Expo Christian Louboutin, l'exhibitionniste

À l'affiche du :
26 février 2020 au 3 janvier 2021
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Le Palais de la Porte Dorée présente une magnifique exposition Christian Louboutin du 26 février au 26 juillet 2020.

L'artiste expose ses créations et ses inspirations dans une exposition exceptionnelle nommée Christain Louboutin : l'Exhibition[niste]. 

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12 juin 2020
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Christian Louboutin est un familier du Palais de la Porte Dorée qu'il connait depuis qu'il est petit. Il confiait le matin du vernissage que ce musée appartenait à son panorama autant que le Parc zoologique de Paris (qu'on désigne à tort sous le terme de zoo) puisqu'il est né et a habité dans le XII° arrondissement.

J’y allais en voisin quand j’avais six-sept-huit ans mais j’avais peur. Tu vas adorer l’intérieur me disait ma seconde sœur à cause des poissons puis j’ai découvert les étages.

Le visiteur comprendra très vite comment cet univers a orienté sa destinée. A commencer par sa vocation pour la confection de soulier, car il n'emploie jamais le terme de chaussure pour désigner cet objet.

Créateur iconique depuis qu'il a imaginé les premières semelles rouge en 1993, Christian Louboutin, dont le nom de famille est devenu un nom commun, n'est cependant connu que par quelques initiés et cette exposition devait placer un point d'orgue sur une belle histoire. Il avait eu les honneurs du Design Museum de Londres en 2012 et il est surprenant que l'exposition est la première qui lui soit consacrée en France.
Je vous souhaite de pouvoir accéder à l'exposition, qui sera probablement prolongée au-delà de la date initiale du 26 juillet annoncée pour le décrochage.

Olivier Gabet, qui est directeur du Musée des arts décoratifs et commissaire de l'exposition a travaillé sur le projet pendant deux ans. Il espérait que des visiteurs, attirés par le mythe entourant le créateur, découvriraient à cette occasion ce palais qui le mérite amplement. Néanmoins ce n'est pas la première fois que cet établissement accueille une exposition appartenant à l'univers de la mode. Je me souviens de la très intéressante Fashion Mix il y a cinq ans mais aussi de Vivre !! la formidable collection d'art contemporain de agnès b. présentée en octobre 2017.

Ne parlez pas de "rétrospective" à Christian Louboutin car il regarde encore droit devant lui. L'ensemble des salles témoigne de l'art de quelqu'un qui fait tout sérieusement mais qui ne se prend pas au sérieux. Le ton est donné dans l'escalier avec l'inscription ci-dessus et l'humour imprègne chacune des scènettes décrivant les étapes de la confection d'un objet où il intervient en miniature, de façon souvent loufoque. En bon artisan, et sans doute en hommage à son père ébéniste, il nous apprendra comment est fait un soulier de A à Z, à travers une centaine d'étapes et dans les règles de l'art.

Mais commençons par le commencement ... qui remonte aux visites qu'il faisait des collections lorsqu'il était saisi par un panneau interdisant le port de talons aiguilles, en raison de la fragilité des parquets (et je me souviens qu'à la maison il était obligatoire de se déchausser) qui par la suite inspira l’iconique soulier Pigalle et sera réinventé au fil des saisons.

C'est par un stage aux Folies Bergère qu'il démarre dans l'univers de la couture avant de se former chez Charles Jourdan, Roger Vivier puis d'ouvrir sa première boutique en 1991.

Il a voulu rendre hommage aux artisans avec lesquels il collabore. La Maison du Vitrail signe -sous la direction du maître verrier Emmanuelle Andrieux- la décoration d'une salle montrant ses premières années de travail et décorée d'une suite de huit vitraux dessinés spécialement par Christian Louboutin et où se déploient les premiers souliers qu'il a dessinés, et réalisés avec les moyens du bord.

Ces vitraux déclinent les huit éléments constitutifs du travail du créateur : la Parisienne, le Spectacle, la Couture, l'Art, le Voyage, l'Artisanat, la Sexualité et l'Innovation en mettant l'adoration du soulier en abîme.

