Pinocchio

Pinocchio
De Carlo Collodi
Mis en scène par Joël Pommerat
Avec Myriam Assouline
  • Myriam Assouline
  • Sylvain Caillat
  • Pierre-Yves Chapalain
  • Daniel Dubois
  • Maya Vignando
  • En tournée dans toute la France
Itinéraire
Billets de 6,00 à 34,00
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Trahir ses promesses, tenir sa parole.

Qui donc est-il, ce Pinocchio dont a rêvé Joël Pommerat et qu’il destine d’abord aux enfants ? Un être effaré, naïf, ravi – donc plongé, ajoute-t-il, dans «un état profondément théâtral». Il a bien des défauts. Il a aussi dans sa manche plus d’un atout pour nous séduire.

Né d’un seul coup sans prendre le temps de mûrir, il ignore tout des lois de la patience et du travail. Il n’est pas venu au monde pour s’y ennuyer, mais pour y vivre le mieux possible. Être pauvre, très peu pour lui.

Bref, c’est une tête de bois – un bois pas toujours très poli. Ni très sincère... Mais parfois, pour grandir, il faut commencer par le nez. Et après tout, «cette histoire extraordinaire et véridique à la fois» sert justement à faire sentir que «rien n’est plus important dans la vie que la vérité»...

Créé à l’Odéon en mars 2008, cet envoûtant Pinocchio comble tous ses publics. 

Cette adaptation de Pinocchio a été récompensée du Molière 2016 du spectacle jeune public.

 

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La critique de la rédaction : 7.3/10. Une nouvelle vie pour ce conte de Carlo Collodi datant de 1881.

Le narrateur, micro collé à la bouche, nous annonce que bien que les faits soient extraordinaires, ils sont totalement véridiques ; même pas un petit mensonge pour nous en mettre plein la vue.  

De cette version au texte assez fidèle, nous retiendrons surtout la belle mise en scène. Elle est certes très sombre, avec toutes les péripéties du pantin se passant dans une grande obscurité, mais résolument esthétique. De beaux éléments de décor, changés en un clin d’œil, donnent du rythme et de l’intérêt à cette histoire que nous connaissons déjà. Mentions spéciales au camion qui emporte les enfants des alentours dans le monde de la fête et au joli passage pendant lequel Pinocchio et son père voguent en pleine mer.  

Les choix de l’adaptation accentuent bien la dimension morale du conte et le caractère insolent, un peu égoïste, influençable du héros. Ce dernier ne loupe que peu d’occasions de mal se comporter. Mais s’il était toujours resté dans le droit chemin, aurait-il pu comprendre pourquoi c’est si important d’écouter les adultes ? Ses frasques auront au moins eu pour avantage de lui faire découvrir la vie en un temps record.

Seul reproche à l'histoire, aucun personnage ne nous est totalement sympathique. Pinocchio est bourré de défauts, son père reste très effacé et les méchants sont... méchants !

Mais n’hésitez pas à aller redécouvrir les aventures du pantin au Théâtre de l’Odéon, jusqu’au 3 janvier. Ce ptit bonhomme donne malgré lui matière à réflexion aux enfants comme aux adultes.

Note rapide
7,4/10
11 pour 11 notes et 6 critiques
1 critique
Note de 1 à 3
9%
0 critique
Note de 4 à 7
45%
5 critiques
Note de 8 à 10
45%
Toutes les critiques
2 oct. 2017
8,5/10
24 0
A partir du conte de Carlo Collodi, Joël Pommerat nous livre une version assez noire de Pinocchio mais en même temps un parfum de poésie entêtant ressort de cette pièce.

Dans cette version, l’auteur inscrit sa marionnette dans un rapport malsain avec l’argent mais on ne nait pas tous avec une cuillère d’argent dans la bouche et Pinocchio va le découvrir à ses dépens. Il ne pense qu’à avoir de l’argent et tout le confort d’une vie de riche.

Le pantin nait de la sculpture d'un tronc d'arbre magique et va mener une vie d'enfer à son pauvre 'père' pour aller à l'école avec un livre neuf. Mais sur le chemin de l'école, le petit malpoli va rencontrer beaucoup d'obstacles et va recevoir une leçon de vie à la dure.

Ce qui frappe dans cette version, c'est la noirceur du monde qui entoure Pinocchio. Et aussi la mise en scène qui restitue aussi cette ambiance sombre avec un travail magnifique sur les lumières (la scène de navigation sur la mer est un chef d'oeuvre, on a vraiment l'impression qu'il y a de l'eau sur scène).

Bien sur l'ambiance n'est rien si les comédiens n'étaient pas à la hauteur aussi. Ils sont magnifiques :
D'abord le narrateur : Pierre-Yves Chapalain qui est à la fois mystérieux et captivant, sa voix parfois semble slammer et à d'autres moments nous sommes happés par sa façon de raconter l'histoire.
Ensuite, Myriam Assouline est un Pinocchio bondissant et émouvant.
21 sept. 2017
10/10
24 0
Mon deuxième Pommerat. Fascinée par Cendrillon que j’ai vu en mai dernier à la Porte Saint-Martin, j’ai décrété que je devais voir tous les Pommerat que j’avais ratés (et qui seraient joués en région parisienne, au moins pour l’instant). Avant de découvrir Ça ira (1) Fin de Louis en février prochain, je suis restée encore un peu dans l’univers des contes si cher à l’artiste, et ce pour mon plus grand bonheur. Devant ce Pinocchio, le dédoublement est rapide : l’âme d’enfant se mêle à un l’intellect de l’adulte et si le recul des années permet une perception plus en profondeur de la proposition de Pommerat, la fascination créée par le visuel qu’il propose nous fait vite retomber en enfance.

Ce n’est pas le conte que je connaissais le mieux, mais j’avais en tête les étapes principales : la construction de Pinocchio à partir d’un vieux tronc d’arbre, le désir de l’enfant de devenir un vrai petit garçon, la promesse de la fée d’exaucer son voeu s’il se conduit bien, le nez qui grandit à chaque mensonge, le départ pour cet endroit merveilleux où tous les enfants s’amusent pour finalement devenir des ânes, les retrouvailles avec son père dans le ventre d’une baleine… C’est fou car écrits ainsi à la suite, ces événements semblent presque décorrélés, et pourtant ils n’ont jamais fait autant sens que dans la mise en scène proposée par Joël Pommerat. Il a quelque chose de très moderne, ce Pinocchio qui rêve d’une maison avec piscine et qui ne pense qu’à l’argent. Arriver à voir plus loin que la satisfaction de possession primaire, c’est peut-être ça après tout, devenir un vrai petit garçon…

Joël Pommerat est un maître des lumières – et croyez-moi je sais de quoi je parle ! Si on part autant avec lui dans son histoire, c’est non seulement grâce au talent de ses acteurs mais également grâce aux ambiances incroyables qu’il parvient à créer. Visuellement, son spectacle est une perfection, et complète totalement la partie jouée, à la manière d’un ultime acteur : que ce soit pour créer une ambiance festive ou nous replacer dans l’estomac d’une baleine, l’illusion est toujours plus intense ; même lorsqu’il ne s’agit que d’isoler un acteur du reste du plateau, ses lumières ont quelque chose de magique.

Comme il ne fait pas les choses à moitié, il va sans dire qu’il a réuni une troupe d’acteurs brillants. Myriam Assouline campe un Pinocchio sensible dont l’évolution est visible sans être artificielle. Elle mène la danse avec finesse tout en restant poignante et déterminée. Pierre-Yves Chapalain est un narrateur mystérieux et parfois inquiétant, qui nous emmène dans une autre dimension dès qu’il ouvre la bouche. Sa voix, porteuse et presque mystique, restera pour moi le guide de ce spectacle. Daniel Dubois est un père touchant, dont on souhaiterait une présence plus importante dans le spectacle tant il est émouvant et juste dans sa tendresse paternelle qui irradie le plateau. Maya Vignando enfin, ajoute encore – oui, c’est possible – de la grâce à ce spectacle déjà absolument charmant : captivante dans sa robe surdimensionnée, elle aussi semble appartenir au monde des rêves qu’on croit toucher du doigt tout au long du spectacle…

Un moment envoûtant, quelque part au pays des rêves.
8 juil. 2017
0,5/10
23 0
Lamentable à tout point de vue.

Au festival d'Aix en Provence sans aucun doute la plus mauvaise création qu'il m'ait été donné de voir depuis bien longtemps. Un texte qui sous prétexte d'être contemporain est simplement mal écrit. Une dramaturgie incohérente, des idées de mise en scène et de scénographie qui répètent sans rien inventer, des idées qu'on a vu cent fois et tellement mieux abouties ailleurs.

L'ensemble accompagné d'une musique dont l'inintérêt, s'il ne vous a pas fait fuir à l'entracte, vous endormira à coup sûr pendant la deuxième partie. Tristesse et déception provoquée par ces artistes qui se reposent sur leur nom et finiront par définitivement chasser le public loin des salles d'opéra et de théâtre. Si les critiques n'étaient pas aveugles et sourds dès qu'un grand nom les impressionne ça nous ferait du bien !
23 déc. 2015
8,5/10
109 0
Joël Pommerat s’inspire du Pinocchio de Carlo Collodi auquel il accentue un monde d’une effroyable noirceur pour en faire davantage un spectacle pour adultes plutôt que pour enfants même si la représentation est recommandée à partir de 8 ans.

