Lear

Lear
  • Opéra Garnier
  • 8, rue Scribe
  • 75009 Paris
  • Opéra (l.3, l.7, l.8, RER A)
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Billets de 5,00 à 200,00
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De nombreux compositeurs ont tenté de s’attaquer à ce monument shakespearien.

Désireux d’interpréter le rôle‑titre du roi Lear, le baryton Dietrich Fischer‑Dieskau sollicite une première fois Aribert Reimann qui décline la proposition. Mais en 1975, lorsque le Bayerische Staatsoper de Munich lui passe commande, il accepte finalement de relever le défi de cet opéra impossible.

De l’orchestration aux timbres sombres et du traitement plein de nuances des vocalités ressurgissent les dissimulations tortueuses et la violence des rapports humains. Aucune illusion ne subsiste cependant dans la mise en scène cathartique de Calixto Bieito qui dépouille chacun de ses personnages : l’hystérie collective laissant place à la solitude du vieil homme.

Anéanti, il se retrouve tel un nouveau-né et pleure « d’être arrivé sur ce grand théâtre des fous. »

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Toutes les critiques
30 nov. 2019
1/10
1
L'opéra, c'est merveilleux! il y a l'Opéra Garnier et son décor rouge et or et surtout...son plafond peint par Marc Chagall....
Ce soir, la musique et la mise en scène se sont conjuguées pour atteindre...le ZERO absolu!
L'opéra, c'est d'abord la musique! Reimann est-il un musicien? En tout cas, il l'a bien caché.
Pour l'amoureux d'opéra et de musique classique que je suis, l'opéra Garnier était jusqu'à ce jour, une zône sûre, sans danger acoustique...
C'est fini.
La "bande son" est une cacophonie agressive qui rappelle...votre voisin qui passe la fraiseuse sur son portail le samedi matin. Immonde! La mise en scène, qui rappelle le théatre subventionné des années 70, est au niveau. Prétentieuse et nullissime.
Détail amusant: un vieillard squelettique à droite de la scène passe pour une statue. Cela m'a occupé l'esprit jusqu'à la fin du premier acte. Heureusement pour ce vieillard mal nourri, la bande (son) l'a oublié!
30 nov. 2019
2/10
1
Je suis stupéfaite de voir les notes attribuées à ce spectacle...
Je mets 1 coeur pour le décor sobre, 1 coeur pour l'éclairage bien qu'une espèce de phare de voiture nous aveugle de temps à autre...
Pour ce qui est du reste: Cacophonie orchestrée inaudible voire douloureuse pour l'ouie, on se croirait chez le dentiste, un supplice, pas étonnant qu'il ait fallu attendre 40 ans avant que quelqu'un accepte de mettre en scène cette "oeuvre" qui n'est que foutage de gueule.
La mise en scène est du même tonneau, cela dit difficile sans doute de faire autrement, apparition d'un vieux nu dans un coin de la scène, le sexe à tout vent...c'est sûr, çà en jette !
Masturbation intellectuelle d'égo pour un spectacle qui se la pète dans un genre pseudo intello d'initiés.
A éviter ABSOLUMENT, l'opéra ce n'est pas cela !
28 nov. 2019
9/10
12
Oh les filles, oh les filles ! Elles vont encore le rendre marteau !
Oui, les trois sœurs vont encore provoquer l'ire de Lear, le roi leur père.
La colère, puis le désespoir...

Cet opéra écrit en 1976 est une commande : le célèbre baryton Dietrich Fischer-Diskau voulait une version musicale de la tragédie de William Shakespeare.
Après s'être adressé sans succès à Benjamin Britten, il proposa le projet au compositeur allemand Aribert Reimann, qui après quelques hésitations, s'attela à la tâche.

La création de l'œuvre en France date de 1982, ici même à Garnier, avec à la baguette Friedeman Layer et à la mise en scène un certain Jacques Lassalle.

En 2016, le metteur en scène Calixto Bieito et le chef italien Fabio Luisi créaient leur propre version.
C'est cette vision de l'œuvre de Reimann qui est reprise aujourd'hui, toujours à l'Opéra Garnier.

Cet opéra en deux parties (comme une métaphore du bien et du mal, de la trahison et de la fidélité) porte en son sein une grande violence et une terrible intensité.
Cette violence est notamment exprimée par l'instrumentation : beaucoup de cuivres, beaucoup de percussions, beaucoup de clusters sonores, nombre d'aigus assourdissants.
Sans oublier le très fort volume des voix.

Les voix, justement.
Aribert Reimann, lui-même fils d'une cantatrice, fut durant de nombreuses années professeur de chant contemporain à l'école des Beaux-Arts de Berlin.
C'est un spécialiste de la chose chantée.

Ceci va se vérifier dans la grande variété de tessitures de sa distribution, et puis surtout dans la grande diversité des techniques vocales employées dans cette œuvre : le cri, le parlé-libre, le parlé-rythmé, le « chant-parlé », le parlé-chanté, la déclamation et bien entendu le chant libre et le chant à gorge déployée seront toutes utilisées.

Il y a quelque chose de délicieusement excessif dans cet opéra, où les dissonances, les atonalités, les micro-intervalles, et il faut bien le dire, un livret un peu bancal, créent en permanence pour le spectateur une impression de grande tension, de mise en danger.
Impossible de souffler, si ce n'est durant deux interludes aux sourds agrégats de notes des cordes.

Le metteur en scène Calixto Bieito, habitué aux images provocantes, dérangeantes, excessives, n'a donc pas eu besoin de pousser bien loin le curseur.
Sa mise en scène basée sur la belle scénographie de Rebecca Ringst, avec de gigantesques lattes en bois-métal noires mouvantes, ainsi que des projections en arrière plan lors de la deuxième partie, (dont on ne comprend pas forcément la teneur), cette mise en scène complète habilement et avec un vrai à-propos la violence intrinsèque de l'œuvre, sans provocs inutiles.

Certes, ne nous voilons pas la face, les scènes d'énucléation, de meurtres, de domination sont très, mais alors très réalistes. Âmes sensibles, vous voici averties...

Mais de très beaux moments nous seront également montrés, avec notamment deux scènes de pieta très émouvantes (des pieta père-fille, Lear-Cordelia).

Calixto Bieito a eu une autre excellente idée : matérialiser le Pouvoir avec un grand P par une grosse miche de pain, que le roi va partager entre ses filles.
Ce partage presque eucharistique en tout début de spectacle est très réussi, avec des personnages-rapaces qui se jettent sur les parts de pain, et se ruent sur les miettes qui tombent.
Quel symbole !

J'ai hâte de découvrir en 2020 et 2021 sa vision de la Tétralogie de Wagner.

La distribution de cette reprise de Lear est absolument irréprochable.
Tous les chanteurs, nordiques dans leur grande majorité, sont parfaitement à l'aise dans dans cette œuvre contemporaine.
Les spectateurs sont immédiatement conquis par les tessitures et surtout les qualités techniques et vocales en matière de chant contemporain.

J'ai particulièrement été impressionné par le baryton danois Bo Skovhus.
Le chanteur donne une profondeur intense au roi Lear. Le crâne rasé, se déshabillant au fur et à mesure de la première partie, se retrouvant dans la deuxième en SDF pour mourir au bord du plateau en caleçon, il campe un personnage complexe qui se met à nu, au figuré, et presque au propre.
La voix est puissante, profonde, envoûtante, impressionnante.
Le baryton sera très applaudi.

Tout comme les trois sœurs, les trois soprani, les allemandes Annette Dasch (Cordelia) et Evelyn Herlitzius (Goneril), ainsi que la Suédoise Erika Sunnegardh (Regan). Les trois chanteuses elles aussi feront preuve d'une belle puissance nécessaire à leurs partitions et rôles respectifs.
Et puis quelles comédiennes ! En plus de leurs talents musicaux, toutes trois sont d'une impressionnante justesse dramaturgique. Ce qu'elles font sur la scène de Garnier force le respect.

Le contre-ténor britannique Andrew Watts est lui aussi très remarqué dans son rôle d'Edgar, le fils légitime du comte de Gloucester.
Dans son déguisement d'une saleté repoussante, il incarne un contraste vocal très réussi avec les autres personnages masculins.

Fabio Luisi aussi à l'aise dans Verdi que dans Reimann, laisse éclater toute la force et la puissance de l'œuvre, en tirant de l'orchestre-maison des rugissements, des violences musicales et sonores, des fulgurances timbrales magnifiques.

De nombreux rappels viendront saluer les presque trois heures de cet opéra « shakespearien » âpre, assez austère, mais passionnant.
(Il faut rappeler que Verdi s'était cassé les dents sur le sujet.)
Les applaudissements sont nourris, et ce n'est que justice.
M G
21 nov. 2019
9/10
0
Une vraie claque. Un opéra d'incroyable intensité, avec des chanteurs au top, qui en plus sont bien dirigés et jouent merveilleusement.

Même avec une partition difficile, l'attention se maintient tout au long de l'oeuvre. Mention spéciale pour Bo Skovhus et sa dernière scène au bord du plateau, ainsi que pour le fou, joué par l'immense Ernst Alisch. La mise en scéne reste classique (pour Calixto Bieito!), se concentrant sur l'essentiel.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Musique
Talent des artistes
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor