Le chef d'oeuvre de Racine mis en scène par Muriel Mayette - Holtz.
Synopsis
Phèdre est l’épouse de Thésée avec lequel elle a un enfant. Thésée est parti en voyage et tout le monde le croit mort. Phèdre se retrouve seule au palais face à son beau-fils Hippolyte pour lequel elle éprouve une attirance irrépressible. Œnone, sa proche nourrice passionnée, la pousse à céder à son désir, mais au retour inattendu de Thésée, elle accuse alors Hippolyte d’inceste... Son père furieux le maudira et il en mourra. C’est Théramène, notre conteur, qui nous conte la tragédie de cette histoire d’amour.
Phèdre est la danse d’un taureau qui va mourir. La lente agonie d’un plaisir destructeur, la souffrance d’un corps qui aime sans assouvissement possible.
L'avis de la rédaction
Oh mon Dieu que la langue de Racine est belle,
Et que ceux qui la chantent regorgent de talent !
Ce sublime drame antique, toujours intemporel,
Pour nous faire vibrer a traversé le temps....
Sur la très belle scène de la Scala, toute de rouge vêtue, une exaltante version de Phèdre qui donne envie d'écrire des alexandrins ....
Muriel Mayette Holtz a gardé l'essentiel et signe une mise en scène fiévreuse et passionnée, nous faisant entendre l'infinie beauté de cette langue.
Sous nos yeux et nos oreilles éblouis, se racontent les désirs et les souffrances de chacun des personnages, touchants dans leurs excès, et que rien ne peut apaiser.
C'est Théramène, le conteur - formidable Jacky Ido - qui ouvre la porte de ce drame antique et passionnel, s'adressant au public en alexandrins d'aujourd'hui.
En ce qui me concerne, Eve Perreur est la révélation de la soirée. Éblouissante et incandescente Phèdre, virtuose qui chante les vers de Racine et nous en offre toute la splendeur.
Magnifique aussi bien dans sa robe rouge que dans sa chemise blanche qui dévoile sa vulnérabilité, debout et pleine de rage ou prostrée sur le sol, vaincue par l'impossible amour qu'elle porte à Hippolyte.
Formée à bonne école puisqu'elle a étudié avec Muriel Mayette Holtz qui, ce soir-là portait la robe d'Eunone, la dame de compagnie de Phèdre.
Autre rôle emblématique de la pièce, personnage ambigu que la metteure en scène fait rayonner, extravagante et machiavélique, mais aussi pleine d'amour pour sa maîtresse.
Face à ces deux femmes magnifiques, deux hommes, l'un follement aimé, l'autre furieusement craint et détesté.
Augustin Bouchacourt, Hippolyte, l'objet de toutes les convoitises.
Charles Berling, Thésée, le dangereux et dépravé roi d'Athènes.
Le rouge est partout, qui habille les murs, le sol, les meubles, et l'héroïne de cette tragédie.
Couleur puissante pour se mettre au diapason de ces sentiments ardents et exaltés.
Certains tableaux, fascinants et subtilement éclairés, évoquent les toiles du Caravage.
Une reine divine et maudite dont le combat intérieur nous fait chavirer !
Sylvie Tuffier