Sans être une rétrospective ce sont tout de même 28 années de créations (en ne comptant que celles qu'il a développées sous son propre nom), et cela représente un multitude de réalisations, en l'occurrence 350 modèles qui sont ici donnés à voir dans des mises en scène les célébrant.
On notera que chacune a un nom ... comme un enfant

Fasciné dès l’adolescence par la beauté architecturale et la richesse ornementale du Palais de la Porte Dorée, qui nourrit très tôt son amour de l’art et des arts appliqués, Christian Louboutin y a puisé un répertoire de formes et de motifs pour ses premières créations dont le soulier Maquereau (ci-dessous) réalisé en 1987 en cuir métallisé et directement inspiré de l’iridescence des poissons de l’Aquarium Tropical.

Il a initié une multitude de nouveautés avant tout le monde, comme cette Sock Boot - Automne-hiver 2000 - en laine rouge et talon de cuir bleu marine. La chaussure chaussette sera complètement à la mode dix ans plus tard.

Nous poursuivons dans une rotonde transformée en véritable Salle des trésors qui exhibe les créations les plus emblématiques, choisies parmi plusieurs milliers de modèles.

On y remarque de multiples références, comme les turbans et plissés de Madame Grès, beaucoup de clins d'oeil à des oeuvres de grands peintres (Mondrian, Andy Warhol) ou a des arts premiers par exemple préhispaniques évoquant le Mexique, avec ces Mexibeads - printemps-été 2012 - Broderies de perles.


Parce que dans l'imaginaire populaire le soulier par excellence est en cristal un objet en cristal de synthèse (fait à Paris par le sculpteur Stéphane Gérard) trône sur un palanquin d'argent fabriqué par l'Orfebreria Villareal de Séville. Il est décoré de broderies réalisées en Inde dans les ateliers du couturier Sabyasachi Mukherjee de Calcutta d'après des dessins de Christian Louboutin. Cette exposition est le fruit d'un travail de jubilation, convoquant plein d’amis et d’artistes admirés par le créateur dans un monde de la mode souvent égocentrique.

Les Pigalle blanches, du 32 à 45, sont positionnées de manière à démontrer que l'ombre projetée est identique quelle que soit leur taille. Le modèle noir va de 34 à 42 et a été créé en automne-hiver 2004.

La série des Nudes méritait une salle entière. Ces souliers de couleur chair, déclinés en neuf couleurs, correspondant à autant de carnations, sont mis en scène par le duo d'artistes anglais Whitaker Malem avec des jeux de miroirs renvoyant l'image de sculptures de cuir hyper réalistes.

L'idée était venue en 2009 à Christian Louboutin d'une collaboratrice afro-américaine lui faisant remarquer que ce coloris qu'on appelle "chair" n'est en fait que du "beige". Si, à l'époque, il n'y voyait que le moyen d'allonger la jambe sans songer à la portée sociologique de cette action, les Nudes ont largement contribué à sa notoriété outre-atlantique.

Chaque étape de la réalisation du soulier est détaillée est illustrée avec humour dans un atelier virtuel qui se prolonge par une reconstitution d'un véritable espace de travail de Christian Louboutin.


D'autres créations sont réunies dans un décor de théâtre réalisé par des artistes bhoutanais à partir de bois sculpté et peint selon leurs techniques ancestrales.

Une scène accueille au coeur du dispositif deux hologrammes de personnalités fascinantes comme l'effeuilleuse Dite Von Tease et l'équilibriste Iya Traoré.

Tout autour des vitrines accueillent des créations ayant un rapport avec le cabaret, le musc hall et le monde du spectacle, comme Let me tell you - Printemps-été 2010 en cuir découpé et rebrodé ...

Et quelques-uns de la série Funfor Run - Printemps-été 2019 en Néoprène et clous ou le Jetsun Run - même saison - en satin et broderies. Plus loin on remarquera le premier soulier conçu pour un homme, le chanteur Mika.

Nous voici dans le Pop Corridor où sont réunis des portraits de célébrités et d'amis racontant chacun une histoire en lien avec un modèle. En effet on ne compte pas ceux et celles qui ont porté (et qui portent) des Louboutins. Et si le soulier est aussi un objet d’art il est également un vecteur de culture populaire : La mode n’est pas à prendre à la légère mais on peut faire sourire et offrir de la poésie, dit-il.