Nous sommes cependant bien loin de la version édulcorée de Disney. Ici, le petit pantin de bois, taillé dans un arbre cassé par la tempête une nuit d’orage, est irrévérencieux et d’une insolence redoutable. Naïf, impoli, il débarque dans le monde avec la volonté de s’y imposer : « Pour toi, je vais être le pantin le plus intelligent du monde » promet-il mais à sa détermination s’ajoute la même envie de travailler que celle d’une moule agrippée à son rocher. C’est pourquoi il n’en fait qu’à sa tête et y croit dur comme fer. Il se heurte à la cruauté du monde humain, est projeté sans ménagement à l’école de la vie.

Pourtant, nous sommes pris d’empathie envers ce personnage menteur, qui nous touche de façon sincère au fur à mesure de son périple. Très exigent, Pinocchio rêve d’argent facilement gagné sans travailler. Il a honte de son père car il ne voit en lui que sa pauvreté plutôt que de s’intéresser à sa richesse de cœur et d’âme. Alors il se montre ingrat avec le vieil homme, comme un adolescent en crise, prenant pour argent comptant les sacrifices faits pour satisfaire ses moindres exigences comme lorsque son père vend son manteau afin de lui acheter un livre neuf pour se rendre à l’école. De malheurs en malheurs il tentera d’obtenir la rédemption mais peut-on vraiment changer dans la vie ? Pinocchio pourra-t-il devenir un jour autre chose que ce qu’il est ? Le bois pourra-t-il devenir chaire ?

Une succession de courts tableaux, entrecoupés de fondus noirs, forme une structure saccadée tout en conservant une narration fluide et bien amenée, avec une vie qui se déroule dans un rythme effréné. L’adaptation bénéficie d’une dramaturgie intelligente, précise et percutante servant à merveille l’univers fascinant et envoûtant peint par Joël Pommerat et s’appuie sur la présence de cinq acteurs d’exception avec en tête Myriam Assouline dont le visage blanc comme un clown prête ses traits au pantin. Elle est très crédible et sensible, notamment dans la scène où Pinocchio se fait arnaquer, croyant dur comme faire à l’arbre aux billets. Elle se montrera également émouvante quand, Pinocchio deviendra un âne et sera vendu au directeur d’un cirque pour être dressé. La scène de punition nous arrachera même quelques larmes furtives. Le personnage en a assez de souffrir et voudrait juste être heureux. Alors il ment sur sa pauvreté, au risque d’en mourir, allant au devant de tous les malheurs. Heureusement, même s’il a la chance contre lui, Pinocchio peut compter sur la bienveillance de la Fée, sublime et gracieuse Maya Vignando, perchée sur des échasses dans une longue robe aux drapés envoûtants. Telle une bonne conscience, elle va le remettre dans le droit chemin, celui de l’école, et lui proposer de faire de lui un véritable petit garçon mais, influençable, il lui donnera beaucoup de fil à retordre et il faudra une bonne dose de patience, de douceur et d’amour à la fée pour le sauver. Au détour de plusieurs mésaventures, le pantin de bois retrouvera l’homme âgé, tendre Daniel Dubois, dans le ventre d’un animal. Leur périple de naufragé sera un grand moment, notamment grâce à une époustouflante scénographie. Nous regrettons presque que le rôle du père ne soit pas davantage développé dans la pièce tant il touche à notre âme d’éternel enfant. Enfin, le présentateur, Pierre-Yves Chapalain, qui jure de l’importance de la vérité, distille l’émotion tout au long de l’œuvre et porte un regard juste et touchant sur l’extraordinaire histoire que celle du destin de Pinocchio devenu petit garçon et dont « la vie commença pour de bon à partir de ce moment-là ».

L’exceptionnelle scénographie proposée par Eric Soyer nous plonge dans l’illusion la plus totale et émerveillera les adultes ayant gardé une part de leur âme d’enfant. Esthétiquement, nous avons un univers inquiétant et obscur mais c’est visuellement si beau que nous nous laissons transporter, pendant une heure et quart, dans le monde envoûtant du petit pantin de bois qui voulait devenir un véritable garçonnet. Un bonheur théâtral dont la saveur est celle des bulles de champagne pendant les fêtes de fin d’année.
14 déc. 2015
8/10
153 0
Pinocchio, le vrai, celui de Carlo Collodi est naïf, maladroit et surtout sombre.

Loin de la version édulcorée de Walt Disney, Joël Pommerat nous livre ici une très belle adaptation qui nous bouscule et nous remplit de questions.
Nous sommes loin de Jiminy Cricket et du nez qui devient grand.

Pinocchio nous parle de fureur de vivre et de quête d'identité. Ce petit enfant de bois se retrouve dans un cruel monde... la réalité. C'est le pantin de ses vices, de son côté noir pour enfin apprendre à être un Homme. La magnifique mise en scène rehausse le tout en rendant cette pièce onirique et enchantée.

Un joli conte pour petits et grands.
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Texte
Jeu des acteurs
Rire
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor