Croustilleux La Fontaine

Croustilleux La Fontaine
  • Théâtre Les Déchargeurs
  • 3, rue des Déchargeurs
  • 75001 Paris
  • Chatelet (l.1, l.4, l.7, l.11, l.14)
Itinéraire
Billets de 14,00 à 28,00
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Le ténor Jean-François Novelli s’empare des œuvres moins connues et plus « osées » de Jean de La Fontaine sur la musique du compositeur Antoine Sahler.

Des contes que l’on écoute l’oreille collée au trou de la serrure et où la haute tenue littéraire du XVIIe siècle éclate dans toute sa splendeur au service d’un propos on-ne-peut-plus léger !

Un récital décalé et un peu fou entre théâtre et chansons, où les histoires de nonnes affriolantes et de pâtés d’anguilles prennent vie sous l’oeil malicieux de la facétieuse Juliette.

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8 déc. 2018
8,5/10
34 0
Croustilleux : adj. qual. m.s. : syn. piquant, grivois.
Tout est dit ! Pour croustiller, ça va croustiller !

Ah! Si les hussards noirs de la troisième République, en faisant apprendre à leurs élèves en blouse de lustrine grise « Le corbeau et le renard », « Le loup et l'agneau » ou encore « Le chêne et le roseau » avaient su ce que Jean de la Fontaine avait également écrit, ils en auraient rougi en classe !

Non, le célèbre auteur n'a pas composé que des fables animalières.
Il a également commis des textes beaucoup moins connus mais beaucoup plus égrillards, beaucoup plus lestes.
En clair et sans décodeur, des histoires de c..... !

Ce sont justement quelques unes de ces œuvres paillardes que le ténor Jean-François Novelli va nous interpréter, des petits morceaux de vie libertine sur la scène des Déchargeurs. (Honni soit qui mal y pense...)

Des curés portés sur la chose, des jeunes donzelles plus ou moins délurées, des abbesses presbytes, des couvents où il s'en passe de belles, voici une galerie de personnages que n'aurait pas renié le célèbre curé de Camaret, celui-là même dont certaines parties anatomiques pendaient allègrement, et à qui sera rendu un hommage appuyé au cours de cette heure de théâtre musical.

Antoine Sahler a mis en notes ces contes libertins, et en a fait une sorte de « musique de courts-métrages », je le cite, qui met en valeur les mots pleins de sous-entendus du poète de la Société des Epicuriens, chère au Surintendant Nicolas Fouquet, du côté de Vaux-Le-Vicomte.

De délicates mélodies accueillent ces historiettes.

Jean-François Novelli est un passionné de musiques anciennes et donc de musique baroque.
Ca tombe bien !
Il va mettre sa belle technique vocale et lyrique et sa grande sensibilité au service du projet.

De temps à autres, d'ailleurs, nous retrouverons des ornementations très XVIIème siècle dans les partitions qu'il interprète.

Il est amplifié, tout simplement parce qu'il est accompagné au piano numérique. Attention tout de fois à la prise de son, que ce soit par le biais du micro sur pied, (des « p » et autres consonnes plosives passaient hier assez mal) ou au micro-cravate (attention au RT60 de la salle, beaucoup de réverbération tue la réverbération...).

Mais bon, c'était seulement la deuxième. Rien de bien grave au niveau de la technique.

Deux pianistes l'accompagnent en alternance, Nicolas Royez ou Romain Vaille.

C'est Juliette qui assure la mise en scène. LA Juliette. Juliette Noureddine.
Certaine d'avoir sous la main un talentueux interprète par ailleurs comédien émérite, elle a pu lui en demander beaucoup.

Nous allons beaucoup rire.
De par les textes, bien entendu, mais également par la capacité de M. Novelli à occuper l'espace scénique tout en déployant une sacrée vis comica.

Les petites transitions entre les textes de La Fontaine sont épatantes de drôlerie. Le comédien-chanteur prend un ton et une voix à la Michel Serrault. C'est une vraie réussite.

Autres grands moments, les apparitions d'une abbesse en cornette à qui la Faculté demande bien des sacrifices, la révélation d'une recette de soupe d'anguilles (vous ne regarderez plus jamais ces poissons à la forme éloquente et suggestive de la même façon...)

Un runing-gag très drôle : lorsque M. de la Fontaine évoque de hardies copulations, Jean-François Novelli se retire de l'autre côté du piano à queue (évidemment...) et entreprend des séries suggestives de va-et-viens en levant la main et fouettant les airs tel un fier cocher. Irrésistible !

Une séquence avec des poupées GI Joe et Barbie constituera le clou du spectacle.

C'est donc un passionnant spectacle auquel j'ai assisté.
Une heure qui passe trop rapidement et qui rend hommage à un auteur admirable et spirituel, qui manie une merveilleuse langue classique, grâce notamment aux vers de dix pieds.

Ces décasyllabes mis en musique et en voix nous plongent dans le plus grand des ravissements.

C'est une heure de grand plaisir, l'un de ces plaisirs un peu coupables.
Une heure délicieuse.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Musique
Talent des artistes
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor