Critiques pour l'événement Expo Machu Picchu et les trésors du Pérou
1 août 2022
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Voici un reportage photographique pour ceux qui n’ont pas eu la chance de visiter cette exposition. Elle nous transporte dans le joyau du berceau de la civilisation de l'hémisphère sud, la fabuleuse citadelle Inca de Machu Picchu édifié au XVe siècle.

Vous pouvez découvrir une impressionnante collection de trésors en or massif. Uniquement concurrencées par l'Égypte ancienne en termes de longévité et par l'Empire romain en termes d'ingénierie, les sociétés andines ont dominé une partie importante de l'Amérique du Sud pendant plus de trois siècles. Niché dans une forêt de nuages, le symbole des prouesses architecturales de ce grand empire est protégé par des montagnes sacrées et est invisible depuis la vallée. Des guerres et des épidémies obligent l'Empire à abandonner la ville sacrée avant la fin de sa construction. Ainsi oubliée durant des siècles cela a permis de conserver des pièces intactes à l’abris des pilleurs. Je vous propose de vous promener en image parmi une superbe sélection de pièces originales provenant de tombes royales, dont des objets spectaculaires ayant appartenu à de nobles seigneurs andins.

Vous serez éblouis par la beauté de ce sublime artisanat. Vous percevrez les mystères de la cosmologie andine en vous émerveillant devant la sophistication du travail des artistes andins. Un avant-gout des merveilles Péruviennes.
23 juin 2022
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Les civilisations précolombiennes ont dominé l’Amérique andine pendant 3000 ans jusqu’à l’arrivée du conquistador Pizarro et de ses troupes espagnoles au XVIème siècle.

Plus de 190 objets remarquables, symboliques et archéologiques, en provenance de tombes royales ou de nobles seigneurs andins (conservés au musée Larco de Lima) sont réunis pour la première fois à Paris à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine au Palais Chaillot. On peut y voir la plus grande collection d’or et d’argent jamais représentée en France, de nombreuses céramiques, vaisselle, textiles, parures guerrières et bijoux exceptionnels. Différentes cultures andines y sont présentées, notamment la culture Mochica, contemporaine de celle de Nasca, entre les premières cultures Chavin et Cuspinique et celles plus tardives Inca et Chimu, c’est-à-dire depuis le XIIIème siècle avant J.-C. et le XVIème siècle après JC. La muséographie de cette exposition, outre le fait d’être très pédagogique, est d’une excellente qualité grâce à la présentation subtile des mystères de la cosmologie andine (vidéos, jeux de lumière et de sons) et de son héros Aï Apaec, chef mochica, qui voyage à travers les 3 Mondes :
- le Monde Supérieur où Soleil, Dieux et Oiseaux cohabitent, - l’Ici et Maintenant où Humains et Félins s’y côtoient,
- le Monde Inférieur où vivent les Ancêtres qui aident à la germination des graines de la Pachamama, et où tombe la pluie représentée par les mouvements sinueux du Serpent. De beaux effets de lumière nous immergent au plus profond des transes qui, à l’aide de plantes psychotropes, permettaient aux chamans d’interagir entre la Communauté, les Dieux et les Ancêtres, c’est-à-dire entre les 3 Mondes. Les chamans ont cette capacité à canaliser les pouvoirs animaliers à leur profit. Ainsi une bouteille à anse étrier en céramique, nous propose la transformation chamanique d’un être humain en un être hybride surnaturel entre humain et animal. A chaque nouveau défi, Aï Apaec canalise les pouvoirs animaliers. Par exemple ceux des pinces du Crabe pour grimper sur les roches. En entrant dans la coquille de l’Escargot, il se couvre d’une armure invincible. Puis, après maints défis, vieux et affaibli, fécondé par la Pachamama, il donnera naissance à l’Arbre de Vie, qui regorgera de fleurs et de fruits. La vie continue et Aï Apaec lui-même sera transformé en maïs ou en piment…

Parmi les très beaux objets présentés : le premier de l’exposition, un étendard de plumes bleues pour représenter le Ciel et l’Eau, et de plumes jaunes pour le Soleil et le sable du Désert. Une multitude de cruches, céramiques, bouteilles à anse étrier, absolument époustouflantes et intactes y sont merveilleusement exposées. Des Narigueras, bijoux assez grands pour recouvrir la bouche, agrémentés de pendeloques mettent en valeur celui ou celle qui les porte, par ses scintillements et mouvements.

Enfin les Quipus, à la fin de l’exposition, nous montrent un système de cordes nouées pour compter ou conserver des données historiques ou administratives. Cette exposition que je conseille vivement, se termine par une vidéo sur grand écran du site de Macchu Picchu à 2440 m au-dessus des nuages, qui dévoile l’ingéniérie inca avec son architecture monumentale, ses terrasses agricoles et son art des canaux et fontaines.