Orphée et Eurydice

Orphée et Eurydice
  • Opéra Comique, salle Favart
  • 1 Place Boieldieu
  • 75002 Paris
  • Grands Boulevards (l.8, l.9)
Itinéraire
Billets de 6,00 à 135,00
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Messager des dieux, Amour annonce à Orphée qu’il peut aller chercher Eurydice aux Enfers.

Son chant a le pouvoir d’apaiser les Furies et d’animer les Ombres heureuses. Mais sa voix ne peut rassurer Eurydice que désespère la feinte indifférence d’Orphée, ainsi mis à l’épreuve par Jupiter…

Orphée et Eurydice bouleversa l’Europe des Lumières. Adorateur de Gluck, Berlioz fit la synthèse des versions italienne et française d’origine à l’attention de Pauline Viardot, dont la voix pouvait faire revivre l’art disparu des castrats pour le public romantique. La beauté de l’oeuvre doit autant à l’intensité des échanges qu’à l’éloquence de l’orchestre et à l’implication spectaculaire du choeur. Raphaël Pichon dirige l’opéra des opéras et Aurélien Bory déploie les vertiges des espaces que parcourt Orphée, mentaux, supranaturels et d’au-delà.

Après Fantasio, Marianne Crebassa endosse ce nouveau rôle travesti en compagnie d’Hélène Guilmette (l’Hélène du Timbre d’argent) et de Lea Desandre (Alcione).

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La critique de Valérie (rédac' AuBalcon) : 8/10. 'Orphée et Eurydice' reste toujours un de mes mythes préférés et c'est pour ça, alors même que je garde fraichement en mémoire la version proposé au TCE la saison passée par Robert Carsen, que j'ai eu envie de voir cette version d'Aurélien Bory à l'Opéra Comique.

C'est l'opéra en 4 actes de Gluck créé au XVIII ème siècle et remanié par Berlioz en 1859 qui est donné dans la salle Favart. Cette version conserve les caractéristiques d'origine : une œuvre courte et resserrée sur les protagonistes et donnant un rôle magnifique au chœur.

Orphée est en deuil, sa douce Eurydice n'est plus. Amour, messager des Dieux, lui annonce qu'il peut se rendre aux Enfers pour la reconduire parmi les vivants. Mais attention il y a une condition et non des moindres, il ne devra pas se retourner vers elle pendant tout le trajet qui les ramènera dans le monde des vivants. On devine quel supplice ce sera pour Orphée de ne pouvoir regarder sa chère et tendre pendant leur marche vers la renaissance. On connait le dénouement tragique de l'histoire...

Si j'avais quelques réticences de voir le rôle d'Orphée tenu par une femme, elles furent bien vite balayées ! Marianne Crebassa, qui avait déjà joué le rôle-titre dans Fantasio, est exceptionnelle. Parfaitement à l'aise avec le rôle, la jeune mezzo-soprano nous fait vibrer avec sa voix sublime. Ses deux camarades de scène Helene Guilmette (merveilleuse Eurydice) et Lea Desandre (fantastique Amour). Les qualités vocales de ces artistes n'est plus à démontrer, j'étais sous leur charme. L'ensemble Pygmalion qui assurait les chœurs m'a aussi séduite, le passage des Enfers du second acte est splendide et fort en émotion.

Evidemment les chants sont portés par la musique et la partition jouée par les musiciens de l'ensemble Pygmalion (ils savent tout faire !) est impeccable et la direction stricte de Raphaël Pichon est parfaite, il donne les impulsions avec une précision millimétrée. J'ai beaucoup aimé cette version revue par Berlioz, qui différait de celle du TCE ,car elle est très tranchée, donne une belle dimension à l'œuvre et propose un fin terrible qui même si elle parait assez brusque est la vraie fin du mythe.

Ensuite, il y a la mise en scène et je dois dire que le premier acte se dispute la première place dans mon cœur avec le second tellement j'ai apprécié le dispositif tout en reflet et ombre proposé par Aurélien Bory : le pepper's ghost. Il s'agit d'un miroir positionné d'une façon si particulière que nous voyons la scène sous deux angles différents. On ajoutera à cela un travail sur les lumières très méticuleux.

Je crois que c'est quand même le premier acte qui a ma préférence car dans celui-ci, il y a la saisissante apparition d'Amour et sa prestation physique en plus de la prestation vocale m'a laissé bouche bée. Amour est accompagné de 6 danseurs/circassiens (que je vais citer car ils le méritent : Claire Carpentier, Élodie Chan, Tommy Entresangle, Yannis François, Margherita Mischitelli et Charlotte Siepiora) qui interviennent plusieurs fois dans l'opéra.

Une soirée recommandable à plus d'un titre !

Note rapide
8/10
pour 3 notes et 2 critiques
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Note de 4 à 7
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2 critiques
Note de 8 à 10
100%
Toutes les critiques
17 oct. 2018
9/10
6
Courez-y et découvrez certainement une des stars montantes en chant en la personne de Marianne Crebassa, époustouflante et créatrice d'émotions.
Mise en scène réussie, un jeu de miroir et de de lumières, c'est beau.
Bravo aussi aux choeurs et à l'orchestre, aux flutistes
un coup de coeur.
13 oct. 2018
10/10
29
Il a les yeux aux Enfers,
Il a le regard qui tue !...

Orphée et Eurydice... Une histoire de regard.

Un regard fatal, un regard qu'Orphée ne peut contrôler. En ne pouvant réfréner l'envie de se retourner, il condamne d'un seul regard son Eurydice qu'il perd définitivement.

Nous aussi, nous allons regarder !
Nous ne saurons pas où donner des yeux.
Ce que nous propose Aurélien Bory, le metteur en scène, relève de la plus grande et de la plus belle puissance visuelle ! Quelle appropriation étonnante de l'espace scénique !
Ce qu'il va nous donner à regarder est magnifique.

La scénographie est basée sur le dispositif du « Pepper's Ghost ».
Il s'agit d'un gigantesque miroir qui va se soulever dès les premières notes à quarante cinq degrés au dessus des chanteurs.
L'espace s'en trouve non seulement démultiplié, mais le système réfléchit parfaitement ce qui se passe sur le plateau, permettant de transformer des mouvements et des déplacements horizontaux en élévations verticales et autres ascensions.
Nous sont donnés à voir des mouvements étranges, notamment ceux des créatures des enfers.
En outre, le miroir est fait d'une matière très souple et sans tain, ce qui permet des vibrations et des transparences, notamment sur des toiles peintes (un tableau de Corot sur le même sujet).

L'emploi de voiles légers permet ainsi d'en tirer une somptueuse utilisation très graphique.

Une poésie visuelle se dégage de tout ceci.

C'est beau. Vraiment.

Bien entendu, tout ceci sans musiciens, chanteurs, choristes et danseurs ne servirait à rien.
Raphaël Pichon dirige de main de maître l'ensemble Pygmalion. Il a su tirer la quintessence de la subtile partition de Gluck.
Sur des instruments pré-classiques, les musiciens et leur chef nous donnent à entendre une interprétation très cohérente, très précise, par moments très fluide, très déliée ou très nerveuse de l'oeuvre.

Marianne Crebassa est un Orphée magnifique.
Ce qu'elle va nous donner, en costume anthracite et perruque blonde (elle m'a fait penser parfois à David Bowie), ce qu'elle va nous proposer à voir et à entendre confine à la perfection.
De sa voix très expressive, au timbre relativement sombre, à la tessiture impressionnante et aux coloratures ébouriffants, elle est d'une évidence absolue dans ce rôle.

Et quelle tension dans son jeu !
A la scène du regard, qui dure un bon moment, elle tourne forcément le dos à Eurydice.
J'avais une boule au ventre à attendre le moment fatal.
Elle se retourne. J'ai sursauté.

Un mouvement simple mais bouleversant.

Eurydice, c'est la soprano Hélène Guilmette, qui donne à son personnage entièrement de blanc vêtu une profondeur remarquable et une réelle intensité.

Quant au rôle du dieu Amour, il est tenu par Léa Desandre, qui d'une voix chaude mais également profonde, avec une vraie autorité, chante dans des positions incroyables.
Elle se trouve notamment à une moment dans une sorte de cercle métallique, que font rouler des circassiens. Une sacrée performance !
Le choeur quant à lui délivre une belle pâte sonore, qui procure bien des frissons.

Cette production ouvre donc de façon grandiose la saison.
J'ai assisté une nouvelle fois Salle Favart à une soirée faite de grâce et de beauté.
Une soirée qui a plongé la salle entière dans un pur ravissement.

Les ovations finales, les innombrables bravi en témoignaient.
On comprenait aisément le bonheur des spectateurs.

D'un seul regard !
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Musique
Talent des artistes
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor