle désolant.
C’est une vraie difficulté que de tenter de rentrer dans cette théâtralité qui ne semble pas en être une, dans cette série de scènes qui ressemblent à des improvisations qui n’en sont pas. L’idée de départ est bonne sans aucun doute, les comédiens ont fait leurs preuves à n’en pas douter non plus. Mais non, ça ne prend pas. Nous restons là, à attendre un début qui n’arrive pas et puis dépités, nous attendrons la fin.
L’écriture ne parait pas aboutie. Les personnages nous apparaissent insipides et transparents, peut-être parce qu’ils ne sont pas dessinés suffisamment pour que nous puissions les voir et comprendre ce qu’ils font, obligeant les comédiens à en faire trop, forçant le trait pour venir nous chercher. L’ensemble est vraiment peu crédible.
Sans histoire à raconter ou simplement quelque chose à nous faire partager, sans personnages à suivre, à comprendre ou à deviner, il ne reste pas grand-chose d’autre que des effets très appuyés, répétés et grossis, qui à la longue lassent, hélas.
Un spectacle désolant.
Fumiers est une des pièces de la saison à laquelle on est le plus excitée d'aller.
Le synopsis est plus qu'alléchant : un ancien numéro de Strip-Tease, une querelle entre voisins, un tas de merde... Voilà le combo gagnant pour faire une super pièce au théâtre public !
La réalité n'est pas à la hauteur de nos attentes. Les acteurs sont plutôt bons et le décor est impressionnant même si on nous a épargné l'odeur. Quelques scènes sont en trop et rendent la pièce plutôt vulgaire comme les scènes de cul.
Je suis ressortie de la pièce mi-figue mi-raisin ne sachant pas trop sur quel pied danser et ai décidé d'aller regarder l'émission de Strip-Tease dont est tirée l'histoire. A ma grande surprise, les personnages sont ultra ressemblants physiquement et les dialogues sont calqués mots pour mots. Les scènes vulgaires n'étaient pas dans la version originale.
La grande différence réside dans l'humanité de la version originale, les personnages ont une palette d'émotions beaucoup plus complexe. Ce qu'il y avait d'émouvant, d'humain et de pathétique dans la version originale n'a malheureusement pas transpiré dans la version du Rond-Point.
C'est bien dommage !
Le synopsis est plus qu'alléchant : un ancien numéro de Strip-Tease, une querelle entre voisins, un tas de merde... Voilà le combo gagnant pour faire une super pièce au théâtre public !
La réalité n'est pas à la hauteur de nos attentes. Les acteurs sont plutôt bons et le décor est impressionnant même si on nous a épargné l'odeur. Quelques scènes sont en trop et rendent la pièce plutôt vulgaire comme les scènes de cul.
Je suis ressortie de la pièce mi-figue mi-raisin ne sachant pas trop sur quel pied danser et ai décidé d'aller regarder l'émission de Strip-Tease dont est tirée l'histoire. A ma grande surprise, les personnages sont ultra ressemblants physiquement et les dialogues sont calqués mots pour mots. Les scènes vulgaires n'étaient pas dans la version originale.
La grande différence réside dans l'humanité de la version originale, les personnages ont une palette d'émotions beaucoup plus complexe. Ce qu'il y avait d'émouvant, d'humain et de pathétique dans la version originale n'a malheureusement pas transpiré dans la version du Rond-Point.
C'est bien dommage !
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