• Avignon
  • Théâtre la Luna
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King Kong Théorie

King Kong Théorie
De Virginie Despentes
  • Théâtre la Luna
  • 1, rue Séverine
  • 84000 Avignon
Itinéraire
Billets à 19,00
Evénement plus programmé pour le moment
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Il ne s'agit pas d'opposer les petits avantages des femmes aux petits acquis des hommes, mais bien de tout foutre en l'air.

Un salon de beauté, cinq jeunes femmes qui font bouger les lignes, qui repensent les notions de la féminité et de la masculinité. 

Nous parlons ici de celles qui baiseraient avec n'importe qui voulant bien d'elles, de celles qui sont trop mal foutues pour pouvoir se saper comme des chaudasses mais qui en crèvent d'envie ; pour les hommes qui n'ont pas envie d'être protecteurs, ceux qui ne savent pas se battre, ceux qui chialent volontiers, ceux qui ont peur tout seul le soir.

 

Note rapide
5,8/10
pour 2 notes et 2 critiques
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Toutes les critiques
25 janv. 2016
3,5/10
114
Dix ans après sa parution, l’essai-bombe de Virginie Despentes n’a pas fini de faire parler et réfléchir. Cinq jeunes comédiennes s’emparent de ce texte révolutionnaire et tranchant sous la direction d’Emmanuelle Jacquemard. Première mise en scène volontaire certes mais très fragile.

Dans un décor d’institut ambiance Vénus Beauté, cinq nanas en peignoir jouent à la fille. Fil dentaire, magazines, cire chaude, yoga et selfie. Que font-elles dans ce salon ? Esthéticiennes ou clientes ? On n’en saura pas plus, la proposition est survolée et vite abandonnée, elle ne restera qu’une lointaine idée de la féminité, univers superficiel dont il faudra s’éloigner à tout prix. Toutefois il ne semble pas que ces comédiennes en sous-vêtements aient laissé pousser le poil pour l’occasion. Passons. Des fragments du discours de Despentes – pas toujours les plus pertinents – sont déclamés de manière vindicative, le regard hautain, le geste joignant bientôt la parole, à défaut de trouver la justesse de la parole seule.

Mais simuler l’orgasme face public et montrer des fesses et des ventres « normaux » en culottes sur scène ne peut et ne doit pas suffire au théâtre politique. La proposition vire au grotesque, avalant la densité et l’intelligence du discours dans une succession d’images maladroites : combats de crème hydratante sans fin, parties de jambes en l’air avec tondeuse à bikini en guise de vibro. La nécessité de meubler le vide devient pressante. Vite ! Vite ! Donnez leur quelque chose à faire, elles ne font que dire du texte.

Et c’est bien le problème, le jeu et l’investissement ne prennent pas l’ampleur des mots et de leur puissance. L’oeuvre de Virginie Despentes existe très bien par elle-même (en témoigne sa récente nomination au jury du Goncourt) et l’on doit se poser la question de la nécessité viscérale de la porter sur un plateau. Ici, pas d’explosion, pas de grande gueule, une revendication comme un pétard mouillé. Le besoin vital de « tout foutre en l’air » est nettoyé à la serpillière, contrainte technique oblige. On est encore loin de la liberté de corps et d’esprit intrinsèque de l’auteur. Ça manque de couilles.
12 janv. 2016
8/10
98
Les cinq comédiennes de la compagnie 411 Pierres nous accueillent en peignoirs dans un institut de beauté, c'est dans ce lieu dépouillé qu'elles vont reprendre, ensemble ou séparément, des extraits de l'essai "King Kong théorie" de Virginie Despentes. Le récit autobiographique de l'écrivaine/réalisatrice polémiste et ses positions "néo-féministes" sont abordés au travers du viol vécu adolescente, de la prostitution choisi et de la pornographie.

Personnellement, je n'ai pas forcément pas adhéré à tous les choix de mise en scène, mais rapidement la force du récit prend le dessus, émeut et les éléments de réflexions proposés par l'auteure sont hautement stimulants. On y aborde, avec un regard nouveau, les relations hommes femmes, le sexe évidement mais également le plaisir féminin. C'est cru, très fleuri dans les paroles et dans les actes. Malgré les risques pris sur cette adaptation, les actrices s'en sortent très bien. C'était ma première rencontre avec le texte de Virginie Despentes, j'en suis sorti plus qu'intéressé.

Malgré quelques défauts, j'ai beaucoup aimé.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Émotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor