Critiques pour l'événement Ramses II
2 mars 2019
1,5/10
22
Au secours fuyons...devant l’ennui incommensurable provoqué par cette pièce !
Avec d’aussi bons acteurs, pareil ratage relève de la performance.
20 mai 2018
8,5/10
205
Tout est surprise du début à la fin!
Servi par un texte juste et de formidables acteurs, l’auteur pousse l’absurde pour en faire naître la réalité; certains ont évoqué du Chabrol; j’oserai faire référence à Ionesco.
Et pour ceux choqués par l’exhibition du sexe d’Elmosnino, qu’ils aillent fréquenter des hospices pour vieillards séniles ou services psychiatriques; l’auteur est en dessous du quotidien des familles. Jusqu’à s’interroger sur la maltraitance d’un cõté et sur le délire de persécution de l’autre.
De l’humour qui vous fait réfléchir et rire jaune.
21 déc. 2017
2/10
262
Mon mari et moi-même avons vu la pièce RAMSES II lundi dernier.

La pièce est intéressante et bien écrite MAIS je ne savais pas qu'il s'agissait d'un porno car rien dans l'affiche ne semble nous en informer. En effet, durant une scène, Eric Elmosnino a défait sa braguette et, face à nous, a sorti sa verge et la tenue puis agitée devant le public. Dans cette scène il devait provoquer François Berléand et l'agacer très rudement mais j'avoue qu'il y avait bien d'autres moyens de le faire sans tomber dans une telle bassesse. J'étais consternée, choquée et honteuse (d'ailleurs je n'étais pas la seule). Je ne savais pas qu'un acteur de théâtre pouvait en arriver là. J'avais offert les places de spectacles à mon mari et j'avoue être bien confuse aujourd'hui de lui avoir offert un tel spectacle et une telle débauche, d'autant que nous sommes venus à Paris pour cette occasion après 800 km. Assurez-vous d'y aller sans enfant et sans personne âgée et préparez-vous à voir l'exhibition pathétique de M. Elmosnino.
7 déc. 2017
8,5/10
265
Je sais que les avis sont partagés mais j'aime Ramsès II sans limite. Même si l'on va de rebondissement en rebondissement jusqu'à une fin terrible l'art des acteurs est de parvenir à nous faire rire de leurs déboires.

Jean (François Berléand) et Elisabeth (Evelyne Buyle) s’apprêtent à recevoir à diner leur fille Bénédicte et son mari dans leur maison de campagne. Mais Matthieu (Eric Elmosnino), le gendre, arrive seul. Pourquoi ? C'est tout le sujet de la pièce et le spectateur aura autant de mal que les protagonistes à démêler le vrai du faux.

Le spectateur est entrainé dans un crescendo magistralement élaboré par Sébastien Thiery et finit par perdre sa capacité d'analyse.

Tout est symbolique, à commencer par le cadeau ramené de vacances et offert par Mathieu à son beau-père : une reproduction du masque mortuaire trouvé dans le sarcophage de Ramsès II. On devine la folie poindre dès les premiers échanges. Une folie en fin de compte autant contagieuse qu'un fou rire. Certains n'y verront que du tragique mais je veux y voir malgré tout une comédie parce qu'il vaut mieux en rire, et que ça fait du bien (de rire) même de ça.

Le gendre ne se souvient pas de l'essentiel et on le sent à coté de la plaque. Il prend les interrogations pour des affirmations. Le ton monte de part et d'autre. La tension devient perceptible. On perçoit le désarroi des parents. Et on veut croire que Matthieu n'est pour rien dans ce qui semble se tramer.

Tout fonctionne à la perfection. Le décor lui-même, imaginé par Jacques Gabel, se métamorphose au fil des actes, suggérant que la demeure va devenir semblable au tombeau d'un pharaon sous les éclairages de Dominique Borrini.

De multiples rites étaient entrepris pour protéger les pharaons des mauvais esprit après leur mort. Le pauvre Jean aurait besoin d'attention ... de son vivant. A quoi sert-il d'avoir raison si on est seul à le croire ?

On a le sentiment que le pire n'est pas encore arrivé mais qu'il se profile. Alors on guette l'indice, le faux pas. On espère et on frissonne. C'est délicieux.

Mention spéciale à Elise Diamant dont le rôle n'est pas aisé, mais je ne peux en dire davantage. Allez-y ... en famille si possible, ce sera encore plus jouissif.

Le spectacle est programmé aux Bouffes parisiens, qui est un très joli théâtre, encore imprégné du souvenir de grandes tragédiennes comme Arletty dont le portrait est accroché dans un couloir.
1 nov. 2017
8,5/10
273
Une pièce à l’argument insolite, goguenard et roublard. Comme à son habitude, Sébastien Thiéry s’amuse à nous surprendre à chaque fois que possible mais jamais au moment attendu. C’est drôle, décalé, provocateur et superbement bien joué.

