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Credit photo : Ariane Catton
Affiche pour Au non du père

Au non du père
(4/5)

Coup de cœur Contemporain
Du 3 décembre 2025 au 27 février 2026

Une ode tendre à la résilience, ponctuée de patisseries à savourer ensemble.

Synopsis

Anissa cherche son père qu’elle n’a jamais connu. Alors qu’elle retrouve sa trace de manière totalement rocambolesque, Ahmed Madani l’enjoint à partir à sa recherche et l’accompagne dans cette improbable aventure au fin fond du New Hampshire.

De ce voyage naît un spectacle où s’entrelacent deux regards : celui d’Anissa, bouleversant, et celui d’Ahmed, complice.

Ensemble, ils interrogent la filiation, la liberté, le hasard des rencontres, la notion de destin et la place de l’art dans nos vies.

L'avis de la rédaction

Il existe des spectacles qui touchent juste par leur simplicité assumée et leur humanité lumineuse.

Celui-ci ouvre une brèche douce dans laquelle on glisse sans résistance. On se laisse guider par deux voix qui se répondent, se complètent et s’éclairent mutuellement.

Ce récit hybride, à la croisée de l’enquête intime et du théâtre documentaire, s’appuie sur une idée ingénieuse pour faire naître la parole dans une cuisine.

Anissa cuisine réellement sur scène, laissant les odeurs sucrées accompagner ses souvenirs, comme si la mémoire passait par les mains autant que par les mots. On observe, respire, écoute, tandis que les gestes de pâtisserie deviennent un rituel apaisant.

À ses côtés, Ahmed Madani intervient avec une bienveillance malicieuse, offrant un contrepoint calme, presque philosophique. Ensemble, ils tissent un récit qui interroge la filiation, le hasard, les silences familiaux et la nécessité d’inventer ses propres racines.

Le dispositif scénique, composé d’un plan de travail de cuisine, d’un écran projetant la recette et d’un petit bureau où Ahmed prend des notes, crée une dynamique surprenante et ludique.

On navigue entre humour, tendresse et curiosité, surpris par les détours et les révélations qui rythment l’histoire.

On rit, on s’émeut, on se reconnaît parfois dans cette quête qui semble personnelle mais qui résonne beaucoup plus largement.
La force du spectacle tient dans cette complicité sincère, dans cette manière d’accueillir l’intime sans lourdeur, en privilégiant la douceur et l’invention.

Une soirée chaleureuse qui laisse une empreinte délicate et pérenne.

Un spectacle qui rappelle avec finesse que les origines sont des chemins à construire à plusieurs voix.

Prisca C.