Le Schpountz
Il se voyait déjà en haut de l'affiche !
Synopsis
Irénée est un modeste garçon épicier travaillant dans la boutique de son oncle, dans les environs de Marseille.
Il est persuadé qu’il a un don de naissance et rêve de devenir une vedette de cinéma.
Une équipe de cinéastes parisiens passant par là pour des repérages, amusée par les prétentions de ce “Schpountz”, lui signent un faux contrat de comédien.
Gonflé de tout son orgueil et sourd aux avertissements de ses proches, Irénée papier en poche, monte à Paris et se présente aux studios.
Une comédie familiale devenue culte, qui rend un hommage vibrant au rire et apportera au public le sourire et les larmes dont il a besoin pour vivre. Ils pensaient faire une blague à un fou, ils sont tombés sur un Schpountz pas comme les autres.
L'avis de la rédaction
Dès son entrée, le public est immergé dans un décor de Provence : les cigales, les nappes à carreaux, le jaune au mur.
Bientôt les comédiens prennent l’accent chantant, déroutant au début mais on s'y fait très vite.
C'est tout l'univers de Pagnol réuni sur scène !
Irénée, jeune épicier persuadé d'avoir un don pour le cinéma, vit avec son frère et son oncle dans les environs de Marseille. Une équipe de cinéastes de passage, amusée par son aplomb, lui fait signer par plaisanterie un faux contrat de comédien, ravie de se jouer d'un nouveau Schpountz.
Ce terme en argot désigne un naïf un peu "fada", quelqu'un de simple d'esprit mais ayant une haute estime de lui-même.
Irénée monte alors à Paris, sourd aux mises en garde de son entourage, convaincu que la gloire l'attend aux studios.
Les comédiens sont d’un très bon niveau et jouent avec sincérité !
La performance d'Arthur Cachia dans le rôle du Schpountz mérite d'être saluée. L’enjeu était de taille. Marcel Pagnol avait porté à l’écran cette histoire avec Fernandel dans le rôle-titre en 1938, une référence dont il aurait pu être ardu de s'extraire tant l’empreinte est forte dans notre patrimoine culturel.
La mise en scène, signée par ce même Arthur Cachia et par Delphine Depardieu, est fluide et rythmée.
Le texte est vif, la langue affûtée.
Les expressions imagées nous régalent : "tu n'es pas bon à rien, tu es mauvais à tout" ou encore "je te savais marteau mais pas à ce point".
On en sort le sourire aux lèvres, heureux d’avoir pris un bain de soleil, ragaillardi par cette farce cruelle qui tourne à l’avantage de notre protégé, auquel on s’est attaché.
Marcel Pagnol serait fier !
Anastasia Bizard