Jean et Élisabeth, à la retraire depuis l’accident qui oblige Jean à se déplacer en fauteuil roulant, vivent dans une maison près des bois et loin de tout. Ils attendent pour déjeuner leur fille Bénédicte et son mari Matthieu. Matthieu arrive le premier et le temps d’un échange avec ses beaux-parents, tout change, tout bascule. Les propos deviennent peu à peu confus, les situations étranges.

Fantasme, hallucination, plaisanterie, coup monté ? On ne sait pas, on ne sait plus. On voit tout pourtant mais non, ça ne tient pas debout… Est-ce une vague de mensonges qui déferle sur Magny en Vexin ? Mais alors qui ment à qui ? Est-ce une illusion, un récit rapporté ou un délire hallucinatoire ? Enfin quoi, on a bien vu ce qu’on a vu !

Non mais quelle histoire ! Dès notre lâcher-prise, il nous faut nous accrocher pour ne pas perdre la tête, pour garder le sens commun et piocher ce que nous pouvons dans le reste de rationnel qui se présente. Nous nous laissons prendre volontiers au délire ambiant pour en savourer toute la drôlerie et la cocasserie déjantée. La démence plane et les rires fusent. Les répliques sont cinglantes et ciselées, d’un humour ravageur et efficace ; les situations improbables nous intriguent autant qu’elles nous amusent ; le climat est caustique, un vent de folie souffle en permanence, les avis de tempête se multiplient.

La qualité de l’interprétation est remarquable et brille d’excellence. François Berléand est divin ou démoniaque, c’est selon, il joue avec un abattage comique féroce et désopilant. Évelyne Buyle est déroutante en femme déroutée, qu’elle incarne avec une finesse désarmante. Élise Diamant, délicate et précise, est tout à fait crédible dans ses courtes scènes. Éric Elmosnino impressionne par sa fougue et sa vis comica qui désarçonne. Quelle équipe !

Un spectacle drôle et très sympathique que cette comédie acide et acerbe.
21 oct. 2017
6,5/10
264
Le sujet évoqué plus haut, soit reste flou ou devient limpide selon l'issue que l'on souhaite lui donner. Par contre BERLÉAND et l'excellente Évelyne BUYLE avec une prestation exceptionnelle dans Les Femmes Savantes, viennent à mon avis s'égarer voir se perdre dans cette pièce au coin et recoins parfois sombre et quelques peu burlesque.

En ce qui concerne ELMONISNO ce dialogue monocorde et légèrement lymphatique lui va à ravir. J'ai trouvé une scène particulièrement vulgaire mais d'un Sébastien THIERY qui aime ce genre de scène et coutumier du fait. Dans l'ensemble la pièce plutôt moyenne.
16 oct. 2017
2/10
141
Désillusion [n.f.] : Sentiment de quelqu’un qui constate que la réalité est différente de celle qui était imaginée.

Le dictionnaire Larousse résume, en peu de mots, mon état d’esprit à la sortie de cette pièce. Bon, néanmoins, je vais en ajouter quelques autres afin mieux l’expliquer.

Le sentiment, quel était-il ? Une affiche alléchante (François Berléand et Evelyne Buyle … j’adore), une histoire suscitant l’intérêt et un titre pour le moins intriguant (que diable vient faire Ramsès II dans une histoire familiale ?).

La réalité maintenant ? Force est de l’avouer, les comédiens sont bons. En revanche, je n’en dirai pas autant de l’histoire. Elle n’a ni queue, ni tête … enfin surtout ni tête, car en matière de queue le spectateur est servi. A ce propos, je rejoins certains avis déjà donnés. Sans être choqué par l’apparition de ce sexe, je m’interroge réellement sur l’utilité de ce procédé, qui ne sert pas spécialement l’histoire. Et le souci est bien là. Je ne suis pas parvenu à savoir où l’histoire voulait emmener le spectateur. Dans le cas présent, ce qui peut être intriguant quinze minutes devient franchement agaçant pendant plus d’une heure (à moins de s’appeler Agatha Christie et de proposer une intrigue policière … ce qui n’était, je crois, pas le cas).
A cela, il faut ajouter les musiques stressantes.
Quant à l’humour, je le cherche encore. Quelques répliques m’ont fait sourire. Mais, je vais être honnête, regarder François Berléand aller au 1er étage assis sur un monte-escalier électrique ne déclenche pas chez moi une crise d’hilarité particulière.

Point positif, cependant, le magnifique (et immense) décor.

J’avais plutôt apprécié « Deux hommes tout nus », mais là non, ma déception a été à la hauteur du prix de la place (c’est pour dire).

