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Affiche pour Les filles aux mains jaunes

Les filles aux mains jaunes
(5/5)

Coup de cœur Théâtre Libre · Contemporain
Du 2 septembre 2026 au 27 septembre 2026

En pleine première guerre mondiale, quatre destins de femmes d'horizons différents qui s'épuisent à fabriquer des obus pendant que les hommes sont au front…..

Synopsis

Jeanne la revancharde, Julie qui rêve d'amour, Rose qui découvre "les suffragettes" grâce à Louise, écrivaine militante.
Ces quatre femmes qui nous livrent leurs peurs, leurs joies, leurs espoirs, leur courage et la solidarité de celles qu'on appelait "Les filles aux mains jaunes".

Ce travail harassant dans le bruit, la poussière et la chaleur est sans doute pour elles le début de l'émancipation…

L'avis de la rédaction

À la Scène Libre, à Paris il fait bon descendre les marches pour se laisser surprendre par une pièce historique qui a eu le vent en poupe à Avignon.

Quatre. Elles sont quatre femmes, quatre voix, quatre individualités à raconter la guerre depuis l’arrière.
L’attente, la peur pour ceux qu’on aime (les maris, les frères..), l’inquiétude face à l’évolution du conflit, la haine des Allemands qui envahissent, la stupidité de cette guerre dont elles ne comprennent pas toujours pourquoi on la fait, et puis la vie quotidienne.
Les enfants, la routine, le travail, la cadence. La répétition. Les rêves aussi quand elles en ont. Et surtout le peu de temps pour les contempler.

Au milieu du bruit des machines d’usine, ces femmes aident à l’effort de guerre en fabriquant les obus. Elles parlent, travaillent surtout, commentent, se chamaillent, mais toutes finalement semblent regarder dans la même direction. Celle de la fin de cette fichue guerre qui a tout changé.

Il y a celle qui est là, parce que c’est comme ça, qu’elle a deux enfants, qu’il faut les nourrir et puis que finalement ça aide celui qui est là-bas. Au front.
Il y a celle qui est mère, qui est femme, et qui est plus âgée, qui ne comprend peut-être pas tout mais qui a la volonté de faire, d’avancer, de tenir parce que tenir c’est garantir la vie de ceux du front. Elle le croit.
Il y a celle qui a son homme dans un régiment lointain, qui le perd, qui croit quand même en l’amour. La guerre ne prendra pas tout. Pas mon âme. Pas mon amour. Pas ma joie. C’est ça sa liberté.
Et puis il y a celle qui n’aurait pas dû être là. Celle qui écrit, qui observe, qui sent qu’il faut témoigner. Celle qui a pris sa plume comme on prend un fusil, et qui pousse à la révolte, parce qu’une femme ne doit pas vivre juste par et pour les hommes.

Elle essaie de comprendre, de nous raconter, et puis de faire bouger les choses pour que les conditions de travail soient meilleures. Elle revendique avec sa plume, sans rien dire aux autres. Elle fait bouger les lignes, et ouvre les pensées de ces camarades.

Sur scène, elles sont quatre.
Love Bowman, Nolwen Cosmao, Alicia Rousseau et Lucile Roux-Baucher sont extraordinaires de justesse, de rythme, d’émotions.
Une intelligence du jeu, du plateau qui permet de nous transporter au coeur d’une époque dont peu d’entre nous ont eu des échos directs. Elles nous embarquent, avec force, et puis on se laisse glisser sur le fil de leurs belles interprétations.

Chapeau!

La mise en scène joue avec les lumières, le mouvement, un plateau semi nu et pourtant on voit tout. C’est un habillage lumineux et gestuel qui enveloppe le spectacle, et c’est une réussite.

Le texte de Michel Bellier est d’une puissance poétique rare. C’est bon. Très bon.

Et la beauté dans tout ça c’est qu’en plus de nous apprendre des choses, de nous embarquer dans des destins touchants, et de nous prendre par l’âme, cette pièce donne envie de crier plus fort, de vibrer, d’être ce que l’on est, d’en être fière, et surtout elle donne envie de se tenir debout.

À voir…d’urgence!

Jennifer Guillet

Théâtre Libre

Anciennement Le Comedia, le Théâtre Libre est une salle historique des Grands Boulevards. Repris par Jean-Marc Dumontet, il propose des spectacles ambitieux et populaires, allant de la pièce de théâtre événement à la comédie musicale.

4, boulevard de Strasbourg
75010 Paris

Photo pour Théâtre Libre