Critiques pour l'événement D'autres vies que la mienne
8 janv. 2017
9/10
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Sobre, émouvant, un spectacle essentiel pour affronter la vie, la mort.
19 juil. 2016
8/10
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« Pourvu que ça dure »… C’est ce qu’on devrait se dire plus souvent, prendre conscience des instants de bonheur qu’on a la chance de vivre avant qu’ils ne nous filent entre les doigts.

Après la saisissante adaptation du roman d’Edgar Hilsenrath « Le nazi et de barbier » David Nathanson et sa metteure en scène Tatiana Werner s’attaquent cette fois-ci au roman d’Emmanuel Carrère. Pas le plus joyeux, ni le plus théâtral mais juste des histoires qui se sont réellement passées dans d’autres vies que la sienne. Une petite fille emportée par la vague du tsunami au Sri Lanka en 2004. Un mari au chevet de sa femme mourante. Une magistrat unijambiste qui perd son alter-ego. Des drames quotidiens si banals pour les autres sont traversés le temps d’un instant par l’auteur dans le rôle de l’observateur concerné mais extérieur. Un peu penaud et lâche, le malheur des autres le rend insupportablement passif. Pourtant Carrère a cette finesse d’écriture qui mêle son égocentrisme à une empathie sincère et communicative.

Il nous raconte ses histoires simplement, sans larmes, telles qu’elles se sont produites à travers ses yeux et ce qu’on lui confie. C’est dans cette même démarche que David Nathanson s’approprie le texte de Carrère. Une volonté de transmettre ces histoires à l’oral dans une mise en scène sobre mais percutante où quelques mots se projettent en fond de scène. Des mots déconnectés de la réalité qui résonnent de manière chaotique.

Touchant et intime mais jamais déprimant, « D’autres vies que la mienne » ne sombre à aucun moment dans la tirade pleurnicharde (bon je vous l’accorde, on sue un peu des yeux sur la fin, mais c’est bien ça rafraîchit). On se laisse absorber par ces récits portés par la douce voix de l’acteur seul en scène. On en sort chamboulés mais le canal optique tout propre en se disant que finalement, on se porte plutôt bien.

Dans un autre genre vous pouvez aussi retrouver le duo David Nathanson/Tatiana Werner dans Le nazi et le barbier à l’Espace Roseau.