En août 2018, la chanteuse Aretha Franklin était exposée plusieurs jours au musée d'histoire afro-américaine de Détroit dans son cercueil doré, habillée d'une robe rouge et d'escarpins assortis métallisés, des fire-red Louboutins (rouge éclatant) de 5 pouces de haut, dans une position inhabituelle, puisque non seulement les pieds étaient visibles, mais croisés l'un sur l'autre.

S’il y a bien un détail qui a rendu célèbre Sarah Jessica Parker, ce sont ses chaussures qui sont toutes plus folles les unes que les autres, comme ces sandales en tissu rose. Alors que Mister Big s’apprête à quitter New York, elle veut mettre ses plus belles chaussures pour sa dernière soirée avec lui. Mission accomplie jusqu’à ce que Miranda, une de ses amies enceinte, perde les eaux dessus ! Les fans de la série Sex and the City se souviennent aussi des chaussures dépareillées portées par son personnage, Carrie Bradshaw.

La rencontre avec le réalisateur David Lynch a été déterminante. En 2007, ils réalisent Fetish, une exposition de souliers en exemplaires uniques, avec lesquelles on ne peut pas marcher. Les photographies qu'en a faites le réalisateur sont toutes présentées dans une salle noire.

La visite s'achève par une boucle présentant le "musée imaginaire" du créateur, proposant, sans explications superflues, et sans les mettre en résonance avec ses propres créations, quelques-unes des oeuvres et objets qui l'ont inspiré et son ancrage culturel. Sans intention de convaincre. Juste pour le plaisir.

J'y ai reconnu la longue robe de crêpe bleue Saint-Laurent de l'Automne-Hiver 1969, au buste en cuivre issu d'un moulage du sculpteur Claude Lalanne directement sur le corps du mannequin Ifke Sturm et qui figurait dans l'exposition consacrée au grand couturier au Petit Palais en 2010.
29 févr. 2020
7,5/10
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Christian Louboutin a fait de son nom de famille un nom commun connu à travers le monde et cela méritait bien une exposition.

C’est donc la première exposition française consacrée au créateur des souliers aux semelles rouges et nous sommes loin des lieux traditionnels consacrés à la mode : le Palais de la Porte Dorée accueille cet évènement. Simplement parce que Christian Louboutin a grandi dans le quartier de ce Palais et qu’il l’a fréquenté de nombreuses fois. La petite histoire prétend d’ailleurs que c’est un panneau d’interdiction de porter des talons aiguilles afin de préserver les mosaïques des sols du Palais qui aurait produit une forte impression sur le jeune Christian Louboutin.

L’exposition n’est pas une rétrospective classique. Il y a le savoir-faire d’une part, les références artistiques de Christian Louboutin et son sens aigu de la scénographie d’autre part, il est le directeur artistique de l’exposition et le résultat est très beau. Nous explorons au travers de 10 salles, les différentes facettes du travail et des passions du maitre et aussi des collaborations artistiques.

Première salle et premier coup de coeur : ‘Early years’. J’ai vraiment aimé cette salle consacrée aux premiers modèles qui sont dans une vitrine centrales et entourés de vitraux dessinés par Christian Louboutin et réalisés par la Maison du Vitrail. Huit vitraux qui déclinent les éléments constitutifs du travail du créateur.

La salle des Nudes (modèles couleur peau) est aussi très réussie. La salle Atelier dissèque une chaussure et nous découvrons comment elle est fabriquée, de nombreuses étapes concourent à la réalisation alliant des techniques traditionnelles et modernes.

La salle Fetish est réservée à un public ‘averti’ : travail commun du maitre avec David Lynch en tant que photographe, cette salle propose une série de clichés où les souliers racontent une histoire qui oscille entre fétichisme et érotisme…

La dernière salle est le Musée Imaginaire, hommage de Christian Louboutin à tous ceux qui l’ont influencé : l’éclectisme des influences règne en maitre. Chaque œuvre possède son cartel commenté par le maitre.
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