L'Opéra de Quat’sous

L'Opéra de Quat’sous
De Bertolt Brecht, Kurt Weill
Mis en scène par Robert Wilson
  • Théâtre des Champs-Élysées
  • 15, avenue Montaigne
  • 75008 Paris
  • Alma Marceau (l.9)
Itinéraire
Billets de 5,00 à 95,00
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Inspiré de L’Opéra des Gueux de John Gay (1728), l’ouvrage a été créé à l’été 1928 à Berlin. Fort de son succès à la scène, la pièce est portée à l’écran par le cinéaste allemand Pabst trois plus tard. Depuis, la popularité de L’Opéra de quat’sous ne s’est jamais démentie et la partition de Kurt Weill n’a cessé d’inspirer les plus grands noms du théâtre européen.

Depuis 2006, des liens forts unissent le Théâtre de la Ville et le Berliner Ensemble. L’Opéra de quat’sous mis en scène par Robert Wilson y a été joué en 2009 puis 2010. Ce fut un véritable choc théâtral où d’emblée on était impressionné par la couleur « berlinoise » de ce cabaret grinçant peuplé de personnages grimés à outrance à la façon de la peinture expressionniste allemande. Et pourtant, s’y dessinait aussi très clairement la « patte » de Bob Wilson, dans cette science de l’épure et des lumières dont il est un maître absolu. Un décor géométrique abstrait, des jeux de néons et un majestueux rideau rouge abolissent les frontières. Le plateau devient alors une véritable œuvre d’art d’une « inquiétante étrangeté ».

Chant, lumières, musique (assurée par une dizaine de musiciens dans la fosse) et sons divers (formidable travail sur les bruitages) dialoguent avec une véritable grâce et une incroyable limpidité dramatique. Un mélange onirique de cinéma muet, d’art expressionniste, de cirque, de music-hall et une musique où se côtoient jazz, chanson et opéra. L’ouvrage s’apparente à une satire de la bourgeoisie corrompue. Si elle trouve sa source originelle dans l’Angleterre victorienne, Bob Wilson transcende l’enjeu social par une peinture machiavélique et haute en couleurs. Le « Théâtre de la vie » est finalement le plus fort, semble-t-il nous dire. Un opéra diablement théâtral.

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La critique de Valérie (rédac' AuBalcon) : 9/10. Pour un public averti. L'Opéra de quat'sous est une comédie allemande en musique de Bertolt Brecht et Kurt Weill, créée en 1928 au Theater am Schiffbauerdamm de Berlin, puis en version française le 15 octobre 1939 au théâtre Montparnasse. Elle est inspirée de la pièce de John Gay, The Beggar's Opera (1728) (l'Opéra des gueux).

C'était la première fois que je voyais l'Opéra de quat'sous mais je connaissais bien certains morceaux dont la complainte de Mackie (Die Moritat von Mackie Messer), le Tangoballade ou l'Aria de Lucy.

Dès l'introduction, je suis tombée sous le charme de cette version très graphique. Il faut aimer les ombres et les halos de lumière bleutée qui habillent les chanteurs et aussi le jeu qui nous est proposé pour une comédie qui tire sans complexe sur le cabaret matiné d'un petit coté fête foraine (les roues lumineuses m'ont éblouie) et saupoudré de touches burlesques. Le décor contribue grandement à cet effet graphique avec des néons et des zones d'ombre d'où surgissent les comédiens puis disparaissent comme ils sont venus.

Je comprends que cette version divise car elle est très épurée et je pense que certains regretteront le manque d'humanité. Je ne la recommanderais pas pour un néophyte. Mais je connaissais bien l'histoire et j'ai été totalement conquise par la mise en scène de Robert Wilson qui permet de faire partiellement abstraction du surtitrage (barre de surtitrage très haute et plutôt petite au demeurant, c'est dommage). Les maquillages très blancs posés sur de sombres costumes sobres m'ont séduite aussi.

Toute la troupe du Berliner Ensemble est très bien mais mention spéciale pour Johanna Griebel qui incarne une Polly Peachum fabuleuse, pouvant passer de la naïveté à la colère en moins de 10 secondes avec une voix d'une puissance surprenante.

La première partie du spectacle dure 2h10 avant l'entracte mais c'est passé très vite, j'étais dans l'histoire à regarder le jeu des chanteurs, à apprécier les effets visuels et à bouger la tête en rythme sur les morceaux connus. La seconde ne dure que 40 minutes et passe beaucoup trop vite.

Ma scène préférée est celle du duo entre Macky et le Shériff lors du mariage avec une chorégraphie millimétrée.

Un moment que je recommande à tout amateur pour passer une soirée hors du temps.

Note rapide
6,3/10
pour 4 notes et 3 critiques
2 critiques
Note de 1 à 3
50%
0 critique
Note de 4 à 7
0%
1 critique
Note de 8 à 10
50%
Toutes les critiques
8,5/10
24 0
Cette « comédie en musique », entre opéra et cabaret musical, de Bertolt Brecht et Kurt Weill est créée en 1928. Elle traverse les générations comme un pur classique tant elle représente un genre particulier du théâtre musical avec une richesse stylistique impressionnante.

Nous y retrouvons les fondements de l’ambition de Brecht de faire du théâtre un lieu de conscience, faisant appel à l’esprit critique du spectateur. Les procédés dont il est devenu maitre comme la distanciation et la mise en abime y sont présents. Un vrai bonheur.

Le compositeur Kurt Weill y déploie toutes les facettes de son inspiration musicale, de l’opéra classique et néo-baroque au jazz premier en passant par les musiques de danses (dont le Charleston), sans oublier le « songstil » qu’il a initié. Sa musique s’inscrit dans les premiers pas des comédies musicales nord-américaines à venir. Un pur plaisir.

Nous ne pouvons que comprendre que l’Opéra de quat’sous demeure une des pièces de théâtre musical les plus jouées. Sa richesse intrinsèque et sa multitude de possibilités de mises en scène font légende et de nombreux artistes s’y intéressent régulièrement.

Le metteur en scène Bob Wilson a monté ce spectacle pour la première fois en 2007. La particularité de son travail, liée sans doute à sa formation de plasticien, est qu'il semble privilégier l’image jusqu’à la surexposer, la saturer ou la combiner, la faisant prévaloir aux autres aspects de jeux. Il nous attire vers l’histoire par ce que l'on voie avant ce que l'on entend ou pense. Nous plongeons d'abord ainsi dans les ambiances et les émotions d'ensemble des situations.

Nous retrouvons dans ce spectacle une forme appuyée d’expressionnisme propre à l’époque de la création, à l'identique des cabarets berlinois. Expressionnisme qui consacre la splendeur des lumières comme les envolées lyriques des textes versant le spectacle dans l'onirisme de l'imaginaire.

L’argument reprend des thèmes chers à Bertolt Brecht comme le pouvoir de l’argent, la puissance des contre-pouvoirs et de la rébellion. La distribution du Berliner Ensemble ne faillit pas à sa réputation. Elle éblouit à nouveau par sa précision et son intensité de jeux et de chants dont nous apprécions notamment la maîtrise dans les fameux Spechgesand (déclamé -chanté).

Tout est finement ciselé, tout est beau. Nous vivons l’histoire, nous laissant prendre par les effets visuels spectaculaires, les situations et les musiques délicieusement développées.

Du grand spectacle bien sûr. Du beau spectacle surtout.
27 oct. 2016
3,5/10
46 0
Ma critique n'est pas complètement objective car j'ai des difficultés à apprécier le théâtre et opéra de l'entre-deux guerres et cet opéra a malheureusement confirmé la règle... je ne suis jamais rentrée complètement dans "l'histoire" qui ne connaît pas beaucoup de rebondissements.

La mise en scène est inspirée : références au mime, burlesque... mais n'est pas aboutie, je n'ai pas réussi à rire alors que je pense que l'humour satirique était bien présent. Le texte étant difficile à saisir la mise en scène aurait pu faire le lien mais ce n'était pas le cas, dommage...
26 oct. 2016
1/10
39 0
"Débarrassée" de toute sensualité cette mise en scène n'a aucun intérêt. A fuir !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Musique
Talent des artistes
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor