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Affiche pour Suzanne

Suzanne
(4.5/5)

Du 25 septembre 2026 au 20 décembre 2026

Une joute mère-fils bouleversante entre la peintre Suzanne Valadon et Maurice Utrillo.

Synopsis

Avril 1935. La peintre Suzanne Valadon est hospitalisée. Tout l'a quittée : son mari, son talent, et bientôt son fils, Maurice Utrillo.

Maurice veut épouser la meilleure amie de sa mère. Pour le retenir, Suzanne est prête à tout, même à briser ce mariage.

Entre la peinture et la maternité, Suzanne a toujours choisi la peinture.

Pourtant, c'est elle qui a voulu sauver son fils de l'alcool en lui apprenant à peindre. Question alcool, c'est un échec.
Par contre, en peinture, le fils a dépassé la mère en notoriété.....

L'avis de la rédaction

La petite fiancée de Montmartre.

Marie Clémentine Valadon, surnommée Suzanne par Toulouse Lautrec, est une artiste rare qui marqua son temps, une femme furieusement libre comme il y en avait très peu à cette époque.
Rebelle au regard intense et à l'éblouissante chevelure rousse, elle fit ses débuts comme modèle, puis elle apprit la peinture aux côtés de Renoir, dont elle fut l'élève, de Degas qui fut son protecteur et de bien d'autres.
Figure mythique de Montmartre, elle fut la 1ère femme peintre admise à la société nationale des Beaux Arts en1894.

Cette grande figure des arts, féministe avant l'heure, a défié les conventions de son époque, et révolutionné le nu, le montrant sans fard, vibrant de couleurs, dans toute sa vérité.

C'est ce personnage hors normes, que nous retrouvons sous les traits de Catherine Hiegel qui tourne comme un lion en cage dans une chambre d'hôpital sur la scène du théâtre Montparnasse.
Dès les premières minutes, la grande comédienne nous embarque, faisant résonner le caractère entier et la féroce détermination de l'artiste.

Suzanne est tombée dans la rue en courant après son fils, a fait un sérieux malaise, et le médecin des lieux - savoureux Marc Prin, un poil misogyne - ne veut pas la laisser sortir malgré ses demandes pressantes.

Son fils, c'est le célèbre Maurice Utrillo, dont sa mère s'est peu occupée dans son enfance, tant elle était obsédée par le désir de peindre et par les hommes.
Sérieusement alcoolique, l'artiste se débat avec son addiction, qui n'empêche pas son génie.

Dès son entrée dans la chambre d'hôpital, le ton est donné. La relation entre les deux est houleuse, les reproches fusent, et au cours de leur passionnante et intense dispute, c'est toute leur vie qui défile.

L'écriture de Corinne Samama - qui a publié un roman sur l'artiste - et Jean-Benoît Patricot est savoureuse et d'une grande justesse. Tout ce qui se dit et se crie dans cette chambre est rigoureusement vrai. Elle, sa lutte pour se hisser parmi les plus grands, son désir des hommes et de la vie. Lui, son malheur d'avoir été abandonné dont il ne s'est jamais remis.

Catherine Hiegel est comme toujours éblouissante, révélant tous les excès de l'artiste, vibrante d'intensité, insupportable mais tellement attachante.
Christophe Paou, qui a gommé les excès de jeu des premiers jours, est très convaincant dans le rôle de ce fils déchiré, mal dans sa peau, plein de reproches vis-à -vis d'une mère absente et volage qui lui a fait tant de mal.

Mise en scène par le britannique Dan Jemmett, une joute passionnante entre deux êtres qui ont marqué l'histoire de la peinture, qui dévoilent toute leur humanité, leurs failles et leur talent.

Un très beau moment !

Sylvie Tuffier

Théâtre Montparnasse

Grand théâtre du quartier Montparnasse, ce lieu historique propose une programmation de qualité, souvent composée de grandes pièces du répertoire contemporain avec des acteurs de renom. Il est associé au Petit Montparnasse, sa seconde salle.

31, rue de la Gaîté
75014 Paris

Photo pour Théâtre Montparnasse