Pour moi, à éviter. Même en cas de week-end pluvieux.
15 oct. 2017
4,5/10
86
Ceux qui connaissent mes goûts théâtraux se demanderont peut-être ce qui m’a poussée à aller voir Ramsès II en ce (encore, bien que tardif) début de saison. Sachez qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, et que j’ai longtemps regretté d’avoir raté Momo, la précédente pièce de Sébastien Thiery avec François Berléand et Muriel Robin, qui recueillait un bon nombre de bonnes critiques là où l’auteur est généralement associé à un avis globalement moyen. Pour me rattraper, me voici donc aux Bouffes Parisiens, avec dans l’idée que même si la pièce n’est pas excellente, les têtes d’affiche sauveront le spectacle. Checked.

La première scène est intrigante : Matthieu rentre à peine d’Egypte qu’il est invité à déjeuner chez ses beaux-parents, Jean et Elisabeth, avec sa femme, Bénédicte. Mais il arrive seul et semble perdu. Aux questions de Jean et Elisabeth, il répond d’abord un peu à côté, puis commence à carrément délirer en sortant des histoires de plus en plus invraisemblables, jusqu’à poser le doute : où est Bénédicte ? Que s’est-il passé entre eux qui pourrait expliquer son absence ?

La pièce commençait plutôt bien. Cette espèce de situation un peu absurde, qui joue avec le spectateur, ça me plaît bien. Ça titille ma curiosité. Et j’adore être surprise. Alors je me disais « chouette, il va se passer plein de trucs auxquels on s’attend pas et certainement pas « situation 1 », « situation 2 », « situation 3 », « final » comme moi, en fille beaucoup trop rationnelle, je pourrais m’y attendre »… Et ben si. C’est dingue car il part pourtant de quelque chose de complètement nouveau et descend progressivement dans ce mélange de facilité et d’attendu.

La première scène est intéressante. La deuxième scène est prévisible. J’ai écrit mentalement la troisième scène pendant le noir qui la précède. Je ne comprends pas bien cela chez Sébastien Thierry ; c’est-à-dire qu’il nous pose une situation bien étrange, avec des répliques un peu extravagantes, et finalement il a beaucoup trop les pieds sur terre et retombe totalement dans le raisonnable. Et le raisonnable, avec les situations qu’il crée, c’est pas vraiment rigolo. Voire un peu morose (voire complètement déprimant). Ajoutons à cela les blagues un peu faciles (et l’éternel pipi-caca-zizi qui ne me fait plus rire depuis un bout de temps) et l’idée de base se retrouve gâchée.

Heureusement, il faut bien reconnaître que les comédiens sauvent ce qu’ils peuvent du spectacle. En vérité, si tout n’était pas si prévisible – ou si, comme on me l’a gentiment fait remarquer, j’avais su garder mon âme d’enfant sans essayer de tout rationaliser comme je le fais trop souvent – j’aurais même pu passer un bon moment, car ça reste un plaisir de les voir sur scène. On adore détester cet Eric Elmosnino à la nonchalance insupportable, et son indolence est à elle seule un des piliers comiques de la première scène. Si le comédien semblait un peu déçu de s’être vu imposer un jeu « le moins chantant possible », j’ai trouvé au contraire qu’il était excellent dans cet être monocorde et apathique.

Ses partenaires, François Berléand et Evelyne Buyle, font de leur mieux avec une partition encore moins intéressante, jouant à merveille sur le contraste entre le ton colérique de l’un et le calme de l’autre. Elise Diamant vient compléter cette distribution avec un air de déjà-vu : quelle étrange coïncidence de retrouver ici la comédienne que j’avais découverte dans Le Père, un texte qui malgré ses défauts traitait d’un sujet proche avec plus de style…

On prend les mêmes comédiens avec un vrai bon texte, et on recommence ?
15 oct. 2017
9,5/10
80
Que c'est beau que c'est bien ! De grands comédiens qui nous rassasient de bonnes répliques et surtout d'une interprétation extraordinaire... Une très bonne soirée avec ce spectacle à voir et à rire absolument !
12 oct. 2017
7,5/10
41
Elisabeth (Evelyne Buyle) et Jean (François Berléand) attendent pour déjeuner leur fille et leur gendre dans leur maison à la campagne : Bénédicte (Elise Diamant) et Matthieu (Eric Elmosnino). Mathieu arrive seul sans sa femme. Matthieu, qui ne se comporte pas comme d’habitude, semble incapable d’expliquer l’absence de celle-ci. Que se passe-t-il ?

