Critiques pour l'événement Expo Giacometti
28 janv. 2019
8/10
3 0
Je m'y suis pris bien tard. La prolongation de l'expo termine cette semaine...
J'ai beaucoup aimé. Je ne suis pas un grand cultivé. Je ne connaissais de Giacometti que principalement pour ses êtres filiformes.
L'expo permet de découvrir (pour moi) l'évolution de l'artiste, découvrir certain de ses contemporains (Brancusi, Csaky, ...), découvrir d'autres oeuvres de l'artiste (notamment les scultures de visage/tête)....
Le musée n'est pas démesuré, aussi mon attention ne s'est pas perdue dans l'expo que j'ai parcouru en environ une heure.

Bref un expo :
- qui m'a permis de mieux connaitre un artiste
- qui m'a donné l'envie de découvrir une partie de ces autres artistes qui ont été "invité" à exposer
15 déc. 2018
8/10
3 0
J'ai eu un vrai coup de coeur pour cette exposition de sculptures de Giacometti que j'ai visitée dès la rentrée.
Ouvert depuis 1995 le musée Maillol présente la plus importante collection d’œuvres du sculpteur Aristide Maillol dont on peut voir des statues dans les tout proches jardins des Tuileries. Ce sont des femmes qui semblent généreuses et si je puis dire bien en chair.

Rien à voir apparemment vécu les silhouettes longilignes que Giacometti a faites à partir de 1947. Et pourtant si. Comme le démontre l’évolution du travail de ce sculpteur au fil d’une exposition chronologique.

Il est tout à fait d'actualité de la présenter maintenant car elle est prolongée jusqu'au 3 février et que donc le public pourra la visiter pendant les vacances de fin d'année, adultes comme enfants parce qu'elle est plutôt facile d'accès, et ouverte sept jours sur sept, ce qui est rare.

L'exposition a été conçue en collaboration avec la Fondation Giacometti, Paris. L'enjeu consistait à mettre en regard plus de cinquante sculptures de l'artiste suisse Alberto Giacometti avec près de vingt-cinq œuvres d’autres artistes majeurs tels que Rodin, Bourdelle, Maillol, Despiau, mais aussi Brancusi, Laurens, Lipchitz, Zadkine, Csaky ou encore Richier.

Le titre de l'exposition, entre tradition et avant-garde, se justifie par la relecture de l'œuvre du sculpteur en la confrontant avec les grands sculpteurs classiques et les modernes de son époque. Le parcours propose un éclairage nouveau sur la période méconnue d’avant-guerre : ses œuvres de jeunesse, encore empreintes de modernité classique (Despiau, Maillol) et sa rencontre avec les avant-gardes parisiennes après 1925 (Zadkine, Lipchitz, Csaky).

Alberto Giacometti est connu comme sculpteur mais il a aussi été peintre et créateur d’objets d’art décoratif. C’est néanmoins en tant que sculpteur que l’on a traité l’exposition en considérant l’originalité de sa position entre modernité et tradition. Lui même disait qu’il avait été successivement exotique, surréaliste, abstrait ...

Sa formation et son éducation le placent dans la tradition mais il va vite entrer dans l’avant-garde et même dans les rangs du cubisme et du surréalisme, tout en continuant à s’interroger en tant que sculpteur. Contrairement à d’autres comme Picasso il n’assemblera pas des objets trouvés mais des formes qu’il a lui-même créées. Ce qui ne l’empêchera pas d’apprécier Maillol en pleine période surréaliste (d'où la présence de cette Tête de femme, non daté, terre cuite d'Aristide Maillol, qui dialogue avec la Tête (grande tête de la mère) 1918-1925, plâtre d'Alberto Giacometti.

Giacometti est né en 1901 en Italie. Il est arrivé à 21 ans à Paris pour étudier la sculpture. Il a eu Bourdelle comme professeur. Il a connu Brancusi, Zadkine, qui sont des grands maîtres du XX siècle. Il a commencé par ce qu’on appelle des portraits sculptés, qui sont des têtes, en plâtre le plus souvent. L’intérêt de l’exposition est de juxtaposer des œuvres d’artistes que l’on pense différents et de révéler les influences. Sa tentation de l’abstraction est quant à elle éclairée par des comparaisons avec des œuvres de Brancusi et Laurens.

Dans mes compositions, il m'arrive souvent d'introduire des instruments de musique. Leur tonalité, leur bruissement m'attirent par des forces obscures. La musique est en effet un sujet qui est cher au sculpteur. La sculpture ci-dessus, à gauche (Ossip Zadkine, Accordéoniste, 1922-1926, bronze, musée Zadkine) est une de ses toutes premières oeuvres à avoir été fondue en bronze. Elle fait partie des créations de la courte période cubiste de l'artiste, dont il s'émancipera après 1926. L'instrument de musique, par ses arêtes verticales saillantes, donne un rythme graphique à l'ensemble. Le personnage est construit par différents emboitements géométriques.

Le sculpteur aimait la blancheur du plâtre, il aimait le peindre, et le travaillait comme de la pierre, intervenant à de nombreuses reprises avec un petit canif. Il s’attachait à rendre le caractère torturé des visages. C’était un artiste qui valorisait le doute et qui n’était pas rebuté par l’échec. On peut même considérer que c’était son carburant. Il disait : Je retourne à mon atelier émerveillé, pour faire mieux. C’est un expérimenteur, perpétuellement en recherche. Il est très cultivé, se rend très souvent au Louvre, se plonge dans des livres, étudie l’histoire de l’art.

Giacometti est un artiste qui répète beaucoup. Il regarde, copie, par exemple l’œuvre de Rodin. Pour préparer l’Homme qui marche, il reproduit en dessinant, pas en sculptant. On voit que Giacometti a beaucoup dessiné le Saint Jean baptiste d’Auguste Rodin (1880), immense sculpteur dont on voit quelques œuvres dans la station de métro Varenne, puisque le musée est à la sortie au 77 de la rue.

Chaque muscle de cette sculpture est bombé. Quel contraste avec, juste en face, cet "homme qui marche" de Giacometti, immense. On remarque que l’artiste leur donna à tous le même nom, y compris à la première de ce qu’on peut considérer comme une série, qui était ... une femme.
3 oct. 2018
10/10
24 0
Merveilleux voyage qui nous emmène des oeuvres de jeunesse aux innovations cubistes puis au style incomparable des années d'après guerre.
En dialogue avec les grands sculpteurs de son époque, entre tradition et avant garde ..."copier pour mieux voir".

Tout est sublime, la qualité des oeuvres, leur présentation et leur mise en lumière.
Tout au long du parcours, les sculptures de Rodin, Maillol, Bourdelle et bien d'autres font écho au travail de Giacometti.

"Mais l'aventure, la grande aventure, c'est de voir surgir quelque chose d'inconnu chaque jour, dans le même visage. Ça vaut tous les voyages du monde."

Un Must !