Le secret des ombres
Un spectacle aux allures de thriller sur fond de Résistance.
Synopsis
Dans les années 80, Christian découvre une photo de son père, récemment décédé, prise devant le Musée de l’Homme, entouré de grandes figures de la Résistance. Les noms sont inscrits au dos de la photo. En fait, il ne sait rien de la vie de son père dans les années qui ont précédé sa venue au monde il y a 40 ans. Pourquoi n’en a-t-il jamais parlé ?
Intrigué par cette photo, et avec l’aide de sa femme, il part à la recherche d’indices, remonte le temps, cherche à exhumer des secrets enfouis. Dès lors, commence une enquête passionnante, rythmée par les va-et-vient entre le passé et le présent.
Le Secret des Ombres raconte l’histoire d’un des tout premiers réseaux de résistance contre le nazisme, et tout particulièrement celle du Réseau du Musée de l’Homme.
Mais aussi, les ombres qui planent sur une histoire familiale…
L'avis de la rédaction
Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent !
Décidément, en ces temps troublés, la seconde guerre mondiale est plus que jamais à l'honneur.
Et tout particulièrement la Résistance.
Au théâtre Juliette Récamier se joue un superbe hommage à celles et ceux qui par leur courage et leur abnégation ont contribué à sauver notre pays, démontrant que ce sont les destins individuels qui façonnent le collectif.
A la mort de son père, Christian découvre une photo datée de 1940 sur laquelle ce dernier est entouré de grandes figures de la résistance.
Un passé dont il ne lui a jamais parlé !
Grégory Bellanger nous raconte son enquête haletante, inspirée de sa propre famille.
Au côté de figures célèbres, telles Jean Moulin, Germaine Tillion ou Boris Vildé, se tissent des destins d'hommes et de femmes qui ont lutté pour la liberté.
Des années 40 aux années 80, au fil des découvertes, le présent et le passé se répondent, la lumière se fait, les secrets se révèlent.
La mise en scène de Léa Marie-St Germain et Adrienne Ollé est formidable et surprenante.
Sans transition, mais avec fluidité, précision et une belle maîtrise, elle nous fait naviguer d'une époque à l'autre.
Époques qui cohabitent, parfois même simultanément, et c'est là que son ingéniosité est la plus éclatante !
La scénographie de Pauline Phan, très créative, dans laquelle les cartons sont les seuls décors et accessoires au plateau, permet de toujours savoir où l'on se situe.
Symbolisant des boîtes à archives, ils se déplacent à l'envi, se transforment en meubles, en véhicule, en boîte à secrets, en prison......Il en jaillit des téléphones, des lampes, des photos, des papiers qui révèlent de petits morceaux de vérité.
Les cinq comédiens, dont l'auteur et les deux metteuses en scène, entourés de Bastien Spiteri et Steven Dagrou, changent de peau et d'époque à un rythme effréné avec une magnifique sincérité.
Ils nous accrochent dès la première minute pour ne plus nous lâcher jusqu'au dénouement.
Steven Dagrou, malicieux, apporte une note d'humour bienvenue, Grégory Bellanger et Bastien Spiteri beaucoup de densité et de gravité, Léa Marie St Germain et Adrienne Ollé sont totalement convaincantes dans tous leurs rôles.
Loin d'être un récit de plus sur l'occupation, c'est un de nos gros coups de cœur de la rentrée, qui met en lumière cette période bien sombre de notre passé.
Sylvie Tuffier