L’histoire de Sébastien Thiery, même si elle comporte des parties répétitives mais nécessaires, est plutôt bien ficelée car elle nous fait nous poser des questions sur la réalité telle que nous la percevons.
Comme Mathieu semble un peu dérangé, les parents lui posent beaucoup de questions pour savoir où est passée leur fille. On s’agace, comme eux, des réponses plus ou moins évasives ou crédibles donnés par un Eric Elmosnino qui excelle dans son rôle et fait monter le suspens. La mise en scène de Stéphane Hillel est en adéquation avec ce mystère.

Dès le début de la seconde partie, j’ai pressenti que nous étions manipulés et qu’il fallait regarder et écouter attentivement au-delà des apparences pour percevoir la vérité, je ne me suis pas trompée même si le doute est entretenu jusqu’à la fin de la pièce. J’aime beaucoup ce type d’histoire. J’ai pas mal ri au cours des répliques échangées entre François Berléand et Eric Elmosnino qui portent la pièce à eux deux. Je trouve qu’Evelyne Buyle est laissée trop en retrait, quand à Elise Diamant, on ne la voit quasiment pas pour l’apprécier à sa juste valeur mais c’est l’histoire qui veut ça.
11 oct. 2017
3/10
30
Sébastien Thiery semble être au bout de son inspiration. Malgré l'excellente interprétation des comédiens, une mise en scène soignée, on ne voit pas où l'auteur veut en venir.

L'histoire s'enlise, tourne en rond. Il n'y a pas de profondeur, rien est justifié.
Le dernier quart d'heure est particulièrement violent et malsain. J'ai rarement été aussi mal à l'aise dans un spectacle.

Dans un si beau théâtre, à de tels tarifs, avec une si belle distribution... Consternant...
27 sept. 2017
5,5/10
44
Comme d'habitude Sébastien Thiery a la super idée de base, un traitement original mais une mise en mouvement laborieuse, un accomplissement gâché.

Comme dans TOUTES ses pièces il faut un zizi apparent. Donc on n'y coupe pas, on a droit au zizi d'Elmosnino. Pas sûr que ça apporte quoi que ce soit en dehors de choquer ou faire rire. On eut préféré rire pour d'autres raisons. C'est un peu facile.

Pour le reste comme pour les pièces précédentes, l'histoire s'enlise, se répète, est longue, radote, et surtout semble ne pas s'en sortir.
Dommage parce que l'idée de base est bonne, originale, drôle et décalée.
Les répliques font mouche. Tout s'enchaîne à certains moments avec fluidité et crédibilité et les choses se grippent à d'autres ou on se demande comment on va s'en sortir.

Les comédiens bien choisis dans leur rôle. C'est toujours un plaisir de retrouver Berléand, Buyle et surtout Elmosnino. Berléand en colère et paranoïaque, Buyle calme et apaisante et Elmosnino tout en flegme et décontraction.

Mais quel foutoir tout ça...que d'énergie gâchée qui aurait méritée d'être canalisée pour en sortir une pépite.
Point positif à noter : de très beaux décors.
27 sept. 2017
2/10
46
L'histoire est sympa ... surtout au début mais elle tombe vite dans le répétitif. Bien sûr c'est fait exprès mais on se lasse et c'est long.

On aurait pu être patient si il y avait eu un bon dénouement mais malheureusement la fin de la pièce est époustouflante d'absurdité.
Malheureusement ce n'est pas la fin qui est la plus absurde mais l'apparition du sexe de l'acteur !
Juste très choquant surtout quand on vient avec des enfants de 12 ans !!!
Choqué et en colère.
Pièce à éviter, voire à fuir.
27 sept. 2017
7,5/10
277
J'ai trouvé assez originale cette pièce très bien interprétée par les trois acteurs principaux.

En revanche, je ne suis pas sûre que l'interprétation de "Bénédicte" soit la bonne : je l'ai trouvé trop agressive et manquant de compassion.

Le texte est relativement simple mais on rit.
20 sept. 2017
3,5/10
20
Fatigant.

Le public s'oblige à rire devant Berléand sur son "Stannah" ou sur les attributs de Elmosnino (est-ce bien utile?)

Seul point positif le jeu d'Elmosnino qui colle parfaitement au personnage. On aurait pu friser du Chabrol, mais on en est loin.
20 sept. 2017
4/10
272
Sébastien Thiéry serait-il arrivé au bout de son univers ? Cet humour absurde qui fonctionnait si bien dans Momo tombait déjà complètement à plat dans Deux hommes tout nus.

Avec Ramsès II on se retrouve, après un point de départ intrigant, à ronronner pendant toute la durée de la pièce, avec des dialogues d'une grande platitude et une histoire qui n'avance pas, sans doute parce qu'elle tient dans sa résolution. Mais il faut tenir sans s'ennuyer jusque là, et c'est bien long...

Une pièce qu'aucun bouche à oreille ne viendrait sauver si elle ne bénéficiait pas d'une telle affiche dans un théâtre comme les Bouffes.