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Affiche pour C'est si simple l'amour

C'est si simple l'amour
(4.5/5)

Du 21 mai 2026 au 1 juillet 2026

Un huis clos électrique, un regard noir sur le couple.

Synopsis

Soirée de première dans un théâtre.

Les rôles principaux de la pièce sont joués par Alma et Robert, couple à la scène comme à la ville.

La fête se prolonge dans leur salon, en compagnie d’Hedda, amie et comédienne dans la même troupe mais sur la touche depuis des années, et de son mari Jonas, psychologue.
L’alcool aidant, les langues se délient et les cœurs s’entrechoquent.

Chacun règle ses comptes et se retrouve à nu.

Solitude, désirs, frustrations, jalousie, violence, enfant ou absence d’enfant…

L'avis de la rédaction

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle.....

Alma et Robert, mari et femme dans la vie, viennent de jouer leur première au théâtre, et pour fêter cela, ils ont invité Hedda et Jonas chez eux.
Elle est actrice de second rang, lui psychologue.

Il y a dès le début de la soirée, une tension, une excitation, qui pousse les quatre compagnons à boire beaucoup.

Très vite, l'alcool coulant à flots, les masques tombent, les vérités explosent comme des bombes, la violence s'empare des personnages et la soirée dégénère. Chacun des protagonistes est enfermé dans sa détresse, incapable d'entendre l'autre.

Cette pièce dévastatrice de Lars Norén, qui fait partie de la série "Pièces de mort" est jouée pour la première fois en France, grâce à Charles Berling qui met en scène ce drame avec un grand talent.

Considéré comme le successeur de Bergman et de Strindberg, l'auteur suédois, diagnostiqué schizophrène à 20 ans, crache les non-dits avec précision, tel un tir de mitraillette, avec parfois un humour qui fait rire aux moments inattendus.

Sur la scène du théâtre de l'Atelier, dans un décor froid, où les bouteilles prennent une grande place, les quatre comédiens font magnifiquement résonner les mots du dramaturge.

Charles Berling, Bérengère Warluzel, Caroline Proust et Alain Fromager sont absolument éblouissants.

Maniant la dérision, l'humour, la colère, le désespoir et la jalousie avec une rare maîtrise.

Bérengère Warluzel est Alma, l'actrice qui vient de jouer sa première, qui crie son besoin immense d'être rassurée sur son talent. La comédienne est incroyable, femme à la fois libre et enfermée dans un infini besoin de reconnaissance.
Caroline Proust est superbe dans le rôle d'Hedda, mi femme mi enfant, qui fait rire malgré les cruelles vérités qu'elle révèle. Jupe trop courte, rimmel qui coule, elle jongle avec virtuosité entre le rire et le désespoir.
Alain Fromager, le mari d'Hedda, est un psychologue incapable d'apaiser les autres et surtout pas son épouse. Parfait de maîtrise de soi malgré le feu qui bout à l'intérieur.
Charles Berling est immense dans son rôle de mari fou de jalousie. Le comédien exprime toute la douleur du personnage et fait résonner très fort le désespoir qui l'habite.

A travers ces êtres à bout de souffle, Lars Norén hurle un immense besoin d'amour, comme un voyage au bout de la nuit, qu'aucun jour jamais ne vient éclairer.

Puissant et implacable.

Sylvie Tuffier

Théâtre de l'Atelier

Situé sur la place Charles Dullin à Montmartre, le Théâtre de l'Atelier est un lieu historique à l'italienne. Sa programmation exigeante mêle les grands textes du répertoire à des créations contemporaines, portées par de grands acteurs et metteurs en scène.

1, place Charles-Dullin
75018 Paris

Photo pour Théâtre de l'Atelier